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 Bloody Valentine {FB | PV Hope ♪

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Mihael A. BezariusDark Lunacy
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▌ INSCRIT(E) LE: 12/03/2011
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MessagePosté Mer 8 Fév - 15:29

Le bruit de ses pas, un peu nerveux, sur le sol froid et nu. Il observe du coin de l’œil la porte fermée, se demande s’il doit y entrer ou pas. Ses doigts se posent sur ses paupières fatiguées et il retient une grimace. L’odeur de l’hôpital lui donne toujours la nausée. Il sent la mort planer, les médicaments, tous les efforts pour sauver quelques misérables vies. Un peu hébété, il se demande comment il a pu atterrir ici.

Tout avait pourtant si bien commencé.

▬ ♣ ▬ ♣ ▬ ♣ ▬


C’était un endroit un peu éloigné de la ville, une piètre tentative d’échappatoire. Il la regardait en coin, songeur, en face de la table. On était le 14 février et il était peut-être temps de réparer les choses, d’avancer. La tension palpable dans l’air le mettait un peu mal à l’aise. Mais c’était ainsi, depuis quelques temps. Déchirement, affection, et un petit quelque chose en plus, comme un regret, comme une fuite. Il se connaissait, sur le bout des doigts, il savait ses faiblesses, ces parcelles d’humanité qui le blessaient. Qui blessaient les autres. Le moment était peut-être venu de se retirer mais il ne voulait pas.
Parce que c’était une présence, à ses côtés. Familière. Rassurante.

Son regard changeait, un peu, une lueur plus tendre y passait alors que ses yeux s’ancraient sur ceux de Hope. Il avait envie d’éloigner ses soucis, leurs soucis, rien que pour ce soir, oublier un peu tout ce qui faisait qu’ils en étaient arrivés là. Il avait envie de profiter de ces courts moments, d’être un égoïste, une fois de plus, comme il savait si bien le faire.

Il allait ouvrir la bouche, pour la complimenter, quand un serveur maladroit trébucha sur la chaise de la jeune femme. Le regard fixe, il ne tendit pas suffisamment vite la main pour la rattraper et il assista à sa chute en arrière, un « Attention ! » s’étranglant dans sa gorge.
« Ah pardon pardon ! Je ne voulais pas ! Je suis tellement désolé ! S’il vous plait, veuillez m’excuser je… »
Il regardait le serveur se confondre en excuse, en jetant des coups d’œil inquiets derrière lui. En voilà un qui avait peur de se faire renvoyer… Un peu ennuyé, Mihael regardait la scène, certain maintenant qu’il n’y avait pas besoin de son aide, puisque celui qui l’avait si aimablement renversée aidait Hope à se relever. Peut-être aurait-il dû un peu mieux regarder autour de lui, en fait.

Réaction en chaine. Dominos. Serveur numéro 1 aide Hope à se relever. Serveur numéro 2 arrive avec un grand plateau, sans regarder autour de lui. Collision imminente. 3…2…1… Impact. Le plateau vole gracieusement dans les airs, éparpille autour de lui son contenu (à savoir, une dame un peu plus loin recouverte de soupe, un petit garçon qui évite de justesse une cuillère, une adolescente revêche avec un steak saignant sur la tête et….). Pétrifié, Mihael regarde le grand couteau de cuisine, sans doute réquisitionné pour être rapporté au cuisiner (Sérieusement, qu’est-ce qu’ils foutaient dans ce restaurant ? On ne pouvait pas s’attendre mieux dans la cité extérieure, c’est vrai… Mais quelle idée de l’avoir trainée ici !), s’échouer à la verticale sur l’épaule penchée de la jeune femme.

Quelques cris. Il crut même apercevoir un peu de sang et se releva d’un bond. Cette Saint Valentin s’annonçait sanglante…

▬ ♣ ▬ ♣ ▬ ♣ ▬


Alors voilà…

« Monsieur ? Vous pouvez aller la voir, la blessure est superficielle et elle va parfaitement bien. Elle peut sortir quand elle le souhaite. »

Une infirmière revêche pour compléter le tableau. Il voit clairement un reproche dans ses yeux, parce que oui, peut-être auraient-ils mieux fait de la laisser se vider de son sang. Évidement, elle doit avoir plus important à faire, elle. C’est avec son sourire le plus hypocrite qu’il lui répond.

« Merci pour votre gentillesse ! »
Et il entre dans la chambre, silencieux, un peu inquiet. Elle n’a pas de clé à molette planquée sous ses vêtements, au moins ?
Une inspiration. Il essaie de paraître nonchalant, comme d’habitude, d’oublier que leur journée est gâchée, qu’ils sont à l’hôpital, qu’elle doit avoir bien mal et qu’ils en sont à un stade où ils peuvent chuter à tout moment. Des équilibristes qui se raccrochent à ce qui passe à portée.
« Ça ne te fait pas trop mal ? Tu veux que je te ramène chez moi ? »

Toi… Chez TOI pas chez moi… Lapsus ou comment directement mettre les pieds dans le plat. Il n’a pas envie que la soirée se finisse comme ça, il veut encore rester avec elle. Foutu inconscient qui s’amuse à sa place. Mais la situation est déjà explosive entre eux. Ah misère.

Ça ne fait que commencer.
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MessagePosté Ven 10 Fév - 19:14

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Tous ceux qui paraissent inutile, rayer à l’encre indélébile

Bonheur
Vous savez, il y a des jours qui sont plus heureux que d’autre. Des jours ou les gens sont gentils les uns envers les autres, ou ils décident que la vie vaut le coup, ou ils savent que tout de qui pourra arriver ne les rendra que plus fort.

La saint-valentin. Voile opaque posé sur les regards des milliers de couples présent sur terre. Voile créé par la société de consommation qui les entoure. Ils ne s’en rendent pas compte mais ils sont esclave de ces fêtes qui, au départ, n’était qu’une occasion de prouver à quelqu’un qu’on l’aime mais qui est devenu le jour où tu dois obligatoirement faire un cadeau à quelqu’un. Les filles cherchent un copain dans les semaines suivant noël pour avoir la chance et l’immense honneur d’être invitée au restaurant et se voir offrir un cadeau déroutant pour cet événement qui fait vomir les célibataires.

Ce jour-là, Hope était un peu plus heureuse que les autres jours. Ca faisait déjà des mois et des mois qu’elle tentait d’oublier Erik dans les bras d’un grand blond. Si elle aimait Mihael ? Oui, sans aucun doute. Mais l’aimait-elle plus qu’Erik ? Là était la grande question qui se chamboulait dans sa tête. Et qui chamboulait également leur couple. Oui, Hope ne réussissait pas toujours à faire abstraction d’Erik quand elle était avec le blond. Ce qui avait largement le don d’agacer le jeune homme et, dorénavant, la plus part de leurs rencontres se ponctuait d’une violente dispute, d’un claquement de porte et d’une réconciliation au lit le lendemain. Les jours qui suivaient étaient plus calme, elle faisait attention. Après tout, elle n’aimait pas tant que ça se disputer avec lui. Mais elle n’arrivait pas à éviter les disputes. Pourtant, aujourd’hui, elle s’était promis de les éviter. Elle ferait attention à tout. Elle voulait qu’il soit content d’être avec elle et pas qu’il parte en claquant la porte comme à chaque fois.

Il l’avait invité au restaurant alors elle s’était faite belle. Une petite robe bustier rouge foncé, deux couettes nouée par un ruban de satin noir et une paire de chaussure à talon noirs de cinq ou six centimètres. Elle avait mis une touche de parfum et un peu de maquillage. Pas trop, de quoi rester naturelle : un trait de crayon noir et un peu de rouge à lèvres. Il était venu la chercher et l’avait conduite jusqu’à la salle. Tout s’était bien passer, ils avaient passé un bon moment. Jusqu’à ce que l’impossible se produisit.

Quelle probabilité y-a-t-il que deux serveur soient maladroit dans le même restaurant ? Quelle probabilité y avait-il ce jour-là pour qu’elle soit dans ce restaurant. Elle entendit à peine la voix de son amant qu’elle se retrouvait par terre, le plateau du serveur renverser sur elle. Plus de peur que de mal. Le plateau n’était rempli que de panière de pain. Elle prit la main qu’il lui présentait et se redressa en lui adressant un petit sourire désolé. Elle espérait qu’il ne soit pas viré, il y avait eu plus de peur que de mal. Sauf que. Sauf que… à peine la jeune femme allait elle se redresser de tout son long pour épousseter sa robe, un autre serveur arriva. Il ne regardait pas devant lui. Elle entendit des cris et aperçu le visage effrayer de son compagnon juste avant de ressentir une immense douleur dans l’épaule. Une douleur lancinante, de celles qui vous fait monter les larmes aux yeux et les cris dans la gorge. Elle laissa sortir ses cris et s’écroula au sol.

La douleur la fit s’évanouir et elle ne se souvenait pas de grand-chose. Peut-être Mihael avait il accouru auprès d’elle pour voir comment elle allait, peut être que le second serveur avait appelé une ambulance, peut être que le premier serveur était resté pétrifier sans pouvoir bouger.

Elle ne savait pas, elle ne voyait plus. Pourquoi ne pouvait-elle pas passer une saint valentin comme tout le monde…
•••

Lumière aveuglante, odeur d’antiseptique, draps qui piquent. Oui, aucuns doutes. Hope était bien aux urgences. Elle ouvrit doucement les yeux pour tenter de voir quelque chose mais rien n’y fit. Elle avait mal à la tête… Pourtant elle n’avait pas pris de coup dessus. Ou pas à sa connaissance. Elle s’était peut être cognée en tombant la seconde fois. Sa blessure était plutôt profonde mais rien de dramatique, sa vie n’était pas en danger. Elle ne pourrait simplement plus bricoler pendant un moment.

« Miha… » murmura-t-elle en reprenant complétement conscience.

Elle sentait qu’il était là quelque part. Elle sentait son parfum et sa présence. Elle se redressa doucement dans le lit et passa une main dans ses cheveux. Par chance, sa main valide restait la droite, elle pouvait donc faire plusieurs choses toute seule. Elle soupira et grimaça de douleur avant de lever les yeux vers le jeune homme. Il entrait seulement dans la chambre. Comme quoi, l’intuition peut être trompeuse. Il s’approcha d’elle et lui demanda si elle avait mal. Elle grimaça pour lui signifier que oui avant de lui sourire d’une manière qui se voulait tendre. La fin de sa phrase la laissa un peu pantoise. Chez lui… Elle sourit doucement. Elle n’avait pas envie de rentrer chez elle non plus. Elle aurait voulu rester avec lui plus longtemps. C’était bête mais elle ne lui avait pas donné son cadeau. Cliché. Mais voilà, elle avait jusqu’à minuit pour profiter de cette journée qui devait être si belle.

« Et bien… Si ça ne te dérange pas d’accueillir une estropier dans ton humble demeure, je te suis avec plaisir. » souffla-t-elle en se levant.

Elle s’approcha doucement de lui et vint embrasser sa joue avec tendresse en lui adressant un clin d’œil.

« Et si jamais j’ai mal, tu n’auras qu’à porter la casquette d’infirmier personnel… » murmura-t-elle au creux de son oreille en riant doucement.


J'écris en #5e4f64, ca t'emmerde bien hein ?!
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Mihael A. BezariusDark Lunacy
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MessagePosté Sam 11 Fév - 23:14

Il étouffe un léger rire et attrape la main de la jeune femme pour l’entrainer à l’extérieur. Il aurait voulu passer un bras autour de ses épaules mais se retient, conscient qu’elle reste fragile, que son épaule doit l’élancer. Il est soulagé, en quelque sorte. Ces derniers temps, savoir comment se dérouleront leurs relations est devenu impossible à prévoir. C’est comme plonger dans un précipice. Un grand saut dans le vide et l’inconnu, en bas. Parfois, il a peur qu’il n’y ait rien pour les rattraper. Parfois, il a peur qu’ils s’écrasent, lamentablement, s’échouent sur le sol, pantins désarticulés. Emprisonnés dans l’étreinte ferme et étouffante des démons de leur passé.

Parce qu’il est là, le nœud du problème. Dans ceux qu’ils n’arrivent pas à oublier, dans ces ombres qui les hantent. Dans cet avenir incertain, cette peur de mal faire, d’entrainer l’autre dans un chemin qu’il ne voudrait pas suivre. Il la regarde et il n’arrive pas à chasser ce sentiment. Celui qu’ils se leurrent, irrémédiablement. Que leur relation n’est qu‘un ensemble d’illusions, de mensonges, un temps mort avant qu’ils ne s’éloignent.
Sa gorge s’assèche. Il ne veut pas. Il a envie de se montrer égoïste, de rester à ses côtés, de profiter, encore un peu peut-être, de sa présence. Pas de fausse pudeur. Mais des disputes, à s’en briser la voix, à s’en casser les nerfs. Une ritournelle, plus violente que jamais, parce que tout arrive plus souvent, parce que tout s’étiole et se déchire. Ils ne contrôlent plus rien, ils se laissent happer par leur rancœur.

Et quelque part, il est le plus hypocrite des deux. Il lui reproche tant de choses alors qu’il fait exactement pareil, de son côté. Ça le ronge, un peu, beaucoup, énormément mais il ne veut pas lâcher prise. Trop de sacrifices. Trop de regrets. Trop d’amertume, encore et trop d’amour-propre pour s’avouer qu’une personne puisse lui manquer, jusqu’à lui en faire mal. Et puis, il y a cette cause.

Il retient un sourire amer. Elle plane, elle vole autour de lui. Rébellion. Il s’y est engagé. Il s’est ajouté des chaines supplémentaires. Et il se demande si elles l’éloigneront définitivement de Hope, une fois qu’ils seront tous les deux trop las de lutter.
« Ne t’en fais pas, je saurai prendre soin de toi. »
Il laisse place à un peu de légèreté, tient fermement son bras valide pour se déplacer vers l’entrée de l’hôpital et enfin mettre fin à cet enchainement des plus désagréables. Oui, mais voilà.

Aujourd’hui, tout semble aller contre eux.
« Excusez-moi ? »
Il hésite à se retourner, étrangement inquiet, parce qu’un mauvais pressentiment lui comprime la poitrine. Il est bien obligé de le faire, pourtant et se tourne avec son sourire le plus charmant vers la jeune infirmière, un sourcil haussé.
« Vous ne pouvez pas partir comme ça, il me faut votre autorisation. »

Silence. Il regarde l’employée, elle le regarde. Bref, ils s’affrontent du regard et c’est dans un murmure qu’il lui dit qu’on ne leur a rien donné de tel mais qu’une infirmière leur a clairement dit que la jeune femme pouvait sortir. Mais l’employée n’en démord pas, plein d’un zèle qui serait admirable dans d’autres circonstances. Alors que des blessés plus graves sont sans doute à soigner, elle s’inquiète de la sortie d’une personne qui semble toute prête à se remettre de sa blessure. Il pense avec amertume que ses priorités sont loin d’être bien choisies et le lui dit de son air le plus narquois. Une mauvaise réponse, sans doute, puisqu’elle leur interdit purement et simplement de quitter les lieux et leur indique la salle d’attente, le temps que quelqu’un vienne confirmer que Hope puisse sortir.

L’air fatigué, Mihael l’entraine vers une salle adjacente, fatigué. Il se retrouve obligé d’obéir. Se faire remarquer dans un lieu public n’est pas une bonne affaire, en soi, même s’il n’est qu’un inconnu dans la masse. Les risques sont toujours là et c’est avec un regard scrutateur qu’il vérifie qu’il n’y a personne autour d’eux. Parfait, la pièce est vide.

« Désolé que tu aies à subir ça, je ne penserais pas qu’elle nous tomberait dessus. »
Un air contrarié passe sur son visage. Il n’aurait pas voulu la soirée ainsi, vraiment. Ils auraient passé une soirée agréable au restaurant, ils seraient ensuite allés chez l’un ou chez l’autre – chez lui de préférence, ils auraient même pu ouvrir une bouteille pour finir la soirée – et, même s’il ne faisait pas grand cas de ces fêtes et de ces traditions qui l’ennuyaient, il se serait prêté au jeu. Il l’avait vraiment fait, d’ailleurs. La petite boite dans sa poche en témoignait mais il n’avait aucune envie de la sortir, là. Il se serait senti ridicule. Il n’aimait déjà pas ce genre de choses alors…
« On ne peut pas dire que la chance nous a souri, ce soir. Tous comme ces derniers temps, en fait. Je crois que tout se met en œuvre pour gâcher toute tentative de vivre sans tracas. »

Même si souvent, c’est eux-mêmes qui créent ses soucis. Il entre dans le nœud du problème, incapable de se retenir. Il sait que d’une façon ou d’une autre, le sujet est toujours lancé. Il sait que d’une façon ou d’une autre, il se poursuit, leurs désaccords restent dans leurs esprits, toiles d’araignées emprisonnant leurs pensées. Mais il ne sait pas ce qu’il attend, comme conclusion. Il se fait l’effet d’un lâche qui souffle sur les braises pour attiser la flamme, pour cristalliser le conflit. Pour ne pas avoir à prendre de décision mais pour que la décision s’impose.
« C’est fatiguant et ça n’a jamais été ce que je voulais. »

Un reproche, peut-être. Il ne parle pas seulement de ce soir. Il sait qu’il est trop dur. Envers elle, envers lui-même, envers tous. Mais il est à sa limite.

Château de cartes balayé par le vent. Il a peur de ne pas rattraper à temps la dame de cœur.
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MessagePosté Dim 12 Fév - 1:42

Un chagrin d'amour ne dure que jusqu'au prochain amour.

Elle pensait qu’en sortant de cet endroit, tout rentrerait dans l’ordre. Enfin, si ordre il y avait. Après tout, il ne cessait de se disputer. N’importe où, n’importe quand, pour n’importe quoi. La dernière fois ? Chez elle. Elle bricolait dans l’atelier avec Erik. Ils discutaient, rien de bien méchant. Et Mihael était arrivé. Elle avait oublié leur rendez-vous. Complétement. Ce n’était pas son genre mais elle avait eu beaucoup de travail ces derniers temps et du coup ca l’avait fait perdre la notion du temps. Elle s’était excusée mais il ne l’avait pas entendu de cette oreille. La dispute avait été telle qu’Erik était intervenu et avait dû faire cesser les deux jeunes gens de crier. Et ça s’était retourner contre lui. Juste une phrase qui avait mise Hope hors d’elle. Il n’avait pas le droit de lui parler comme ça. Thanos était arrivé et ça avait mis fin à tout ça, Mihael était parti et elle était allée s’enfermée dans sa chambre. Elle savait que l’un ou l’autre des hommes avec qui elle vivait était prêt à se rendre chez Mihael pour lui interdire de la revoir à nouveau. Mais elle ne voulait pas. Elle voulait croire que ça pouvait marcher. L’Espoir. Et surtout, elle ne voulait pas qu’Erik s’en mêle. Surtout pas. Le lendemain, elle s’était pointée chez lui, penaude. Il n’était pas là. Quand elle était rentrée, elle avait trouvé des fleurs dans sa chambre. Ils s’étaient croisés. C’était souvent ça, ils savaient qu’ils allaient trop loin mais ils ne pouvaient s’en empêcher. Une relation pouvait elle se construite là-dessus ? Était-ce possible… ? Elle n’en savait rien. Elle voulait retrouver la relation qu’ils avaient eue au début. Quelque chose de doux, de calme. Quelque chose de tendre et de sucré. Mais elle n’y arrivait pas. Elle n’avait pas le caractère qui fallait pour laisser passer quelques disputes.

Aujourd’hui, elle était décidée. Plus de dispute. Plus d’embrouille. Elle parviendrait à remonter tout ça, à tout remettre en place. Elle voulait avancer un peu avec lui. Elle était bien quand ils étaient ensemble et qu’ils ne se disputaient pas. Ce dont elle avait envie ? Rentrer chez lui, se poser dans son sofa, dans ses bras. Peut-être ouvrir une bouteille de vin et puis, au final, lui offrir ce qu’elle avait dans son sac. C’était pas grand-chose, elle ne savait même pas si ça lui plairait mais elle avait tenue à faire quelque chose elle-même. Alors elle avait bricolé. Un lecteur de cassette. Pour écouter de la musique un peu partout. Elle était assez fière d’elle, en un sens, puisqu’il marchait. Après, ce n’était peut-être pas ce qu’on offrait pour la saint valentin… mais elle n’en savait rien.

Une infirmière les arrêta. Perplexe, Hope écouta ce qu’elle disait. Ah, la feuille de sortie. C’était un papier qui déchargeait l’hôpital de toute responsabilité une fois qu’il serait signé. Hope savait que c’était la procédure normale et elle fit la moue quand Mihael répondit d’un ton acide à la jeune femme qui ne faisait que son travail. Bien qu’il n’ait pas totalement tort. Elle serra sa main et entremêla leur doigt pour lui signifier que ça n’était pas grave. Puis, il la guida jusque dans la salle d’attente ou ils s’assirent. Il s’excusa en soupirant.

« Pourquoi tu t’excuses Miha ? Je ne crois pas que tu ais fais quoi que ce soit qui mérite des excuses, si ? » soupira-t-elle en jouant avec ses doigts.

Elle sentit son cœur se serrer. Attention, terrain glissant. Elle n’aurait pas dû dire ça. Et pas avec ce ton-là. Elle déglutie discrètement en priant pour qu’il ne remarque pas, pour que ça passe. Sa phrase la fait frissonner. C’est bizarre, y’a comme un truc qui cloche. Elle se redresse sur sa chaise, respire un peu pour tenter de déloger la boule qui commence à se former dans sa gorge. Qu’est-ce qu’il ne voulait pas. Elle ? Les disputes ? La relation ? Son comportement ? La blessure ? Elle blessa les yeux et récupéra sa main. Elle tenta de sourire mais c’était vain.

« Je. » tremblement.

Elle se reprit et inspira un coup, doucement.

« Pourquoi ? Qu’est-ce que tu regrettes Mihael ? »

Elle ne regrettait rien. Elle était heureuse de l’avoir rencontrée, elle était heureuse d’être avec lui. Et hormis ces petites disputes, tout allait plutôt bien… Alors pourquoi. Pourquoi


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MessagePosté Lun 13 Fév - 10:26

Il regarde ses mains croisées sur ses genoux. Pour ne pas affronter son regard, pour ne pas faire place à cette culpabilité qui le ronge. Il est trop tard pour reculer, maintenant, trop tard pour reprendre les mots qu’il a lancés en éclatant de l’un de ses habituels rires légers. Il n’y a plus moyen d’éloigner les nuages qui les étouffent et qui serrent et cet étau, dans sa poitrine, dans sa vie. Il se fait l’effet d’un martyr qui se sacrifie pour le bien commun alors qu’il n’est rien d’autre qu’un égoïste qui a dérobé quelques moments de bonheurs qui ne lui étaient pas destinés et qui, maintenant, se voit obligé de lâcher prise.

« Je crois qu’il y a bien plus de choses que tu ne le crois que j’aurais à faire me pardonner, Hope. »
Sa voix est calme, froide. Il laisse s’échapper cette facette qu’il ne montre que très peu. L’homme instable, cynique, derrière les aspects nonchalants et futiles. Il aimerait étouffer cette part, la laisser se recueillir au plus profond de lui-même parce que c’est une offense, un éclat qui ne mérite pas sa place. Mais en ces temps, plus que jamais, il se retrouve face à la partie de son être qu’il hait le plus. Et il n’a pas envie qu’elle en fasse les frais. Il n’a pas envie de l’entrainer, de tout laisser se détériorer. Il ne veut pas que ce qu’il reste de sa vie parte en miettes et se brise, il veut qu’elle puisse connaître seulement un homme qui pourra lui offrir son amour sans la blesser. Et surtout, qui pourra le lui offrir entier, sans ombres, sans ces regrets qui subsistent, sans cette voix familière qui résonne, aujourd’hui encore, à ses oreilles.
« Ce que j’ai pu faire ou dire, au fond, c’était injuste envers toi. »

Il fait référence à leurs disputes, à ses mots parfois blessants, à ce qu’il lui demandait de faire alors qu’il ne l’accomplissait pas lui-même. Être le seul, pour elle, à avoir une telle importance.

Quand es-tu devenu si hypocrite ? Quand as-tu lâché prise pour céder à la facilité ?

Il la regarde, un peu troublé, blessé par sa voix et il s’en veut parce qu’au fond, tout est de sa faute et il ne peut rien faire, rien et il n’a pas envie qu’elle ait mal, c’est tout mais il ne se sent pas le cœur à la laisser s’en aller, il ne veut pas être rayé de sa vie. Il y tient trop, c’est un mélange trop douloureux, en lui et il a envie de lui dire qu’il l’aime, de lui demander de tout oublier, que rien n’est vrai, même si c’est un peu un mensonge, même s’il se leurre encore et qu’elle aussi. Ils atteignent le point du non-retour et il ne veut pas qu’ils s’écorchent, qu’ils se déchirent jusqu’à ne plus pouvoir regarder l’autre en face. Il est encore temps, il est encore temps mais il ne peut pas se résoudre à couper ce lien, à abandonner si facilement. Et les doutes réapparaissent, quand il plonge son regard dans le sien, c’est tourmenté, c’est presque accusateur et tout est de sa faute, il le sait.

« Qu’on en soit arrivés là. »

Un murmure, un aveu, fait du bout des lèvres. Il en a mal, physiquement et sa gorge est serrée, son cœur se lacère de ses propres paroles, de ce qu’elles peuvent sous-entendre. Il s’en veut. Il s’en veut, la culpabilité le ronge, c’est insoutenable mais il faut qu’il parle, avant qu’il ne regrette, qu’il ne rebrousse chemin, qu’il la mette en danger, qu’il la blesse davantage. Elle n’a rien à gagner, avec lui. Un noble déchu qui court après la vengeance, le souvenir d’une femme ancré dans sa chair, prêt à tout faire exploser, à ce que tout soit détruit autour de lui pour qu’il puisse retrouver un nom, ce sentiment de contrôler quelque chose. Il n’a pas abandonné, il n’a jamais été motivé par ces raisons nobles et louables qui font les héros, qui engendrent les personnes admirables. Il est de ceux qui restent dans l’ombre et qui profitent de leurs courts moments d’égarement pour avoir l’impression de servir, de faire, à défaut d’être. Et il est bien trop obnubilé par ce qu’il souhaite retrouver et par celle qu’il voudrait, peut-être, si elle le veut, il l’espère et ça reste quelque chose d’enfoui en lui, d’insensé mais auquel il ne peut échapper, refaire partie de celle qu’il a abandonnée.

Mais il a fui. Comme toujours, il s’est aveuglé, il en a oublié ce qu’il voulait et il se retrouve au pied u mur. Le cœur déchiré, le regard fané face cette femme qu’il déçoit et à laquelle il s’est trop attachée pour leur propre bien.
« Je me suis surestimé, je crois. J’ai espéré pouvoir oublier. J’ai espéré me refaire une vie normale. Mais tout me rattrape. »
Il est légèrement incohérent, incapable de vraiment s’exprimer. La clarté lui manque, il prend une inspiration, en tremblerait presque si le contrôle, précieux contrôle de son corps, ne l’empêchait pas de ne serait-ce que cligner des yeux.
« Tout ce que je t’ai reproché, Hope, c’était surement un voile. Du vent, des paroles jetées contre toi alors qu’elles auraient dû m’être adressées. C’est douloureux, de me réveiller et de me rendre compte que je t’ai entrainée dans cette relation alors que je ne peux plus rien offrir à qui que ce soit. »
Il secoue la tête, essaie de rire mais seul un son un peu étrangle sort de sa gorge. Un bonheur agonisant.
« Mais je crois que je ne peux pas me résoudre à partir, même si c’est le pire pour toi, pour moi. C’est pitoyable, non ? »
Un sourire dur, sur ses lèvres. Il ne se fait aucune illusion, aucun cadeau. Il a commis toutes les fautes possibles.

Et il n’a même pas le courage de pouvoir les effacer.

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MessagePosté Mer 15 Fév - 15:43

Et on se disait quelques fois que c’était juste une aventure et que ça ne durerait pas

Oppression. Ça fait mal de savoir que celui qu'on considère plus important que n'importe qui a des doutes. Doutes tellement puissant qu'ils pourraient réduire à néant tout ce qu'ils avaient pu construire ensemble. Elle ne voulait pas voir la vérité en face. Pourtant, elle a tellement de choses à se reprocher qu'elle ne peut pas lui donner tort... Erik Chazer. Elle l'a aimée, l’a-t-elle réellement oubliée? Même elle n'en est pas sûre. Erik avait toujours fait partie intégrante de sa vie. Il l'avait élevée, avait toujours été là pour elle et elle en était tombée amoureuse. Comment aurait-il pu voir en elle autre chose qu'une petite fille ? Elle était la fille de son meilleur ami et de la femme qu'il aimait. Rapidement, elle s'était faite une raison et avait abandonné l'idée d'aller plus loin un jour. Mais elle était toujours hantée par ses sentiments, qu'importe la personne avec qui elle sortait.

Pourtant, elle pouvait entrevoir un avenir avec Mihael. Dans les débuts, du moins. Il était gentil, doux et attentif. Et puis ça avait dérapé. Jalousie maladive, fierté mal placée, tout ça avait amenée à une dispute perpétuelle. Elle n’avait pas tellement compris pourquoi, pourquoi quand tout commence si bien il faut continuellement que ça dérape. Elle avait toujours essayé de calmer le jeu, après tout elle était bien plus posée que lui. Mais rien n’y avait fait.

Et puis elle avait fini par comprendre. Un jour, Erik l’avait envoyée en pause et elle s’était assise dans un coin de la pièce à l’observer. Il avait vieillit mais il était toujours beau. Du moins à ses yeux. C’est ce jour-là qu’elle avait compris, compris que ce qui c’était passé n’était pas compliquer. Non, elle aimait Erik et Mihael. Mais elle s’auto-frustrée de voir qu’elle ne pouvait pas se donner corps et âme au jeune homme à cause de son tuteur. Elle ca l’agaçait. Elle n’avait personne à qui se confier : pas de meilleur ami, pas de grande sœur expérimentée. Non. Juste Erik et Thanos. Elle était bien lotie avec ça tiens. Toujours est-il qu’elle était perdue. C’est là qu’elle aurait aimé avoir gardé des contacts avec ses amis d’école. Cette école ou elle s’était démenée pour satisfaire Erik. En y réfléchissant, toute sa vie avait tourné autour de lui. Et elle était mal maintenant qu’elle devait s’en détacher.

Elle déglutie quand il commença à parler. Il avait du mal. Elle ne comprenait pas tellement ce qu’il lui disait. Elle ne comprenait pas ou il voulait en venir. Elle respirait doucement, prenant garde à ne pas paraitre agacée ou triste. Elle en avait assez. Assez qu’il réduise ses efforts à néant. Pourquoi s’obstinait-il a toujours transformer leurs rendez-vous en disputes. Pourquoi ? Elle en avait plus que marre et elle comptait bien lui dire. Lorsqu’il eut terminé, elle se leva sans un mot et marcha jusqu’au distributeur d’eau, pas loin d’eux. Elle versa un verre d’eau glacée et revint doucement vers lui, sans lever les yeux. Arrivée à sa hauteur, elle positionna lentement le verre au-dessus de la tête du blond et renversa le verre d’un coup avant d’aller le mettre dans la poubelle. Lorsqu’elle revint, son regard vint s’ancrée dans celui de son amant. Il était dur, noir, le tout teinté d’une lueur de tristesse et de colère.

« Ça t’as remis les idées en place Mihael Bezarius ? Parce que sinon je peux te mettre une baffe, je peux te tirer hors d’ici en te tenant par l’oreille, je peux aussi recommencer, avec un café cette fois. Pourquoi continues-tu de dire ce genre de conneries alors que tu sais comment ça va finir ? Pourquoi fais-tu toujours ça, alors qu’on passe une bonne soirée, un bon moment, pourquoi te sens tu obligés de tout gâcher ? Tout se passait bien jusqu’ici. Pourquoi a-t-il fallu que tu recommences… » déblatéra-t-elle alors que ça voix se brisait au fur et à mesure « tu es jaloux ? Et alors, c’est normal. Tu ne sais pas où on va ? Moi non plus. La seule chose que tu peux te reprocher c’est ce comportement de merde. Ce comportement qui fait que chacune de nos rencontres se transforme en guerre mondiale. Pourquoi fais-tu ca Mihael ? Tu te sens obligé de te rabaisser au point de raconter ce genre de connerie ? Ou alors tu crois que ça m’éloignera ? Parce que si c’est ça, autant rompre tout de suite parce que je ne partirais pas de moi-même. » reprit-elle d’une voix dure.

Elle avait la gorge sèche, elle ne savait pas pourquoi ça finissait comme ça à cause d’un simple formulaire à remplir. Ça n’avait rien de grave bon sang ! Elle en avait pour dix minutes tout au plus après quoi ils auraient pu rentrer chez lui et passer une bonne fin de soirée. C’est ce moment-là que l’infirmière choisie son moment pour revenir.

« Madame Destiny. Votre décharge est prête. » annonça-t-elle d’un ton froid en plantant le papier sous le nez d’Hope.

La noiraude s’en empara d’un geste vif et porta son regard noir sur la femme.

« D’un, c’est mademoiselle, je ne vois pas OU vous avez vu une alliance » s’insurgea-t-elle en lui plaçant sa main devant ses yeux « de deux, je suis occupée. Et de trois, on m’a dit de partir donc je n’ai pas à signer de décharge. Retournez apprendre votre métier pauvre cruche. »

Elle allait trop loin, elle le savait. Mais elle ne pouvait s’en empêcher. Il avait poussé le bouchon trop loin. Elle n’en pouvait plus de toutes ces disputes, de toutes ces embrouilles. Elle attrapa le poignet du jeune homme et partie en direction de la sortie d’un pas presser. Elle sentait les larmes rouler sur ses joues mais elle ne voulait pas pleurer. Hope Destiny ne pleurait pas. Jamais. Une fois les doubles portes franchies, elle lâcha le bras de son accompagnateur et essuya ses larmes d’un revers de main rageur.

« T’as encore tout gâché... »


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MessagePosté Dim 11 Mar - 17:32

Il serre les dents, son regard se durcit. Elle ne comprend pas. C’est ce qu’il se répète, égoïstement. Il y a surement une part de caprice là-dedans, le garçon qui refuse qu’on le comprenne et qu’on reste auprès de lui. C’est une chimère, un personnage qui est un peu tout le monde et personne à la fois. L’homme qui veut protéger ceux qu’il aime en leur faisant du mal. Un cliché douloureux et beau, une connerie que beaucoup nomment altruisme. Sauf que lui, ce n’est rien de tout ça. Ses problèmes, il ne se les invente pas. Ils ont toujours été là, tapis. Il a simplement décidé de les effacer, d’un revers de main, entre les bras de cette femme qui le regarde presque avec mépris, maintenant. Il ne peut pas le lui dire.

Il ne peut pas lui dire qu’il a traversé les mêmes doutes qu’elle. Il ne peut pas lui dire qu’il ignore, toujours, vers qui est réellement porté son amour aujourd’hui. Il ne peut pas lui dire qu’il n’a pas envie de la quitter, de partir. Il ne fait même pas ça pour elle, pour son bien. Il fait ça pour se donner bonne conscience. Pour chasser un poids supplémentaire de ses épaules.

Mais tu n’es pas un poids Hope, je suis injuste et je me déteste un peu pour ça. Autant que tu dois me haïr, à l’instant présent.

Il essuie calmement l’eau de son visage, d’un geste de la main, le regard dans le vide. Les paroles échangées avec l’infirmière le font à peine ressortir de sa demi-torpeur et il ne fait même pas un geste pour s’excuser auprès de l’employée, qui s’en va en furie, scandalisée sans doute par ces jeunes qui n’ont plus aucun respect.
Il sent l’air glacial de la nuit lui fouetter le visage et, les mains dans les poches, le regard sombre, il bute sur un caillou. Il n’a toujours pas osé lui parler, lui répondre et, maintenant qu’ils sont à nouveau seuls, il entend sa voix, un peu brisée, la voit essuyer ses larmes.
Il se sent étouffer, le cœur serré. Un léger frisson le parcourt et il décide de croire que c’est à cause de l’humidité, de ses cheveux mouillés et pas à cause d’autre chose, pas à cause de ce trou, béant, qui se creuse en lui.

« Je suis doué pour tout détruire. » C’est une constatation un peu plate, un peu amère. Il s’y est fait. C’est comme ça, il est lâche, on n’y peut rien et l’eau coule sous les ponts, efface toujours ses traces de pas, sa présence et il ne reste rien. Voilà, fin de l’histoire, c’est sa vie, au fond. L’homme qui amenait toujours la pluie derrière lui. « J’ai pas envie de vivre dans le mensonge, Hope. Il y a des choses que tu ignores, des choses que moi-même je ne saisis pas encore totalement. Je n’ai jamais été assez fort pour faire bonne figure et continuer. Mais j’ai toujours su éviter les problèmes en m’enfuyant. »

C’est dit, c’est là. Il n’aime pas se cacher. Ou peut-être aime-t-il cacher certaines choses, certaines réalités, certains sentiments. Mais les parts de lui les plus noires, les plus creuses, il les dévoile. Il s’en veut et il lui en veut aussi. C’est la faute à personne, c’est la faute à pas de chance. Elle en aime aussi un autre et il lui apporterait trop de danger. Et puis, lui aussi, a envoie de voir renaitre ses amours enterrées. Lui aussi, ne peut pas vraiment vivre sans qu’un autre visage, sans qu’une autre voix, une autre silhouette, ne se superposent à la sienne. C’est le jeu des menteurs qui se croient honnêtes, des écorchés de la vie et des sentiments qui croient pouvoir se soigner à grands coups de couteau dans le corps. Ça ne marche pas, bien sur. Il a l’impression d’être en lambeaux, encore plus qu’avant. Il a l’impression de crever pour de bon mais non, ce n’est que ce satané air glacial qu’il avale un peu trop précipitamment. Il ne supporte pas les fins. Il ne supporte pas tous ces problèmes qui naissent, ses propres sentiments qui le trahissent.

Parce qu’il l’aime bordel, il le sait très bien. Mais ce n’est pas suffisant, il est trop accroché à avant, il s’occupe trop de sa propre personne pour arriver à la rendre heureuse. Il mérite une énorme claque, il mérite pire sans doute mais il n’a pas la force de continuer. Il s’inflige des coups lui-même, autant faire ça bien, proprement. Peut-être que ça cicatrisera. Peut-être que ça saignera un moment. Il s’en fout, c’est tout, c’est tout, ils finiront bien par crever, le cœur déchiré et le corps en morceaux. Alors, il peut bien la libérer. Alors, il peut bien la laisser s’échapper et se trouver un autre blessé à soigner, un autre cœur qui lui serait entièrement dévoué à l’aimer.

Un putain de romantique, au fond. Ce serait beau, ce que je fais, si on était dans un livre, Hope. Mais là, ça me donne juste envie de m’enterrer, quelque part et je me répète que je suis con.

« Je crois que c’est voué à l’échec. Je crois que nous nous sommes trompés sur le compte de l’autre. »

Il ne répond pas à ses accusations, il n’a rien à en dire, aucune excuse. Il a craché le morceau, enfin. Ça le rongé, c’est dit. Et maintenant, ça empoisonne l’air.

Joyeuse Saint-Valentin.
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MessagePosté Mar 10 Avr - 13:54

Before reading:
 
troubles images issues du temps, message d'enfant

Ca fait mal n’est ce pas ? Lorsque celui que vous « aimez » vous plaque sans retenue. C’est bizarre hein, on n’a pourtant pas passer tant de temps que ça ensemble. Quelques semaines, certaines emplies de bonheur, d’autre moins heureuses. Oui, comme ce jour de Noël qu’ils avaient passé ensemble. Ils avaient commencé par une balade dans un parc, balade ayant dégénérée en course poursuite accompagnée de rires aux éclats. Puis ils avaient fait des courses pour aller manger des crêpes chez Mihael. Rien d’extraordinaire là encore pourtant elle avait encore le goût des crêpes sur ses lèvres, un goût doux et sucré, un goût de bonheur. Et puis ils avaient passé la soirée ensemble et le reste ne regarde qu’eux. Alors pourquoi, à peine deux mois après, la soirée avait viré au cauchemar ? Pourquoi était-il là, trempé de la tête au pied, en proie aux pires miasmes, et pourquoi avait-elle l’air si triste sur le parvis de cet hôpital.

Elle déglutit et ferma un peu les yeux, essuyant rageusement ses larmes et respirant un bon coup.

« Après tout je n’ai pas le choix. Si tu trouve que je ne suis pas suffisamment bien pour toi, je ne peux pas t’obliger à rester encore avec moi. Et puis, je me doutais que tout ça arriverait un jour. Tu es quelqu’un de bien Miha. Trop bien pour une simple mécanicienne dans mon genre » faible sourire, elle parle mais elle aimerait mieux se taire. Sauf que ça sort sans qu’elle ne puisse rien arrêter. « Je suis stupide et égoïste, j’aimerais que cette fichue soirée ne soit qu’un cauchemar, que je me réveillerais ce matin en me disant que cette journée devra être parfaite, tout en faisant attention à ne pas faire la moindre bourde. Comme ça je pourrais éviter ce drame, prendre une autre place dans le restaurant, dire aux serveurs de faire attention… On n’en serait peut être pas là et on aurait passé une bonne soirée. Peut être que demain tu m’aurais finalement plaqué, peut être que tu n’aurais pas attendu la fin de la soirée non plus… mais au moins ça aurait été une belle saint valentin… » elle lève son regard vers le ciel, une dernière larme roulant sur sa joue « ma première saint valentin est un désastre » rit-elle nerveusement avant de supprimer la larme sur sa joue.

Elle se sentait si mal. Elle avait l’impression que son cœur explosait en milliers de petits morceaux lacérant sa poitrine de l’intérieur. Elle avait mal. Pourtant elle ne pleurerait plus devant lui, elle ne pleurerait plus pour lui. Elle avait sa fierté mine de rien, et elle avait par deux fois étés réduite en cendre ce soir alors elle ne continuerait pas de marcher dessus elle-même. Elle soupira un bon coup et plaqua un sourire de circonstance sur ses lèvres, glissant ses mains dans ses cheveux pour les laver. Elle se dirigea vers une vitre de l’hôpital et essuya le mascara qui avait coulé avant de se refaire rapidement une tête présentable. Elle n’avait plus l’éclat du début de soirée mais on n’aurait pas pu croire qu’elle venait lamentablement de se faire plaquer.

Elle revint donc près de lui et baissa un peu les yeux.

« tu me ram… »
« Hope ! Miha ! »

Sursaut. Elle s’agrippe comme un réflexe à la main de son ex et regarde en direction de la voix qui venait de les appeler. Elle connaissait cette voix pour l’avoir mainte et mainte fois entendues. Tiffany.

Vous connaissez forcement ce type de femme. Grande, très grande, blonde, très blonde, mince, très mince. Le genre de femme pour laquelle les hommes se retournent dans la rue, ce même type de femme dont chacune à terriblement peur qu’elle lui pique son homme. Cette femme qui sait manipuler les mots pour séduire un homme. Inutile de vous mentir, Hope à toujours eu peur de cette femme, elle a toujours cru que Mihael avait un faible pour elle, elle a toujours pensé qu’elle était une rivale.

« Quelle coïncidence de se retrouver ici aujourd’hui ! »
Tu nous aurais pas suivit, grognasse…
« Que faites-vous devant un hôpital ?! Oh mon Dieu Hope ! Tu es blessée ! »
Non tu crois ? J’avais pas remarqué…
« C’est Mihael qui t’as fais ça ? Tu devrais appeler SOS femme battue hein ! Ou alors le dresser correctement… »
Arrête de rire pétasse, tu ne sais pas de quoi tu causes…
« Enfin bref. Vous avez fais quoi alors pour la saint valentin… Oh vous l’avez fêtée n’est ce pas ? »
Pourquoi ai-je l’étrange impression que ton sourire n’est pas innocent. Que tu sais tout…

Hope lui sourit, comme d’habitude, pour faire bonne impression. Elle noue ses doigts à ceux de Mihael dans un geste instinctif, pour ne pas que sa main valide vole vers le visage si parfait de son interlocutrice.

« Mais oui voyons, quelle idée de poser cette question. Nous sommes ici simplement parce qu’un serveur maladroit m’a fait tomber un couteau sur l’épaule. Rien de bien grave. »

Elle lut la déception dans son regard et son sourire s’accentua.

« Quel soulagement, ça aurait été tellement triste de devoir te ramasser à la petite cuillère… »

Hope lança un regard à Mihael. Un regard mêlé d’excuse et de tristesse.


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MessagePosté Dim 15 Avr - 14:01

Il a envie de lui répondre. De lui dire que ce n’est pas sa faute, que c’est comme ça, qu’il s’est comporté comme le roi des crétins. Il voudrait faire en sorte d’effacer tout ce temps, peut-être, pour ne pas voir ses larmes, sa souffrance. Mais pourtant, pourtant, il ne le veut pas vraiment parce qu’égoïstement, il a envie de toujours la connaître, d’avoir la possibilité de rester à ses côtés, encore. Il lui tend la main, c’est un geste inconscient, un besoin de la rapprocher de lui, une dernière fois, une toute dernière fois. Mais elle s’éloigne, déjà. Il signe la fin et elle la lui jette eu visage, comme un mauvais rêve.

Le temps qu’elle nettoie son visage des trainées sombres, des chagrins passagers, il s’empêche de se cogner la tête contre le mur pour s’éclaircir les idées. La pluie l’engourdit, le froid est partout mais surtout, en lui, en lui et ça brûle, étrangement. Il devrait se sentir mieux, penser qu’il a fait ça pour leur bien. C’est le cas mais c’est bien plus douloureux qu’il ne l’aurait crû. Ce n’est pas seulement une plaie à remettre en pleine lumière, un pansement à arracher d’un coup sec. C’est un lien qui se brise, s’effrite, se propage autour de lui en milliers de lames qui viennent lui écorcher le corps. Quand elle revient, ça s’adoucit un peu. Quand elle revient, ça devient plus fort, à la fois. Mais il sait qu’il ne doit pas la perdre, d’aucune manière.

La voix nasillarde, quelque peu moqueuse, coupe Hope en plein milieu de sa phrase et il a envie de s’enfuir avec elle loin de la nouvelle arrivante. Quelle chance. A ce stade, la soirée a atteint son apogée en matière de malchance.

Le regard sombre, il adresse à peine un salut à la jeune femme qui arrive et s’empêche de grimacer en entendant la conversation. Il n’a aucune envie d’y participer, aucune envie de parler à cette fille qu’il a plus envie d’éloigner d’eux qu’autre chose, à cet instant. Sa familiarité l’irrite et tout ce qui l’agace tant, habituellement, chez elle, devient une véritable torture à écouter et à observer. En observant le regard que lui jette Hope et en entendant la dernière remarque, il décide que c’en est assez. Il passe son bras autour de la jeune femme et adresse un léger signe de tête à Tiffany.

« Je ne doute pas que ça t’aurait brisé le cœur. D’ailleurs, comment se fait-il que tu ne sois pas accompagnée un soir de Saint-Valentin ? Une femme comme toi… »

Elle rougit, insultée. La manœuvre est parfaite. Il lui fait miroiter sa solitude tout en lançant un compliment négligeant. Son sourire ironique a vite fait de la détromper si elle avait eu la bêtise de croire que c’était involontaire.

« Je revenais justement d’un rendez-vous qui ne s’est pas très bien déroulé. »
Elle accuse le coup, répond comme sur la défensive.
« Ne t’en fais pas, tu n’as pas besoin de te justifier. C’est regrettable, ça ne peut pas toujours marcher. »
« Sans doute… »

Elle souffle, le regard méfiant, les observe tous les deux. Mais il affiche une assurance farouche et elle comprend qu’elle en a déjà assez demandé. Une question de plus serait mal perçue, même si la curiosité la ronge.

« Autre chose ? Parce qu’on aimerait bien partir pour… continuer la soirée ailleurs que devant l’hôpital. »

Elle sursaute, comme prise en faute et acquiesce. Il fait à peine attention à l’échange d’au-revoir, pressé de se débarrasser d’elle. Une fois qu’ils sont à nouveau seul, il garde toujours Hope fermement contre lui.

« Je te raccompagne. »

Il n’a pas envie d’en dire plus, pas envie d’en dire moins. Il se sent épuisé. Il voudrait que les choses n’aient pas changé ou plutôt, il voudrait qu’ils soient partis sur d’autres bases. Il ouvre la bouche, comme pour s’excuser, encore, même si ça ne change rien, jamais.

« Je te mets dans une situation embarrassante… Désolé, je ne me sentais même pas le cœur à la voir réagir, d’une quelconque manière. »

Il lui jette un rapide coup d’œil, amorce la marche vers chez elle. Il se sent nerveux, ne sait pas vraiment comment réagir.

« Je ne veux pas qu’un jour, tu en arrives à m’éviter comme nous avons dû le faire, avec elle. »

Un aveu, un tout dernier.

Je crois que toutes mes paroles se sont taries. Et que j’ai épuisé tous les gestes qui pourraient te montrer à quel point je tiens à toi.
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