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 Tout Homme qui marche peut s'égarer {Belial | FB

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Ash B. MillefioreConseil Responsable Prison - Ash
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▌ INSCRIT(E) LE: 03/08/2011

MessagePosté Mar 3 Jan - 22:42

« Mangez quelque chose. »
« Je n’ai pas très faim, laissez-moi. »

Le même dialogue, tous les matins. Ash regarde à chaque fois toute cette nourriture, au bout d’une table que personne d’autre n’occupe. Il n’y a que son propre reflet sur le bois sombre et brillant, il n’y a que sa propre respiration calme, précipitée parfois par des paroles creuses. Automatiques et habituelles. La servante essaie de lui dérober quelques sourires, observe d’un œil critique son immobilité, sa passivité, désappointée par ce corps trop chétif et maigre, par cette constitution trop frêle. Elle espère, pauvre chose, que le vide pourra être comblé par ces aliments, que le matériel et la satisfaction d’un appétit enfin assouvi prendront le pas sur le néant qui l’habite. Une ignorante, parmi tant d’autres, qui ne voit que le frère dévasté par la perte, délaissé par tous, ayant perdu tout ce à quoi il tenait. Elle n’est pas loin de la vérité.

Quand on n’a jamais rien eu, tout perdre n’a plus aucune valeur et se retrouver démuni devient un état permanent.

« Vous dites cela tous les matins. Comment tenez-vous debout si vous ne vous nourrissez pas ? »
« Comme cela. »

Un mouvement, pour se lever, pour fuir cette pièce, pour fuir cette voix qui se veut rassurante, apaisante. Cette voix qui ne fait qu’éveiller sa fureur glacée, qui met doucement à mal sa patience. Que faut-il faire pour qu’elle s’éloigne ? Que faut-il faire pour arriver à obtenir la paix et le silence.
Son bras est saisi par une poigne ferme, même si quelque peu hésitante. Les grands yeux bruns se plongent dans les siens.

Tu te sens suffoquer, tu veux partir. Étouffante, cette atmosphères, ces présences autour de toi. Tu penses souvent que tu aurais dû partir de cette maison, t’entourer d’inconnus pour préserver ce secret. Tu as été incapable de le faire, parce que tu voulais encore voir des vestiges de lui dans ces lieux, parce que tu vis dans le passé, dans le mensonge et quoi de mieux que cette douleur familière, cette victoire que les autres ne peuvent comprendre, pour te faire comprendre à quel point tu es misérable ?


« Ash. Je ne vous comprends plus. »

Douleur. Dans son corps raidi, dans tes yeux qui lui hurlent de se taire, de ne pas réagir ainsi. Si Ash avait été là, il l’aurait rassurée. Si Ash avait été là, il lui aurait offert ce sourire qui les apaisait. Si Ash avait été là…

Toi, tu ne l’aurais pas été. Tu préfères ignorer les sentiments que l’on t’offre quand tu as ce visage. Tu aurais préféré qu’ils disparaissent avec lui, qu’on arrête de t’observer, de t’aimer, parce que tu ne le mérites pas, parce qu’il ne le mérite plus et que vous êtes tous les deux morts, d’une certaine manière. Et que c’est entièrement ta faute.

« N’oubliez pas où est votre place. »

Une voix froide, neutre. La main d’argent se lève, comme pour frapper, comme pour mettre en garde et la servante se recule, affolée, brusquement effrayée. Il y a dans le regard bleu une violence passive, un éclair tranchant et cruel qu’elle a l’impression de voir pour la première fois. Son geste ténu la confronte dans sa soudaine crainte et elle baisse les yeux, ses cheveux cachant son expression.

« Bien, veuillez m’excuser. Je vous souhaite une bonne journée. »

Elle s’incline. Ash tourne les talons, s’en va. Croit entendre un sanglot derrière la porte qui claque, les dents serrées.

Tu enterres tout ce qu’il a été.


.......................................

Une inspiration. Son regard se heurte aux murs, aux petits détails de tout ce qui l’entoure, sans vraiment arriver à se fixer quelque part et à apporter à son esprit confus cette information tant recherchée. Ses pas sont le seul bruit qui brise le silence, comme une condamnation, un compte à rebours lent sur le sol trop propre, trop brillant.

L’impression que tu n’y as pas ta place se renforce. Le palais semble se fermer à toi comme une entité vivante, rejetant ta présence par ces portes closes, ces couloirs où tu ne te retrouves pas, ce vide dans lequel tu es la seule personne vivante, le seul fantôme peut-être, errant dans cet endroit que tu devras apprendre à découvrir.

Sa main s’avance, tourne la poignée pour entrouvrir une porte, avant de se bloquer. Un cliquetis lui indique c’est fermé et l’irritation l’enveloppe. Un échec aussi ridicule commence à mettre ses nerfs à rude épreuve. Ses pas sont à chaque fois plus hésitants, plus lents. Quelle ironie.

Ash s’y serait très certainement retrouvé. Ash n’est pas si stupide, lui.


Un bruit de pas, autre que le tien. A l’angle d’un couloir. Tu retiens ton premier réflexe, aller te cacher quelque part pour qu’on ne te voie pas ainsi. Tu te forces à rester digne, guettes à l’angle du couloir cette silhouette dont tu ne vois que l’ombre. Tu essaies vaguement de prendre un air confiant, avec un succès tout relatif, mais c’est déjà satisfaisant.

Bien. Bien ?

Oui mais, après ?

Titre - Johann Wolfgang von Goethe

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A. Belial CheshireConseil Gardien de la Fleur - Lial

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MessagePosté Mar 3 Jan - 22:42

La nouvelle était tombée ce matin, comme la chose la plus naturelle qui soit. Le vieux serait remplacé aujourd’hui, par un jeunot il parait. Après tout ce n’était guère étonnant – on ne pouvait décemment pas laisser une chaise vide trop longtemps au Conseil – mais personnellement il y a un truc qui me turlupine quand même… Si on y réfléchit bien les anciens actuellement – soit en gros ceux qui ont une place ici depuis plus de cinq ans – sont assez âgés ou plus exactement ont eu un poste assez tardivement si on compare par rapport aux deux derniers arrivants ou même à moi-même qui avait à peine vingt-deux ans. Enfin je sais pas vous mais moi ça m’étonne quand même qu’on donne ainsi les rênes du pays à des jeunes adultes de moins de vingt-quatre ans, aussi doués ou surdoués soient-ils… A moins que la jeunesse permet plus facilement d’encrer ce qu’on doit automatiquement faire, quelque soit la situation, et ce dans le sens de l’Empereur. Enfin je dis ça… je dis rien, après tout c’est peut-être juste une impression.

Et puis après tout… je m’en cogne complètement. De qui ça peut-être, de comment il a pu accéder aussi jeune à un tel poste, de s’il le mérite vraiment ou si c’est juste un coup de piston Vraiment tant qu’il n’est pas chiant, il peut bien être qui il veut ça m’est égal. Après s’il est agréable et qu’il me ruine pas mes siestes c’est tout ce qui compte pour moi sinon… bah ça sera tant pis pour lui.

N’empêche… je me demande pourquoi je pense à tout ça moi, de toute façon on verra bien le moment venu, par conséquent je n’ai nullement besoin de me tracasser avec ces foutaises. Surtout que le plus important maintenant… c’est d’éviter autant que possible de croiser Kay’. Ce n’est pas que je n’ai pas envie de la voir mais… pas au palais ! Bon sang, pourquoi il a fallut qu’elle obtienne un poste ici aussi. Ainsi j’étais bon pour me la farcir vingt-quatre heures sur vingt-quatre et même si je l’adore cette fille, il faut dire que se retrouver dans des situations bien plus qu’embarrassante par sa faute au beau milieu du palais… ce n’est pas ce qui se fait de mieux en matière de bienséances (et ce n’est surtout pas très bon pour la réputation). Quoiqu’il en soit, puisque la réunion est enfin terminée, je n’ai plus grand-chose à faire ici donc je ferais mieux de filer rapidement avant de croiser miss l’écureuil pour enfin retrouver la tranquillité de mon chez moi. Ce n’est qu’une affaire que de quelques couloirs et…

BAM ! C’est toujours pareil : dès qu’on espère avoir une simple journée pénarde… Ça ne se passe jamais comme on le voudrait. Y a TOUJOURS un truc qui cloche.

En l’occurrence, le truc qui cloche ici c’est certainement un chariot – ou quelque chose comme cela – qu’une servante aura laissé trainer et que je n’ai point vu. Mais un coup d’œil vers le bas m’informe bien rapidement que non, c’est un… nain – enfin une personne pas bien grande dans tous les cas – que j’ai percuté. M’excusant rapidement je ne retiens tout de même de rien devant l’espèce d’expression qu’il affiche. Sans aucun doute encore un de ses nobles à qui on a coincé un balais entre les fesses dès son plus jeune âge et qui par conséquent est dénudé du moindre sens de l’humour. Ennuyeux.

Cependant une analyse très rapide me met la puce à l’oreille. Je n’ai jamais vu ce type-là au palais, certes je viens de manquer de l’assommer parce que je ne l’avais pas vu mais tout de même… on ne peut pas louper une personne aussi petite soit-elle plusieurs fois d’affilée – enfin je pense – et il a l’air plutôt jeune. Et ici bien rare sont les personnes qui restent plantées au beau milieu d’un couloir si elles ne travaillent pas en ce lieu et si on est de passage pour rencontrer l’Empereur c’est automatiquement sous escorte donc aucun risque de se perdre. Perdre ? Hm…

« Oh ! Je sais ! »

Un léger silence tandis que je daigne tout de même me baisser un peu – histoire de diminuer cette différence qui nous sépare et de moins avoir l’impression de le regarder de haut. Ça peut peut-être paraître étrange mais moi ça me met mal à l’aise d’avoir cette fichue impression, même si je n’y peux rien… ce n’est pas comme si j’avais demandé à faire quasiment le mètre quatre-vingt-dix ! Enfin bref. Sourire.

« Allez pas la peine de faire genre pour dissimuler cette gêne. » Je ne sais pas vous mais là moi j’ai l’impression qu’il est de plus en plus mal à l’aise, bah je me fais surement des films. « C’est pas si grave de se perdre ici va… C’est… la salle du Conseil que tu chercherais par hasard ? »


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Ash B. MillefioreConseil Responsable Prison - Ash
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MessagePosté Mar 3 Jan - 22:44

Le problème, avec les ennuis, c’est qu’on ne cherche pas. On les trouve.

Ash passe une main agacée dans ses cheveux, retenant un grognement agacé face à la brève collision. Son regard remonte, remonte, encore – un peu trop à son gout, d’ailleurs, il faut bien qu’il parvienne au bout de cette silhouette bien trop grande – jusqu’à tomber sur le visage qui lui fait face, un peu penché. C’est d’un mouvement bref de tête que les excuses sont acceptées. Les couloirs sont vides d’autre chose que de leurs deux présences et l’idée d’avoir à discuter avec un inconnu l’effleure, désagréablement. Ses iris glacés s’arrêtent plusieurs fois sur lui, comme dans un jugement rapide. Pour savoir si demander de l’aide est concevable, pour définitivement s’éloigner de la facilité de se trouver un guide tout prêt.

Hors de question.

L’illumination sur le visage du géant – sérieusement, le sens de l’humour du destin devient de plus en plus douteux…- finit d’éveiller sa méfiance. Sa brusque confiance est loin d’être rassurante et les affaires qui suivent finissent de hérisser son esprit déjà fermé à toute tentative d’aide. On ne se refait pas, après tout…

Les mots qui suivent finissent de l’irriter.
« Je ne vois pas de quoi vous parlez, je ne dissimule aucune gêne. » Ou même rien d’autre. Retenir un rire, en serrant les poings, en secouant sa tête aux longs cheveux clairs.

Tu as l’habitude du déni, quoi qu’il se passe. Tu affirmes simplement le contraire de ce qu’on te dit, de ce qu’on suppose, parce que tu ne peux simplement pas supporter l’idée que l’on puisse te dicter quoi faire, que l’on puisse ne faire qu’effleurer un peu ce secret qui se ronge. Les mensonges, encore, pour le moindre détail, pour la plus petite affirmation. Tu joues le rôle jusqu’au bout, quitte à entièrement te briser, quitte à tout fausser. La chaine s’agrandit, toujours, et il ne sera qu’un maillon de plus à mettre dans la construction infinie et linéaire que tu fais de tes rencontres. Mais tu ne sais pas, bien sur. Tu t’imagines pouvoir te débarrasser de lui, tu t’imagines plonger à nouveau dans ton monde fermé, parce qu’il n’y a pas de place pour personne et surtout, il n’y a pas moyen que l’on puisse simplement t’offrir une main secourable.

Même pour demander le chemin.
« Je sais parfaitement où je vais, merci. » Une voix sèche, qui renforcera sans doute son impression. Ses pas se détournent, déjà et son visage reprend cette dureté qui lui est si coutumière. On ne laisse pas bien longtemps la place à la surprise, après tout. Ash ne peut briser ses habitudes pour laisser l’inconnu et la nouveauté percer la couche parfaite de ce maquillage si laborieusement construit. Autant simplement s’éloigner, autant faire comme si rien ne s’était passer et oublier cet individu à placer dans les gêneurs.

Ah…

La poignée de porte résiste à sa main décidée. Il lui a suffi de faire quelque pas et de rentrer par la première porte vue, pour simplement garder contenance. Faire croire que son chemin est connu, faire oublier son immobilité au moment de la confusion. Mais tout joue contre la sauvegarde de sa dignité et la détérioration de ses pauvres nerfs, mis à rude épreuves. Que faire quand on vient royalement de se planter et d’essayer d’ouvrir une porte verrouillée, le tout pour faire croire que l’on n’est pas perdu ?

Ton attitude est figée, tout comme tes membres. Tu te recules, un peu, le rouge au joues, comme si ta main était brûlée. La chance n’est décidément pas de ton côté et tu résistes à l’envie de tourner les talons et de partir de cet endroit que tu as pourtant choisi.

Un court moment de flottement et ses yeux accrochent à nouveau la silhouette du jeune homme, toujours à proximité. L’air las, à contrecœur, Ash se rapproche.
« Peut-être que vous avez raison, en fait. » Un petit silence, ses yeux se détournent, pour ne pas croiser son regard. « C’est bien la salle du Conseil que je cherche. » L’envie de grincer des dents devient de plus en plus forte et l’effort pour articuler distinctement chaque lettre, en gardant l’air digne et impassible, est presque surhumain.

Tu pousses un soupir, sans t’en empêcher. Dire que tout dépend de lui, maintenant, et que tu as vendu ton ignorance de la pire façon qui soit.

Ash n’aurait pas fait cela, c’est certain.

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A. Belial CheshireConseil Gardien de la Fleur - Lial

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MessagePosté Mar 3 Jan - 22:45

Nom d’une pipe en bois vernie… je n’ai jamais vu spectacle aussi affligeant de toute ma vie – enfin si on ne prend pas en compte la donnée Kay’ et ses conneries… mais ça… ça relève du même pas prenable en compte, parce que Kay… enfin c’est Kay’ quoi. Et ce type là relève d’un tout autre niveau, car autant Kay’ s’assume autant lui s’écrase misérablement dans ses pseudo mensonges dont le but étaient certainement de lui faire garder un semblant de dignité. Et bien pour la dignité, je peux vous assurer que c’est raté. J’aurais pu le prendre pour un idiot et le laisser se démerder puisqu’il préfère mentir de manière sèche et impolie plutôt que d’accepter la main secourable qu’on lui tend gentiment. Mais son air ridicule et paumé me donne plus envie de rire qu’autre chose en fait. Et c’est bien difficilement que je retiens le fou rire qui ne demande qu’à éclater de bon cœur. Mais je me dis que ça ne le rendrait que plus confus et honteux. Aaaah les nobles et leurs foutus fiertés. Quoique celui là doit avoir les chevilles sacrément enflés.

Peut-être que vous avez raison…

Je sais pas vous mais moi j’appelle ça un sale gosse. Qui mérite une bonne correction. Néanmoins j’ai assez de bon sens pour savoir qu’il ne serait pas bon de foutre le boxon dans le Conseil alors que le petit n’est même pas encore intégrer et s’il est effectivement arrivé là par piston le résultat risquerait d’être pire… et puis je ne sais pas encore de quel type de caprices il est bien capable. Autant tâter le terrain avant de se lancer dans une entreprise trop risqué.

Un sourire illuminé pour répondre à son soupire désespéré.

En fait il me fait penser à un adolescent en pleine crise qui n’arrive pas à obtenir ce qu’il veut et il m’est soudainement bien difficile de résister à l’envie de lui ébouriffer gaiement ses longs cheveux clairs. Pourtant il faut bien résister, du moins pour le moment. Toutefois, il m’étonne quand même ce gamin… il me confirme qu’il cherche bien la salle du Conseil mais vous croyez qu’il me demanderait de lui expliquer ou de lui demander le chemin ? Sérieusement à toujours tout leur servir sur un plateau d’argent et de leur coller des cuillères en argent dans la gueule sans qu’ils aient à lever le petit doigt ça leur ramollis vraiment le cerveau niveau relationnel. Franchement je pourrais très bien lui répondre « très bien, c’est gentil d’avoir répondu à ma question mais maintenant il faut que je rentre chez moi donc je te dis à la prochaine ! ». Laissez-moi rire. Cette fois c’est moi qui soupire, mais discrètement s’il vous plait – ma maman m’a bien élevé, moi – et je fais encore tout à sa place. En quelque sorte.

« Eh bien c’est très simple, pour t’y rendre il suffit de… » Et blablabla, vas-y que je me perde en explications détaillées et compliquées au possible. Et même inutiles. La mine qu’il m’affiche et qui se décompose un peu plus chaque seconde qui passent manque un peu plus de me faire mourir de rire. « Bon je vois… tu préfères que je te montre le chemin peut-être ? » Sans m’attendre à un « s’il te plait, merci », je fais déjà volte-face pour retourner d’où je viens. S’il désire vraiment accepter cette aide et ravaler un peu sa fierté il n’a qu’à me suivre, sinon tant pis et dans ce cas-là je passerais par un autre couloir pour rejoindre la sortie. C’est ça qui est pratique avec les constructions immenses avec pleins de couloirs, c’est qu’il y a plein de chemins qui mènent au même endroit et donc… on peut fuir plus facilement un assaillant indésirable.

S’il savait… que je profite justement du dédale monstrueux que représente le palais impérial. Que même si je n’en connais qu’une infime partie, j’en connais suffisamment pour emprunter le chemin le plus long sans revenir sur une chemin déjà emprunté et qu’il y a donc peu de chance pour qu’il le mémorise aussi rapidement. Je sais c’est bas, c’est vil mais c’est tellement amusant. Et puis ce n’est pas comme si je lui causais publiquement du tort. Non c’est juste qu’il lui faudra redemander son chemin la prochaine fois ou alors se montrer plus poli et franc – c’est surtout ça en fait. D’ailleurs… je me demande pourquoi il veut se rendre à la salle du Conseil alors qu’elle est sans aucun doute fermée étant donné que la réunion est achevée. N’aurait-il pas plutôt dû avoir un entretien avec Sa Majesté ? Boah je me garde bien de lui faire la réflexion pour l’instant mais néanmoins il faut bien que je m’occupe le temps de faire tout le trajet.

« Dis-moi… on t’a déjà expliqué en quoi consistait ton travail ? »


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Ash B. MillefioreConseil Responsable Prison - Ash
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MessagePosté Mar 3 Jan - 22:46

Il y a un moment pour la défaite. Et on ne le voit jamais à temps

Tu l’écoutes, les sourcils froncés, la consternation s’étalant sur ton visage. Quelque part, tu le mérites peut-être mais comment retenir tous ce parcours qu’il te décrit ? Il semble s’en amuser et c’est ce qui t’irrite le plus mais tu ne peux rien dire, rien faire, si ce n’est l’écouter et écarquiller les yeux, face à sa proposition. Tu vois son dos se tourner, tu le vois commencer à avancer, décider à continuer son propre chemin, que tu le suives ou pas.

Ash serre les dents et lui emboite le pas, en essayant vainement de mémoriser le parcours qui défile devant ses yeux. Le mauvais pressentiment ressenti depuis le départ s’accentue mais le choix ne lui est plus donné. Il n’y a plus qu’à suivre cet inconnu, qu’à se faire à l’idée de son impuissance et à ravaler sa fierté. La force de l’habitude est grande face aux jours qui revêtent une nouvelle apparence et Ash n’a jamais réellement su se fondre dans ce qui changeait.

Tu te dis que c’est vrai, tu en as toujours été incapable mais Ash le pouvait lui, oui, à chaque situation, il arrivait à s’adapter, il s’attirait la sympathie de tous, en gardant son air fier et noble, en offrant un visage respectable et souriant. Tu le jalouses maintenant plus que jamais, parce que tu le sens, même pour la suite, lui, aurait été à la hauteur et toi, tu ne fais que jouer à la poupée, tu ne fais que recopier le lui d’avant, sans succès, en le teintant des ténèbres de la haine et de la mauvaise foi. Il y a tout un monde que tu ne contrôles pas, un royaume où il était le maitre et où tu n’es qu’un pion de plus, parce que tu ne peux jamais vraiment te l’approprier. C’est douloureux à voir, tu te pensais à la hauteur mais tu te rends compte que ce n’est pas suffisant. Qu’à cela ne tienne. Tu changeras l’image qu’on aura de lui. Tu souilleras son nom, parce que personne ne saura que c’est toi, non, non, alors tu peux te le permettre.

Une question, qui l’arrache à ses pensées. Ash relève la tête, observe son guide improvisé. L’envie de lui dire de se mêler de ce qui le regarde l’effleure un instant mais s’enfuit tout aussi vide. S’il se mêlait de ce qui le regardait, il ne serait pas là à lui montrer son chemin… Mine de rien, la reconnaissance était là, même si ses lèvres n’arrivaient pas à s’ouvrir pour articuler un merci.

« Dans les grandes lignes. Je n'ai jamais réellement eu de contact avec les prisonniers, mon expérience dans l'armée se résume surtout à la Garde Impériale.» Un murmure, à peine. S’étendre sur quel sujet que ce soit n’a jamais été son fort et Ash observe l’inconnu du coin de l’œil. Avant de réaliser que son identité lui échappe, complètement, de la même manière que sa fonction, son rôle. Ses yeux se plissent un peu et son cerveau tourne à plein régime. Avant que la lassitude n’assombrisse à nouveau ses traits et que la décision ne s’impose.
« Oh, je manque à tous mes devoirs… » Un sourire, une nouvelle tactique, son changement change radicalement. Le visage fin est illuminé d’un sourire aimable et poli, alors que la surface de sa peau semble rayonner d’une courtoisie qui lui va bien trop mal. Le masque en place, le puzzle qui s’emboite pour donner le paysage calme et placide d’une perfection tranchée net par ses moments de froideur. Jouer le coup autrement, même si le succès n’est pas garanti ici, au contraire. Face à ce jeune homme dont le comportement et la mentalité lui échappent totalement, le masque « Ash » n’est d’une aucune utilité. Mais il n’y a rien à perdre.

« Je suis Ash Millefiore. A qui ai-je l’honneur ? »
Une légèreté qui se perd, presque inexistante, dans le souffle doucereux de ses paroles. Son regard reste de glace, pourtant.

Tu as envie de rire, d’un air désabusé, d’un air brisé parce que tu ne peux que reproduire ces sons et ces mots, inlassablement. Tu ne reconnais pas grand-chose, tu as l’impression de n’avoir aucun repère ici, et c’est vrai. Dans cette nouvelle vie, face à cette nouvelle existence que tu deviens, il n’y a pas d’autre choix si ce n’est de se voiler la face et cacher ce qui doit l’être. Sourire, haïr. Obéir. Alors tu es là pour ça, t’habituer, voir un peu ce terrain qui t’échappe. De tes propres yeux. Sans le reflet qui t’obsède.


Et puis, tu n’as jamais pu gagner les face-à-face…

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A. Belial CheshireConseil Gardien de la Fleur - Lial

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MessagePosté Mar 3 Jan - 22:46

Quelque chose me gêne terriblement dans la réponse qu’il me rend... Non seulement il est terriblement jeune pour un tel poste – autant le mien est tout de même très simple et je suis bien conscient qu’excepté répéter tout être à recruter d’urgence pour l’armée ou à l’inverse potentiellement dangereux il ne représente pas plus de responsabilité que ça alors que responsable de la prison... ça doit être une pression monstre surtout dans l’état actuel des choses sans compter le trauma que doivent certainement entrainer les interrogatoires – mais en plus on ne lui a presque rien expliquer ?! Soit il me ment soit il ne sait vraiment pas ce qui l’attend et comme si cela ne suffisait pas il n’était même pas un vrai soldat, enfin je veux dire par là qu’il ne connaissait même pas les combats du front ou peut-être même les vrais combats tout court. Se démarquer lors des entrainements dans une base militaire sans risquer de mourir pour de vrais, ce n’est pas la même chose que de faire face à de pauvres hères crevant la faim qui se battent contre tout un système politique. Et lui il est en plus de ça si chétif et si petit... nah mais sa mère a fait quelque chose avec Ilyan ou quoi ? Ou alors sa sœur... Me regarder pas comme ça ! Ce gosse a quand même pas pu avoir ce poste juste comme parce qu’il était bon, y a vraiment anguille sous roche. Enfin je trouverais bien ce qui a tant plu avant la fin de notre balade.

Revenons en à cette balade justement. Il serait peut-être tant de la terminer, surtout que je commence à épuiser toutes les possibilités et que je serais bientôt contraint de reprendre un couloir déjà emprunté. Ce qui lui mettrait la puce à l’oreille... sauf s’il est débile. Je pourrais tenter de vérifier cette hypothèse, ça pourrait être amusant mais bon j’ai pas envie de jouer avec le feu, il peut quand même avoir quelque chose dans la cervelle ou être un minimum observateur – et puis sinon je sais pas comment il pourrait faire pour retenir l’espèce de chemin que je lui ai montré – donc je préfère m’en tenir là pour l’instant et mettre à l’épreuve sa matière grise autrement dans un meilleur moment.

Mais une chose est certaine, ce type est pas marrant... Pourquoi fallait-il qu’il se présente maintenant ?! Moi qui comptais le laisser se triturer les méninges jusqu’à la prochaine réunion à essayer de savoir qui je suis... oui c’est sympa de connaître son nom mais bon j’aurais pu attendre, moi, c’est pas comme si j’avais intensément eu besoin de le savoir tout de suite. Surtout que cette façon d’insister sur la politesse ne me plait pas des masses... je sais pas ce qu’il cherche à faire mais... c’est vraiment un sale gamin. Ou comment coller une étiquette au petit nouveau. Quelque part j’ai envie de lui mentir et de le mener sur une fausse piste mais à quoi a servirait puisqu’il apprendra de toutes façons les informations dans la dite réunion justement. Puis pour faire quoi après ? Lui dire que c’était une espèce de bizutage de bienvenue ? Non l’amusement ne serait que moindre au final, c’est donc bien inutile. Et faire mine de ne rien entendre est tout aussi stupide, par conséquent je n’ai pas vraiment le choix : « Mon nom est Belial Cheshire. »

Une pensée me traverse l’esprit... Si tu entends un « Liaaaaaaaal » retentir à travers les couloirs suivi d’un bruit ressemblant à une course d’éléphant, c’est pour moi. Mais bon, il n’a pas besoin de savoir ça, il se fera très vite renverser par la tornade rousse assez rapidement à mon avis s’il reste dans le conseil. Par contre... je me demande s’il s’envolera... vu comment il est tombé à la renverse quand je lui suis rentré dedans, son équilibre doit être assez mauvais au final. Minute papillon... c’était soldat ça ? Aie aie aie...

Je décide également de ne pas présenter ma fonction. De toute façon il ne me l’a pas demandé, et puis si on lui a à peine expliquer en quoi consisté son travail je ne suis pas certain qu’il comprendrait le mien, sauf s’il est doté, information que je ne possède pas encore. Donc dans l’immédiat je n’ai pas envie de me reperdre dans des explications compliquées puisque je lui ai déjà fait le coup tout à l’heure. Et puis nous sommes arrivés devant la porte de la salle du trône. Et un arrêt complet sans crier gare, un. « Là c’est la salle du trône. Tu peux pas la louper, c’est la seule qui a des portes de cette taille. La salle du Conseil est adjacente à celle-ci et le seul moyen d’y entrer et de passer par le Trône. Par contre tout est fermé donc il m’est impossible de t’emmener plus loin. Et Ilyan risque de gueuler si on traine à coté. » En réalité je sais pas comment réagirait le grand patron puisqu’on a jamais eu une telle situation avant. « D’ailleurs méfies-toi de ce type, paraît qu’il aime bien les jeunes garçons. » Ça aussi c’est faux, tout le monde sait qu’Ilyan ne craque que sur les jolies filles mais lui il ressemble tellement à une fille avec ses traits fins que c’était une remarque à faire. Un dernier sourire. « Bon t’as encore besoin de quelque chose ? T’arriveras à retrouver ton chemin la prochaine fois ? Sinon demande aux servants, au lieu de te perdre complètement. »

J’entends d’ici une voix familière qui me dit que c’est vilain de se moquer des nouveaux... mais c’est tellement divertissant.


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Ash B. MillefioreConseil Responsable Prison - Ash
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MessagePosté Ven 27 Jan - 11:56


Les mots, tranchant. Sa patience s’effrite. Il est temps de tourner la page.


Nom. Fait. Position. Inconnue. Rôle. Chieur. Comportement. Te donne envie de hurler. Tu coches systématiquement le tout dans ta tête, le regard dans le vague. Il FALLAIT que tu tombes sur ce type-la. Vraiment. Ç’aurait pu être une aimable servante, un vieil intendant. Qui ne seraient PAS moqués de toi. Mais non, tu décroches haut la main la palme de la malchance et lui, celle du foutage de gueule en règle, comme on dit. Tu n’emploies pas ce genre de termes mais ce garçon t’irrite curieusement et ses remarques moqueuses n’améliorent pas plus la situation. Tu as envie de lui demander un « Et qui est donc cet Ilyan ? » sarcastiques mais tu te retiens. S’il te prend déjà pour un imbécile, le confronter dans son opinion ou le détromper ne t’intéresse pas plus que cela. Tu espère vaguement que tu n’auras plus rien à faire avec lui. Bien sur. Mais tu ne comptes pas tellement là-dessus, en fait. Tu as l’impression que tu vas l’avoir dans les pattes à partir de maintenant et aussi réjouissante que soit l’idée… et bien ça ne te réjouit pas, en fait. Preuve à l’appui.

Une veine semble pulser contre son front, alors que Ash tique à sa remarque sur les jeunes garçons. Ironie du sort, hm. Vraiment, faut-il répondre à cela ? Un air mortifié passe sur son visage fin et c’est l’air presque blasé que son regard se pose sur le dénommé Belial.
« Merci de me prévenir, l’attention et touchante. »
Non non, le grincement de dents n’est qu’une hallucination auditive. Ne pas chercher à savoir si c’est vrai. Ne pas chercher à vérifier tout court ses informations, en fait. L’entrée du Conseil, toutes ces salles, il sera toujours temps de les vérifier après. Puis mine de rien, Ash a pu compter sur son aide (Même si le temps lui a paru un petit peu long. Ou est-ce un effet de son imagination ? Mieux vaut ne même pas chercher, en fait.).

Tu te retiens de hausser les épaules, à sa question, et de pousser un feulement irrité, à sa remarque. L’envie de tout simplement lui demander de ne pas remuer le couteau dans la plaie se fait ressentir mais tu pinces les lèvres, le regard dur. Tu as l’impression que tu n’arrêteras pas d’entendre parler de cette histoire, en fait, et que même si le sujet s’épuise, il aura vite fait de trouver un autre terrain où mettre tranquillement tes nerfs en pelote. Alors oui, tu es quelqu’un de calme et de patient, certes. Mais les limites se dessinent et tu demandes combien de temps tu pourras tenir avant de craquer, d’une façon ou d’une autre. Les mauvais langues diraient que tu as les nerfs fragiles, oui. Mais il y a de quoi, dans ton cas, non ?

Que la première personne qui vit sous une fausse identité, qui ne sait pas dans quelle galère elle s’est fourrée et qui se découvre soudain un talent inné pour se perdre dans des palais, aux côtés d’un type, bien que sympathique, tout disposé à se moquer des pauvres petits nouveaux tout juste arrivés lui jette la première pierre. Aïe.
« Oui, je vous remercie de m’avoir accordé un peu de temps. » Il ne manque plus que le salut ou la pirouette là, non ? Trop en faire, c’est un peu sa porte de sortie. C’est facile, on ne risque rien. Ça jette un voile, ça coupe toute familiarité. C’est ce qui lui permet de fuir, souvent, de garder ce masque. D’être Ash. Un mur protecteur, construit patiemment. Un mur qu’il n’aurait pas approuvé parce qu’il n’était pas ainsi. Il suffirait de fouiner, de comprendre comment était le lui d’avant. Une couverture mais les pages s’effacent, se réécrivent. Se vident, parce qu’il n’y a rien, Ash a tout emporté avec lui.
« Et je ne manquerai pas de le faire, à l’avenir… » même si j’espère pouvoir me débrouiller sans l’aide de personne pour la suite, hm… « … car je me doute bien que vous avez des choses plus importantes à faire. » Comme aller d’autres cibles à enquiquiner ? Bon programme, hm. Et puises, ses commentaires intérieurs ne sont pas SI flagrants dans ses mots… Si ? Soit, ce n’est pas vraiment gênant. Tant que le rideau des convenances resté ouvert, gérer la situation est facile.

Même si tu as vaguement l’impression (doux euphémisme, hm…) que lui, n’en a strictement rien à faire. Tu as l’impression que cela continuera ainsi, en fait. Un face-à-face de tous les jours. Vous êtes trop différents, c’est indéniable et le fait que vous sembliez fréquenter les mêmes lieux te dépasse. Il faudra s’y faire. Comme pour tout le reste.

Un léger sourire fleurit sur son visage. Un de ses doigts joue avec une longue mèche dorée, l’entortille, comme si la gênait prenait possession de son esprit trop fermé. Son regard se fixe sur Belial, faussement fuyant.
« Par contre, ne pourriez-vous pas me montrer le chemin de la sortie ? Je crains d’avoir un peu perdu le fil, parmi tous ces dédales… »
Il ne manque plus que le sourire lumineux à l’appui et l’auréole au-dessus de la tête pour parfaite l’image. Une caricature, trop voyante et c’est ce qui l’amuse le plus, en fait. La comédie est à double-tranchant et jouer son rôle le plus mauvais, son innocence la plus factice est une habitude. Il n’y a rien de mieux que d’afficher des mensonges transparents, des jeux dont on peut voir les fils. Parce ce qu’on peut réellement deviner, ce que l’on jette en pâture sans crainte, les faussetés éhontées, au fond, cela signifie jongler avec le connu.


Oui mais, après ?

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MessagePosté Lun 30 Jan - 20:45

Je crève d’envie de lui tapoter la tête ou encore de lui ébouriffer les cheveux comme j’en ai toujours eu l’habitude avec les enfants de l’orphelinat ou ceux qui passent devant la Fleur. Enfin là je sais pertinemment que j’en ferais vraiiiiiment trop mais… sa petite taille, ses manières beaucoup trop polies comme s’il reproduisait bêtement un schéma enseigné par des parents trop stricts… le lien est très vite fait. Surtout avec sa petite taille en fait. Et puis bon, en tant que futur collègue… autant éviter de le vexer, on sait jamais mais j’ai la nette impression que l’humour c’est pas trop son truc. Il ne sait pas ce qu’il rate. Ce qui veut dire que la prochaine mission sera de le dérider un peu et pour ça je me donne hm… un an, ou deux. Ou peut-être trois. Je trancherais quand je l’aurais vu travailler lors d’une réunion. En espérant qu’il puisse rapidement se faire sa place, enfin nous verrons bien. Ce renfrogné de Jalender y est bien arrivé aussi, même si je me demande lesquels des deux à la pire mine de déterré.

Enfin dans l’immédiat mon « travail » est terminé et sa demande n’appuie que trop ce détail, il serait peut-être temps, effectivement, de le ramener au point de départ. Mais une question cruciale et existentielle se pose : est-ce que je prends le même chemin en sens inverse ou plutôt le bon cette fois ? La première option prendrait du temps et je ne suis pas certains d’avoir envie de répondre à plus de question, quant à la deuxième elle lui permettrait juste de voir que je me suis un peu payé sa tête – gentiment hin ! – enfin s’il se souvient de la porte par laquelle il est entré et je vu son sens de l’orientation, qui me rappelle étrangement quelqu’un tient, il y a de fortes chances que non. Bon allez je préfère ça que risquer de croiser certaines personnes, j’ai comme un mauvais pressentiment là.

« Hm on peut emprunter ce couloir-là, ça te ramènera vers une porte de sortie. » une porte de sortie pas la porte de sortie près de laquelle on s’est rencontré. Noté toute cette magnifique nuance.

Sans attendre de réponse je me remets en route, encore une fois, le laissant trottiner à ma suite. Après quoi je retournerais enfin chez moi piquer un roupillon, c’est épuisant de servir de guide en fait. Quand soudainement j’entends un martèlement rapide, comme étouffé par quelque chose, comme… un bruit de course amorti pas la moquette du palais. Oh mince… On ne devrait pas tarder à tomber sur un couloir latéral, avec un peu de chance on –je– devrait pouvoir m’en sortir.

« Belinouuuuuu ! Atteeeeeeends-moiiiiiii !! » Ou pas. Et je ne peux quand même pas faire semblant de l’ignorer vu la force avec laquelle elle s’égosille. N’ayant même pas le temps de faire un demi-tour complet voila la furie qui m'atterrit déjà en pleine face, comme d’habitude, nous faisans tomber à la renverse, comme d’habitude toujours. Si Ash n’a pas fait huit fois le tour de lui-même avant de tomber sur les fesses après avoir subit le passage de la tornade orange je veux bien cesser de l’enquiquiner pendant une semaine.

« Kay’… j’étouffe… » Elle se relève, encore une fois j’échappe à la mort de peu.
« Tu n’aurais pas vu Lorcan dis ? Je sais pas où il est comme il a dû encore se perdre et il faut que je le ramène à la cuisine. » Elle marque une pause d’une microseconde, ayant aperçu mon compagnon d’infortune. « Ooooh c’est qui ? Un nouvel ami ? Tu me présentes ?! »
« Ash, le nouveau du Conseil. Kayleigh mon amie d’enfance et intendante du palais. »
« OH ! Un nouveau collègue pour toi et papy ! D’ailleurs… PAPY TU TRAINES ! »
Nom d’une pipe en bois, on a tiré le jackpot. Enfin au moins Ash pourra faire connaissance avec l’éminence du conseil, ça sera une bonne chose de faite.
« Mais non Poupette je suis juste derrière toi… oh qu’est-ce-donc que cette petite demoiselle. » C’est là qu’il me remarque. « Mais tu étais là aussi mon garçon ! C’est ta nouvelle copine dis-moi ? » Je sais pas pourquoi mais sa question stupide manque d'enthousiasme.
« Mais non ! C’est le nouveau du Conseil ! Ash Millefiore… » Me retournant alors vers l’intéressé. « Voici Altaïr Van Stryfe, l’ingénieur en chef et le plus ancien du Conseil. » Et à nouveau à l’intention de l’ancêtre. « D’ailleurs je le raccompagnais à la porte de sortie, donc on va vous laisser. »
« Restez donc un peu avec nous, j’ai envie de faire connaissance avec ce jeune homme. Et il faut donner un coup de main à ce pauvre Lorcan, deux personnes de plus ne feront pas de mal. »

On est… mal.


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MessagePosté Lun 6 Fév - 18:02

Brisées. Ses paroles bien huilées, ses masques désenchantés.


Tu clignes des yeux. Bêtement. Le sol est froid, douloureux et tu te relèves tant bien que mal en chassant une poussière imaginaire de tes vêtements. Ton regard reste fixé sur la jeune femme et l’envie de hurler ne te lâche pas. Tu as réussi à te perdre dans le palais, très bien. Tu as pu t’en sortir grâce à un type qui semble allègrement se moquer de toi, encore mieux. Tu espérais avoir fini, pour revenir chez toi mais à la place, cette jeune femme vous est purement & simplement tombée dessus. Parfait. C’est vraiment tout ce qu’il te fallait et tu t’empêches de soupirer d’un air fatigué et de masser tes pauvres yeux. Tu ne rêves pas là, un mal de crâne vient de se pointer aussi, non ? Merveilleux.

Un sourire confiant et vaguement amical (il ne faut pas trop en demander) en place, Ash murmure un « Enchanté mademoiselle. » quelque peu médusé. Elle a quelque chose de vif, que ce soit dans sa physionomie ou dans sa manière d’être. Un je-ne-sais-quoi-d’impossible à imiter, qui lui aurait fait envie, avant mais qui comprime un peu sa poitrine, maintenant. Juste assez pour que son regard se fixe un peu plus que nécessaire sur Kaleigh.

Intendante du palais. Grimace retenue. Ça veut dire… que tu vas la croiser ? Clignement d’œil. Soit. Mais encore ?

Un rire nerveux manque de franchir ses lèvres. Un collègue. Un collègue. Un collègue. Un COLLÈGUE ? Son regard passe de la jeune femme à Belial, plusieurs fois de suite, interdit. Ses yeux lui en feraient presque mal et résister à son envie de tout simplement s’en aller en courant, en ne remettant plus jamais les pieds ici, devient de plus en plus difficile. Un coup d’œil hésitant est jeté à son guide improvisé et ses lèvres sont pincées.

Tu aurais dû t’en douter. Peut-être. Mais quelque chose te dit qu’il a sciemment évité de t’en parler. Sans blague ? Tu serres un peu le poing, l’irritation se peint sur ton visage. Mais tu la chasses bien vite, même si c’est suffisant pour qu’il le remarque, pour qu’il en comprenne la raison. Parfaitement dosé. Tu crains le pire, vraiment.
« Vous ne m’aviez pas dit que vous ét… »

Le beuglement parfaitement raffiné et élégant de Kayleigh l’empêche de poursuivre sa phrase et ses oreilles semblent siffler. Le choc de tant de douceur et de discrétion, sans doute.
Les bruits de pas font relever son regard – faut-il vraiment qu’ils soient TOUS si grands ? sérieusement ? est-ce une conspiration ? un complot ? le but est-il de faire fuir tous les nouveaux arrivants avant même qu’ils n’aient le temps de prononcer « OSEKOUUUR ? » – vers le nouvel arrivant. Bien bien, son salut tout ce qu’il y a de plus formel n’a pas le temps de franchir ses lèvres que l’impression d’être poignardé en plein cœur se fait sentir.

1000 points pour Papy et tu t’empêches de te mordre le poing en un geste désespéré. Tu te dis que tu auras eu droit à tout, vraiment et qu’on ne t’aura rien épargné aujourd’hui. Le pire est sans doute de te rendre compte, lucide, que ton quotidien ici risque vraiment d’être animé par ces personnes que tu apprendras, avec effroi, ne le cachons pas, à connaître. Tu ouvres la bouche pour protester (« Je ne possède pas d’ovaires, veuillez m’excuser. » sonnerait-il mieux que « Mais c’est QUOI votre problème ? Je suis un MÂLE ! » ?) mais tu n’as pas le temps de vraiment te prononcer puisque Mr Le-guide-sournois-qui-t’a-honteusement-caché-sa-fonction-le-tout-pour-se-moquer-de-toi-sans-doute éclaire la situation. Voilà qui est tout simplement miraculeux. Tu résistes à l’envie de t’assommer contre le mur le plus proche. Soyons raisonnables, maintenant c’est passé et rien ne peut arriver de pire, n’est-ce pas ? Tu prends courageusement la parole.

« C’est un honneur de vous rencontrer. »

Blabla.
Ce serait davantage un honneur de prendre congé mais il n’y a pas d’obligation à le dire, n’est-ce pas ? Ash commence sérieusement à douter de sa réussite à pouvoir survivre entre ces murs. Soit, une fois que tout le monde aura compris qu’il ne faut pas l’appeler Mademoiselle, qu’il n’y a pas besoin de bousculade, que ses oreilles sont parfaitement performantes et que son apparence générale est bien malheureuse, oui, d’accord mais passons à autre chose, voulez-vous ?, peut-être sera-t-il possible de travailler dans la calme. La tranquillité.

Envolés, envolés. Tu ne le savais pas, tu as presque envie d’en rire parce que ça ne ressemble en rien à ce que tu imaginais. C’est lumineux en fait, il y a des bruits et tu es la personne la plus cérémoniale dans ce lieu, pour le moment. Tu te demandes si c’était ainsi quand Ash était là, tu te demandes s’il vivait les mêmes choses, même si c’était autre part puis tu chasses tes pensées parce que Ash n’est plus là, parce que Ash, maintenant, c’est toi et que de toute façon, ça n’a plus d’importance parce que Ash se serait directement entendu avec eux. Il leur aurait offert un de ses sourires trop grands, que tu ne comprenais pas, aurait sans doute fait un geste amical que tu ne peux esquisser et il aurait directement pu se fondre dans ce beau monde. Toi, tu restes la statue, de côté, trop rigide, froide créature qui se contente d’observer, de grimacer sous son masque. Tu es là, mais tu ne l’est pas vraiment et Ash t’a tout volé, de l'intérieur.

Une veine commence à pulser sur sa tempe, presque imperceptible et ses dents en grincent presque. Si proche de la libération… Les paroles du vi… de l’Ingénieur en Chef lui donnent des sueurs froides. Aider ? Cuisine ?

Fuir, fuir, sans se retourner. Tu ne peux pas le faire. Tu résistes à l’idée de leur faire savoir que tes doigts et tes ongles fragiles n’y survivraient pas, sourire vaniteux à l’appui mais à la place, ton air le plus impassible s’affiche sur ton visage, même si tes épaules semblent un peu voutées. Tu n’as pas envie de faire mauvaise impression. Le piège se referme et tu observes un moment Belial, ta méfiance clairement visible. Mais un coup d’œil jetée à son expression suffit à t’effrayer davantage. Même lui ne semble pas être en état de contredire les nouveaux arrivants ou de refuser. Parfait. C’est tout simplement parfait.

Une première rencontre avec le doyen du Conseil, autour d’un bol de patates à éplucher ? On ne rêverait pas mieux.
« Je… » ne peux plus gaspiller davantage de temps ici « …vous suis volontiers… » alors comprenez-le je vous prie et «… ce serait un plaisir. » LAISSEZ-MOI TRANQUILLE.

Clair, comme l’eau de roche. Sérieusement, comprendre que tu n’en as absolument rien à faire et que tu ne veux absolument pas les suivre est évident, non ? Non pas que discuter avec un autre – tu t’empêches de grogner, l’information te reste toujours en travers de la gorge… il avait l’intention de te le dire quand, exactement ? – membre du conseil soit un cauchemar en soi mais tu crains de ne pas pourvoir survivre à une personne de plus ayant la même habilité que ces trois-la à mettre les pieds dans le plat et à PRESQUE réussir à te faire sortir de tes gongs.

Niveau de compétition. Tu pleurerais presque face à leur redoutable efficacité.
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MessagePosté Ven 10 Fév - 22:02

Nom d’une pipe en bois… pourquoi avait-il fallu que l’on tombe non seulement sur Kay’ mais aussi sur le vieux fêlé ? Non sérieusement je ne comprends pas ce qu’on a fait pour mériter cela… en plus forcément maintenant il est déjà au courant que je suis également du Conseil…. Moi qui aurais voulu voir l’expression de son visage en découvrant la vérité à la prochaine réunion. Ça aurait pu être tellement amusant mais non, ces deux andouilles m’avaient coupé l’herbe sous le pied. Évidemment comme c’était cette bécasse je ne pouvais pas lui en vouloir mais ça me désolait franchement et finalement je ne sais pas trop ce que le nouveau en pense maintenant, je ne lui ai pas franchement prêtait attention avec tout ça… Faudrait peut-être que je lui demande s’il m’en veut ? Ou peut-être pas ? Enfin on verra bien mais il est toujours là, c’est l’essentiel. Ou peut-être qu’il est intimidé par le vioc ? Quelque part ça ne m’étonnerait même pas. Il faut dire qu’il est tellement… tellement en décalage avec tout ce qui se trouve au palais, en plus d’être extrêmement bruyant et déplacé. Même moi je n’aurais jamais osé faire le coup de demander à haute voix si Ash était une fille ou pas ! Bien qu’il y ait de quoi, j’ai aussi eu un doute – et je pense que tout le monde en aurait eu un – mais ça c’était vraiment mesquin et bas.

Et puis quelque part j’ai l’impression que l’ancêtre va en profiter pour nous jouer encore un de ces mauvais coups, comme lorsqu’il se démerde pour nous enfermer Kay et moi pour je-ne-sais-quelle-raison-idiote ! Non mais sérieusement… Kay et moi, on était tout le temps fourrés ensemble quand on était gosse – ce n’était pas toujours facile mais on fini par s’y faire à son hyperactivité – et je la considère toujours comme une sœur. Le premier qui me demande grande ou petite se mange mon pied dans le derrière ! Alors je ne comprends pas du tout l’intérêt de nous enfermer ensemble surtout qu’on n’a jamais eu besoin de se réconcilier vu qu’on n’a jamais été en froid ! Enfin il devait être sénile avant l’heure et les choses ne se sont pas améliorer depuis. Oh ça non, j’en vois assez lors des réunions. Enfin d’un certain coté… Ash aura déjà l’occasion d’apprendre à le connaitre et de se préparer à ce qui l’attend.

Enfin dans l’immédiat, il ne nous reste plus qu’une seule chose à faire, c’est de les suivre sans faire d’histoire et surtout retrouver ce cornichon de Lorcan. Avec un peu de chance, c’est lui que Kay ira embêter après aux cuisines et il sera plus aisé de fuir après quoi. Surtout qu’ils ne nous demander notre aide que pour cela, pas de raison de se faire prendre au piège… théoriquement.

« Ça ne sera pas plus simple de se séparer pour chercher Lorcan non ? » Personnellement je ne comprends pas l’intérêt de s’agglutiner comme des sardines pour chercher un cuistot qui ne possède absolument aucun sens de l’orientation.
« Mais pour faire connaissance, je l’ai dit pourtant. N’est-ce pas Poupette ? »
« Oui ! »
« Ça serait plus simple de chercher avant, et de faire connaissance après… » Enfin j’ai compris je parle dans le vide. Qu’est-ce que j’espérais après tout, ce type est plus borné qu’une mule et sourd quand ça l’arrange. Et c’est à ce moment là, alors que nous parcourions les couloirs un peu si on faisait une simple balade de routine en fait, que le vieux fossile se décide de chopper Ash à part et de lui tailler bavette. Le pauvre, j’ai presque pitié pour lui. Me laissant seul avec Kay qui reste coller à moi comme un oursin à son rocher – tiens ça fait combien de temps ça ? J’en ai tellement l’habitude que je ne l’avais même pas remarqué – je n’entends pratiquement rien de ce qu’il peut bien lui raconter.

J’entends juste des brides de mots. Que les membres du Conseil sont… sont des quoi ? Des jeunots qui ne reconnaissent pas sa valeur ? Encore son trip sur le respect qu’on lui doit ? Puis j’ai l’impression qu’il lui parle de son prédécesseur aussi et de tout ce que sa nouvelle fonction attend de lui… A mon avis il va forcément lui parler des séances d’interrogatoire et inventer toutes sortes de tortures toutes plus immondes les unes que les autres que l’on peut bien infliger aux prisonniers. Parce qu’il faut bien être naïfs pour penser qu’il ne se passe rien de louche là-bas mais je n’ai franchement pas envie de le voir tomber dans les pommes pour devoir le trimballer sur mon dos après – parce que forcément ça sera pour ma poire – même si quelque part ça ne sera pas bon pour lui quand il devra prendre son poste en main. Enfin bref.

Soudainement je sens l’étreinte qui serrait férocement mon bras se relâcha et là Kay se met à partir en flèche, passant entre Ash et Papy – manquant de les renverser à nouveau pour pas changer – tout en hurlant « Lorcaaaaaan-chouuuuu !! C’est là que tu te cachais !! ». Bon voila une bonne chose de faite et en plus… on n’est pas loin des cuisines. Punaise, flinguez-moi. Ce type me désespère même si je l’aime bien. Bon et on doit le ramener dans les cuisines carrément, au cas où il devrait se perdre une fois de plus. Ça fait combien de marche à descendre et surtout à remonter après ? Beaucoup trop. Mais le vieux prend bien soin de fermer la marche, ce n’est même pas la peine de penser à se défiler.

« Et voila mon petit, tu es arrivé à bon port. »
Des remerciements de la part du cuisinier, Kay’ qui en profite pour voler deux-trois « petits » trucs à se mettre dans la panse et enfin on peut ressortir de cet immense endroit. Mais par la porte de service cette fois. Et c’est après une bonne vingtaine de mètre que… mince je crois qu’on a paumé quelqu’un.


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MessagePosté Sam 11 Fév - 17:06

Confusion, sans retour en arrière. Sous les protestations et les cris muets.


L’écouter parler. Hocher la tête en faisant semblant de s’intéresser un minimum à la conversation – mais était-ce vraiment une conversation ? Ash aurait plutôt misé sur un long monologue ennuyeux où la seule conclusion pour son esprit fatigué était « Individu à éviter de toute urgence et à ne surtout pas croiser dans l’avenir » – et marmonner quelques « Oui », « Bien sur » et « Je comprends » pour faire comme si on suivait un peu. Non, vraiment, la malchance frappait de la pire des façons et avec cette journée, son quota de mauvais évènements devrait être dépassé pour quelques bons mois. Voire une année, si tout continuait dans ce sens. Un soupir et son visage s’éclaire un peu en avisant un garçon blond qui a tôt fait d’être accaparé par une Kayleigh – et une victime de plus, une… sérieusement, était-ce son imagination ou cette fille était intenable ? – plus motivée que jamais.

Tu essaies de ne pas trop montrer que tout ça t’ennuie et que tu veux partir. C’est sans doute un cuisant échec mais on t’oublie un court moment et cela t’arrange. Les portes de la cuisine grandes ouvertes, tu regardes à peine autour de toi, concentré à suivre le petit groupe. Fallait-il vraiment que vous soyez tant pour cette tâche ? Tu ne pouvais qu’être d’accord avec Belial, cette fois-ci mais tu ne l’aurais jamais avoué à voix haute. Petit ressentiment, sans doute. Une vérité cachée, ça ne s’oublie pas et peu importe si, concrètement parlant, tu n’as rien demandé. L’impression de trahison, aussi minuscule soit-elle, te reste en travers de la gorge.

Le soulagement se lit sur son visage quand Ash réalise que c’est fini et qu’ils vont probablement s’en aller, maintenant et que rien n’empêchera son retour à la maison où il n’y aura personne pour s’amuser à ses dépends et l’entrainer n’importe où avec des raisons futiles. Se perdant dans ses rêveries, son regard ne capte pas la silhouette légèrement menaçante dans son dos, ni la main qui l’entraine d’un geste brusque dans les cuisines, sans qu’un son ne puisse sortir de sa bouche.

Et tu vois les portes se refermer devant toi, en retenant à grand-peine une envie de pleurer de rage. Maintenant, il va se passer QUOI ?

……………………………………………………….

Éplucher. Des pommes de terre.

«Tu espérais te faire la malle, hein ? On n’échappe pas aussi facilement à son travail ! Allez, plus vite que ça ! »
«Vous vous trompez. »

Tu le répètes, pour la cinquantième fois sans doute. Alors oui, tu portais des vêtements étrangement semblables à ceux des employés (L’étoffe de ton ensemble gris n’est évidemment pas la même que ceux des serviteurs et sa coupe impeccable n’est clairement pas comparable à la leur mais comment le lui expliquer, vraiment ? Surtout qu’il faudrait éviter qu’il ne te touche. À tout prix.), oui, tu sortais des cuisines mais NON tu n’as en aucun cas cherché à esquiver une tâche ingrate.

« C’est ce qu’on verra ! En attendant, tu peux continuer ce que tu as à faire et un peu mieux parce que ce que je vois là n’est absolument pas présentable. »

Évidemment, quand on n’a jamais fait ça de sa vie. Argument imparable mais que l’homme ne comprendrait sans aucun doute pas. Ash s’est fait une raison, déjà, même si l’envie de planter le petit couteau dans la grande main qui traine innocemment sur la table devient de plus en plus forte. Il faut se convaincre de tenir le coup, de se montrer calme et de lui faire entendre raison. Voilà. Pourquoi faut-il que son statut soit encore inconnu et qu’il n’y ait rien sous la main pour confirmer son appartenance au Conseil ?

Tu ne lui as évidemment pas présenté les choses comme telles mais tu n’aurais jamais pensé qu’on puisse confondre les servants et les personnes extérieures au palais. Triste vie. Tu jettes un coup d’œil torve à l’amoncellement de pommes de terre devant toi et résistes à l’envie de mettre en pièces ton tablier. Parce que tu te retrouves avec un tablier, les mains plongées dans l’eau froide à devoir travailler. Ta prédiction s’annonçait juste, à la différence que tu n’as la compagnie de personne pour t’aider dans cette tâche délicieuse. Tu te demandes un moment si hurler à l’aide pourrait t’aider mais tu te renfrognes et repousses cette idée. Ta fierté a beau être au plus bas, un appel au secours la réduirait à néant.

Ah dur dilemme. Ash résiste à l’envie de se donner une baffe pour se remettre les idées en place et à en faire de même sur l’employé qui regarde toujours dans sa direction, l‘air féroce.

«Ecoutez, je vous le répète pour la dernière fois, je… »
«C’est toi qui vas m’écouter, blondinette ! Ou tu travailles ou tu finis à récurer les toilettes, c’est toi qui vois ! »

Blocage. Tu serres les dents, les yeux fixés sur tes mains qui ont attrapé une pomme de terre sans grand enthousiasme. Éplucher. Essayer. Une énorme couche tombe dans le grand saladier et tu essaies de prendre un peu plus de peau et moins de chair. Tâche bien ardue à vrai dire et tu regardes, l’air crispé, la minuscule petite boule que tu as obtenue.

Un soupir, à nouveau. Que quelqu’un l’aide à se sortir de là…

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MessagePosté Mar 20 Mar - 21:31

Des pas dans les couloirs, avant toujours cette impression de vide, de manque sans trop savoir si c’est important ou non. C’est vraiment bizarre, j’ai beau me dire que ça me pend sous le nez mais je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Je n’écoute même pas la conversation de Kay et de son grand-père… de toute façon je sais très bien que ça me fatiguera plus qu’autre chose, c’est toujours le cas avec ses deux là. A croire qu’ils le font exprès ou alors ils ont une espèce de faculté spéciale quand ils sont ensemble comme une espèce de drainage d’énergie. Enfin bon, moins j’en entendrais mieux je me porterais et ce n’est surement pas leur blabla qui m’aidera ou me donnera la moindre piste. Et ça commence doucement à m’agacer ce « trou de mémoire », je déteste quand mon cerveau se permet de me jouer des tours. Surtout que j’ai l’intime conviction que c’est vraiment, mais alors vraiiiiment pas compliqué. Des murmures ? Hm ?

« BELIAL ! BON SANG DE BON SOIR TU VAS M’ECOUTER OUI ?! »
Arrêt cardiaque. Ou presque. En plus j’ai manqué m’écraser contre le mur de la manière la plus… la moins digne possible. Pourquoi a-t-il donc fallu que je lui tombe dessus aujourd’hui ? Pauvre de moi. Évidemment avec tout ça je ne lui ai même répondu. C’est là que je me rends compte qu’il est à quelques centimètres de ma figure. Avec son haleine de vieille menthe. Horreur.
« On peut savoir à qui tu penses ? »
Qui ? Je ne pige pas… mais bon je crois qu’il vaut mieux lui répondre avant qu’il commence à redevenir sérieusement sénile.
« C’est simplement la réunion qui me prend la tête… » Mensonge, pas sûr qu’il gobe ça mais tant pis. « Mais vous avez perdu la tête a hurlé comme ça ! »
« Qui moi ? Mais c’est toi qui étais dans la lune ! »
« Ah… » Je ne rajouterais rien, cause perdue, excuses bidons. Altaïr tout craché. Et puis… qui, sous le nez… de simples bouts de pensées qui n’ont rien à voir ensemble mais là je commence à voir ce qui me tracasse. Où il est passé le nabo… euh le nouveau ?! « Quelqu’un a vu Millefiore ? »
« Bah… avant il était là… maintenant il y est plus. » Merci Kay.
« Il a du partir et rentrer chez lui… sans dire au revoir ! Le petit ingrat ! » Un peu mieux mais c’est toujours pas ça. « En même avec un physique pareil ça ne m’étonne même pas ! » Sans commentaire.
« Ce n’est pas possible, on est sorti de la cuisine par l’autre porte, il ne connait absolument pas cette aile du palais. Il a forcément dû se perdre. » Ou alors… rester dans la cuisine ! « Je crois savoir où il est. Je vais le chercher et je vous rejoins plus tard ! » Ou pas. Pour l’instant j’en profite surtout pour filer vite et loin. Ça me peine pour Kay mais j’ai aussi mes limites.

C’est à grandes enjambées que je retourne par mes pas, rejoignant donc les cuisines à grande vitesse. Jusqu’à ouvrir la porte à la volée, sans autre forme de procès, et… découvrir un spectacle que même dans mes rêves les plus fous je n’aurais jamais pu imaginer. Un noble pelant des patates. Sans broncher. Pendant quelques secondes je reste là, sans boucher, à fixer la scène de la manière la plus étonnée qui soit. Avant de ricaner dans mon coin – même si c’est du se retenir, je ne suis pas certain d’être discret mais tant pis. J’ai envie de me rouler par terre et hurler de rire tellement c’est atrocement et inhumainement risible. S’en est trop même pour moi.

Arrivant enfin à me calmer, bien qu’ayant maintenant mal au ventre. Je me dirige vers le chef de cuisine, facilement reconnaissable et l’interpelle.
« Hm Chef, je crains que vous n’ayez fait une toute toute petite erreur. » C’est vrai qu’il est petit vu de loin… non c’était pas fait exprès je le jure !
« Pardon ? »
« Eh bien vous voyez le jeune homme là bas ? » Désignant Ash d’un coup de tête. « C’est le nouveau Conseiller… en fait. »
Je crois que j’ai rarement vu le visage d’un homme se décomposer aussi rapidement et d’une manière aussi glauque. Puis il file vers ce pauvre Ash et se repend en excuses. Il doit mourir de honte le pauvre et cette andouille de Lorcan ne se doutait de rien ? Bah il est passé encore où lui ? Enfin j’essaye encore de me retenir de rire et masque mon expression du mieux que je peux mais ça… ça va rester dans les annales, ça vous pouvez me croire. Enfin il est temps de ramener ce pauvre malheureux à la sortie comme il le souhaitait.

« Viens j’te ramène. » lâchais-je en allant enfin à sa hauteur.

Mais je suis pas certain que son « premier jour » lui ait fait bonne impression étrangement…


Silent land erase my thoughts
I wanna lose myself in you, all in you
caress me and my soul
while I close my eyes

- Rhapsody ♣ Wings Of Destiny -
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Ash B. MillefioreConseil Responsable Prison - Ash
▌ FLEURS ENREGISTREES: 17
▌ INSCRIT(E) LE: 03/08/2011

MessagePosté Lun 9 Avr - 18:48

Fin du cauchemar. Encore faut-il se réveiller et voir les débris, derrière soi.


Honte cuisante. C’est le pire, sans doute. Le regard et les excuses de l’employé n’arrivent même pas à arracher un sourire mauvais à Ash, qui hoche simplement la tête d’un air consterné. Ses poings se serrent légèrement et son visage reste aussi impassible que possible. Un presque exploit, compte tenu de la situation. Mais la dernière phrase du chef, dite sans doute pour se justifier et l’apaiser un peu, est sans doute celle de trop.

« … mais c’est surtout que voyez-vous, la façon dont vous étiez habillé et votre attitude. »

Blanc. Silence. Tu clignes des yeux, lèves la tête pour le fixer, l’air d’un coup beaucoup moins absent. A son regard qui change, il comprend qu’il vient de dire quelque chose qu’il ne voudrait pas dire et tu lui offres ton plus beau sourire. Même si un peu tremblotant. Comme si tu te retenais de lui envoyer ses pommes de terre à la figure. Il n’y a pas de comme, en fait. Si tu prenais juste la peine de chercher le bol rempli d’eau et de le renverser dans sa direction, nul doute qu’il ressentirait peut-être un dixième de la honte que tu as ressentie. Au maximum. Mais tu n’as pas l’habitude de ces méthodes de barbare.

« Auriez-vous quelque chose à redire à ma tenue? »
Silence éloquent. Ash continue, imperturbable. La voix basse, dure.
« Et peut-être, dans mon attitude, auriez-vous confondu mes mises en gardes avec des mots se rapprochant des excuses et des acquiescement? »

Rougissement. Ash s’empêche de ricaner. Ce n’est pas suffisant, évidemment mais sa rage se retrouve un peu calmée. Juste un peu. Sa nuque lui fait mal quand il faut relever la tête pour observer Belial, qui arrive à sa hauteur. S’empêcher de grogner et de le mettre en garde pour qu’il ne dise rien. Voilà. Parfait.

« Vous n’êtes pas obligé de commenter. »

Ah. Trop tard. Soit. Tu marmonnes vaguement un « merci », l’air absolument mortifié. Tu n’oses pas croiser son regard puisqu’il ne manquerait que ça, une étincelle de moquerie supplémentaire pour définitivement enterrer toute ta dignité. Ah ? Il t’en reste encore ? Cela reste à prouver…

.......................................


Ils sortent, Ash respire de grandes bouffées d’air pour se calmer. Son regard peut à nouveau rencontrer Belial sans ressentir la brûlure cuisante de la honte. Voilà, c’est mieux. Leurs pas résonnent dans le couloir.

« Merci pour la visite et… Le reste. »

Ton regard avise une porte que tu identifies clairement comme la sortie. Tu pourras t’en tirer sans perdre la face, cette fois. Un regain de chance, après toutes ces galères ? Pense au karma…

Légère inclinaison de la tête, petits pas. Et là. Le drame. C’est surement une dalle rebelle qui décide d’un coup de lui pourrir la vie. Il n’y a pas d’autre solution. Alors oui, la pierre est restée lisse et statique. Mais il y a forcément une force mystérieuse qui fait que son pied dérape et que tout son corps suit le mouvement pour rencontrer à nouveau le sol. Pour la troisième fois, semble-t-il. Y a pas à dire, aujourd’hui, le sol semble l’aimer.

Fin de la pièce. Chute de la honte. Une vraie tragédie. Rideau pendant qu’il en est encore temps ?


Tu te relèves, le rouge aux joues. Sans demander ton reste, l’air impassible alors que ton pas est claudiquant. Magnifique première impression. Et une rencontre close de la plus belle des façons. Tu marmonnes vaguement un « Nous nous reverrons sans doute après. » plein de hargne. Tu te tiens la tête. Ton cerveau est une bouillie infâme, à ce stade.

L’air frais lui caresse le visage et Ash retient un soupir de soulagement. Avant de bloquer.

Avec tout ça, se rappeler le chemin est totalement impossible…


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