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| | Dans une maison où il y a un cœur dur, n’y a-t-il pas toujours un vent glacé? {PV Soul ♥ | |
| | Auteur | Message |
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Pandora H. Earlstreim
▌ FLEURS ENREGISTREES: 152 ▌ INSCRIT(E) LE: 26/03/2011 ▌ ÂGE: 19 ▌ LOCALISATION: A proximité d'un hérisson volant It's showtime, let's Rock!▌ POUVOIR: // ▌ DE QUEL CÔTE?: Empereur ▌ RELATIONS: |
 | Posté Mer 10 Aoû - 13:40 | |
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Batailles éphémères, défaites amères. Dans les secrets de songes se trouvent tapies les faiblesses qui dévorent. « Oh ! Je suis désolée, je ne voulais pas… »Elle bégaie, elle s’excuse. Elle détourne les yeux de la vision de sa peau meurtrie, efface de son champ de vision les cicatrices qui marquent la peau délicate de ses épaules. Pandora ajuste la robe de chambre qui ne la couvre pas suffisamment, digne. Avant de lui lancer un regard glacial. Avant de s’approcher d’elle, de l’inspecter des pieds à la tête. Avant de finalement se détourner, à la fois satisfaite et déçue. Son regard s’égare par la fenêtre entrouverte. Le ciel est gris, gris perle, gris terne. Parfaitement approprié. « C’est la première fois que je vous vois dans la maison. Apprenez à frapper, avant d’entrer. Je ne veux pas que cela se reproduise. »La servante rougit, gênée et hoche docilement la tête. Ses yeux curieux ne peuvent s’empêcher d’effleurer la chevelure argentée, le maintien trop raide, les poignets délicats qui dépassent du vêtement. Elle n’ose pas croiser son regard mais ses yeux interceptent à la dérobée une ride de contrariété sur son front, un plissement de lèvres qui indique une irritation qu’elle ne devine pas. Mademoiselle doit vraiment être furieuse qu’elle soit entrée sans frapper. Mademoiselle la déteste déjà, certainement, alors qu’il s’agit de son deuxième jour ici. Mademoiselle semble plus fragile qu’elle ne l’aurait cru, dans sa chambre trop vaste, devant son miroir trop grand. Mademoiselle attend une réponse. « Cela n’arrivera plus. »Elle essaie de garder une voix égale, d’avoir l’air plus confiant. Moins fautive. Moins curieuse, aussi. Elle ne saisit pas la raison de sa présence dans la chambre à cet instant, ne comprend pas l’agacement mêlé de curiosité et d’impatience qui émane de la maitresse des lieux. Elle ne rêve pas, son regard s’égare trop souvent vers l’horloge murale. Sa nervosité semble croissante à chaque instant. Et elle n’ose pas briser le silence qui suit, la laisse se perdre dans ses pensées, peu réjouissantes au vu de sa mauvaise humeur visible. L’ordre, caché sous la politesse et l’aimable invitation. Il joue sur leurs rôles avec dextérité, alterne à la perfection le supérieur intraitable et les formules qui sont de mises. Il ne lui laisse aucun choix et elle aurait envie de refuser, par défi, par provocation, si seulement… Si seulement. Sa curiosité est piquée au vif et elle relie ses paroles avec cette femme. Elle a envie d’en savoir plus. Elle ne veut pas manquer une occasion de pouvoir percer cette carapace dont les failles continuent à lui échapper. Elle ne craint pas d’entrer en territoire ennemi, dans une maison où il régnerait en maître. Ne vit-elle pas cela à chaque journée de travail ? N’a-t-elle pas l’habitude de voir ses propres volontés écrasées, opprimées, sous la satisfaction de cet homme à toujours la rabaisser ? Sourire.
« Décliner ne m’effleurerait pas l’esprit, Commandant. Après tout, je ne vous vois que trop rarement. » Elle détourne légèrement le regard, faussement pensive. Garder la face. Masquer sa surprise, ses yeux écarquillés. Ne pas rentrer dans son jeu en s’offusquant de sa familiarité, accepter cette contrainte en espérant en savoir, plus, toujours, pour arriver à former les bases de ce qu’elle pourrait penser de lui, vraiment. Hors des batailles, des bureaux sévères et froids, loin de l’uniforme de rigueur. Quelle ironie. Elle sait que là-bas, ce sera pire, encore.
« Au plaisir de vous revoir… » Et d’arriver à enfin virer cette impression de visage, d’arriver une fois pour toutes à faire taire votre voix agaçante.
Départ. Son sourire s’agrandit, sans qu’il ne la voie. La prochaine manche viendra plus tard.« Pourquoi restez-vous plantée là sans rien faire ? »Sa voix froide et coupante fait sursauter la pauvre servante, qui voudrait balbutier que c’est Pandora qui était perdue dans ses pensées et qu’elle-même n’attendait que son ordre. Elle s’avance vers elle, en cachant la légère colère qui commence à l’envahir. Cette femme n’a-t-elle donc aucun respect pour autrui ? Va-t-elle devoir travailler indéfiniment sous ses ordres ? Quelle calamité… « Je suis à votre service. Seulement, il faudrait que vous me disiez ce que vous désirez. »Affrontement de regards. Pandora finit par sourire, amusée et se penche vers elle. Recul. Un mouvement qu’elle n’arrive pas à retenir, en croisant son regard. Trop sérieux. Trop violet. La couleur est glacée, dure. Terne. Quel âge a-t-elle, cette jeune femme trop capricieuse ? Qu’attend-elle de sa part ? Pourquoi son agitation lui semble-t-elle trop naturelle, comme si son masque de froide perfection n’arrivait plus à recouvrir l’aura trouble qu’elle dégage ? Elle reste là, les bras ballants, à la regarder dans les yeux. Sans les détourner, puérilement convaincue à ne pas se laisser impressionner. « Vous m’ennuyez. Sortez de me chambre. »Sa voix tranche net et la pauvre servante en cligne des yeux, abasourdie. Elle ne comprend décidément pas cette femme et plaint déjà ses nerfs qui vont être mis à rude épreuve pendant les jours, les semaines, les mois et – si vraiment, le destin lui en veut – les années suivantes. Pandora la fixe, clairement moqueuse. Les expressions qui passent sur le jeune visage l’amusent et elle se surprend à vouloir lui donner quelques ordres contradictoires, pour voir jusqu’où elle peut aller, pour voir jusqu’à quel point elle peut garder cette patience qui commence doucement à se fendiller. Un petit entrainement, avant d’avoir à affronter un maitre en la matière. Une petite faiblesse, pour ne pas se retrouver, seule, face à un départ vers l’inconnu. Les pas qui claquent lui font comprendre que la jeune femme va s’en aller, comme elle le lui demande et les notes sèches de sa voix retentissent encore. « Vous n’oublierez évidemment pas de demander à me préparer un véhicule et une tenue convenable pour ... » un interrogatoire en règle ? une torture ? un petit thé entre amis ? « … une entrevue avec une connaissance, comme je vous l’ai demandé. »La servante se retient de faire volte-face pour lui hurler qu’elle n’en avait rien dit et qu’elle dépasse les bornes. Elle se contente de refermer la porte derrière elle après avoir hoché la tête, délicate au possible et regard meurtrier à l’appui. Et une bonne chose de faite.................................... La porte s’ouvre et elle se compose un visage un visage impassible. Elle pense furtivement qu’elle aurait du avertir quelqu’un qu’elle se trouve là, au cas où l’on ne retrouverait pas immédiatement son cadavre. Simple mesure de prudence. Le majordome s’incline, s’efface pour la laisser entrer. Attente, indécision. Elle a plongé dans la gueule du loup.
Et maintenant ? Titre - Oscar Wilde
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|  | | Soul Haptism
 « La société est comme un navire ; tout le monde doit contribuer à la direction du gouvernail. » [Henrik Ibsen] ▌ FLEURS ENREGISTREES: 44 ▌ INSCRIT(E) LE: 18/04/2011 It's showtime, let's Rock!▌ POUVOIR: No one. ▌ DE QUEL CÔTE?: Empereur ▌ RELATIONS: |
 | Posté Jeu 18 Aoû - 23:40 | |
| «Monsieur Haptism, votre manteau.»
Le regard inquiet de la demoiselle, n’échappa pas à ce gradé de l’armée. Une moue indécise anima ses traits inflexibles jusqu’à disparaitre définitivement derrière cette barrière glaciale protectrice de ses pensées. Il ne devait pas montrer un quelconque signe proche d’une marque d’affection ou de familiarité, surtout pas avec une servante. Encore moins avec celle assignée par sa mère, afin d’aider cette jeune femme à s’insérer dans sa nouvelle vie. Deux ans qu’ils « cohabitaient » et aucune amélioration. Elle n’avait jamais pu lui parler ouvertement, juste s’habituer et se conformer au rôle dicté avec soin par l’attitude méprisante de son employeur. Elle n’avait jamais réussi à s’approcher de lui, rompre la distance qui les séparait pour en découvrir plus à son sujet. Le souhaitait-elle ? Là n’était pas la question. Elle voyait clairement que quelque chose ne tournait pas vraiment rond dans leur rituel. Le commandant paraissait distrait, lui qui ne manquait pas d’émettre à chaque occasion une remarque désagréable, de prouver qu’il l’avait constamment dans le collimateur. D’une main éternellement timide, elle lui passa ses affaires, qu’il attrapa du bout des doigts, craignant presque d’effleurer la peau de l’enfant. Faisant volte-face, il ouvrit la porte de la demeure et s’arrêta sur le palier ce qui l’étonna.
« Je ne rentrerais pas. Prenez votre journée et fermez correctement la porte.»
Que se passait-il aujourd’hui ? Des bruits étrangers répondirent à cette question. Pourquoi fallait-il qu’il demeure si secret ?
***
Le crissement des graviers retentit sous ses bottes, le temps pluvieux couvrait l’ensemble de la capitale. Un mauvais présage ? Lui n’appartenait pas à cette catégorie de personnes qui fondaient leur vie sur des superstitions stupides. Il avança progressivement, se faufila entre les pierres, telle une ombre fuyante. Les minutes s’écoulaient, il parvient sans encombre à se diriger jusqu’au point désiré. A cette heure, le lieu paraissait vide. Hormis si on oubliait ces centaines de pierres qui s’accumulaient, ne trouvaient presque plus de place pour s’installer entre leurs voisines parfois encombrantes, ornées de décorations inutiles. Il fallait bien différencier la richesse des uns face à la pauvreté des petits gens. La tombe qu’il voulait voir semblait dotée d'une inscription presque effacée. Pour cause l’individu six pieds sous terre n’avait plus de famille pour l’entretenir, un constat désolant. Pourtant, il s’y rendait, alimentant cette routine, sans se lasser, mais ce qu’il désirait le plus croiser, c’était…
« Comme d’habitude vous êtes à l’heure, mon commandant. »
Ses yeux se posèrent sur les chaussures de l’homme puis remontèrent lentement jusqu’à souligner l’expression accueillante inscrite sur ce visage ridé. D’un geste élégant, l’individu retira son couvre-chef pour venir le saluer. Leur petite habitude dite secrète ne changeait pas, ils entretenaient un rapport cordial, pourquoi pas amical depuis un certain nombre d’années. Personne n’avait encore tenté d’épier leur manège, qui dans la plus grande discrétion se perpétuait à la même heure, exactement le même jour de chaque mois. Un hommage destiné à un être cher et défunt, apparemment. L’homme à la chevelure claire marchait silencieux aux côtés du plus âgé. Souvent, il écoutait sa voix, qu’il jugeait rassurante et posée, emprunte de conseils avisés et d’une certaine sagesse accumulé au prix de nombreux sacrifices. Les expressions se peignaient encore, la joie comme la douleur. Elle trahissait l’absence d’un autre, qu’il n’aurait pas voulu perdre si tôt. Ce que son compagnon ne pouvait pas saisir clairement mais respectueusement taisait plutôt que de s’empêtrer dans une série de condoléances et d’excuses répétitives.
« La pluie est apaisante, vous ne trouvez pas ? »
Elle chasse bien des douleurs. Pleine de pitié, elle efface tout, supprime la violence des combats orchestrés sur les champs de batailles ensanglantés. Il savait à quel point, en posant un regard impassible sur cette tombe fleurie symbole d’une profonde affection, qu’il était encore difficile pour cet ancien médecin de subir la perte d’un garçon qu’il avait considéré comme son fils. Un téméraire, arraché par les mains des éléments perturbateurs, ennemis officiels de l’Empire. Le venger, il n’en avait pas l’attention, la liste serait bien trop longue. Toutefois, il pouvait promettre, s’aliéner à un serment : celui de continuer à se battre, d’arrêter que le sang de ses paires ne coulent inutilement, cela seulement en mettant un terme aux agissements de ces rebelles, en les décimant jusqu’au dernier. Pour le bien de l’Empire, pour protéger ce qu’il jugeait comme cher à ses yeux…
«Veuillez m’excuser, je dois m’en aller.»
L’homme accroupit se releva, cachant le mal de ses rhumatismes et adressa un sourire réconfortant au militaire.
« Passez une agréable journée et si vous en avez l’occasion transmettez mes amitiés à Madame.»
Il n’y manquerait pas, tout en redoutant ce moment qui se rapprochait, et qu’il ne pouvait éviter…
***
Assise dans un confortable fauteuil de velours, Isaure Haptism commençait à émettre des signes d’agacement. Impensable que son fils, puisse lui avoir faussé compagnie, surtout qu’aujourd’hui, elle allait avoir l’occasion de se distraire avec l’une de ses subordonnées, de s‘intéresser au monde fermé et étrange de l‘armée. Une aventure qui promettait d’être palpitante ! Pour l’occasion, la noble n’arrivait pas à réprimer sa bonne humeur et la transmettait partout dans la maison, quitte à oublier de sermonner la maladresse de ses serviteurs -bien que cela n’arrivait que très rarement. Dans son salon personnel, elle avait pris soin d’installer ses cousins favoris, d’ajouter des vases garnis de fleurs posées sur des socles, de changer un peu la décoration, de la rendre plus lumineuse avec des rideaux à la texture fine, afin que cette dernière puisse ravir ses hôtes. Seulement, elle se méfiait du degré d’intérêt qu’ils pourraient porter à ses précautions. Après tout, les soldats restaient peu sensibles à l’esthétisme d’une pièce et au raffinement de ses présentations.
Quelqu’un toqua à la porte. Elle se releva puis s’empressa de vouloir accueillir le retardataire, quitte à lui lancer un petit sermon. Au lieu de ça, un serviteur annonça son invitée, ce qui surprit l’aristocrate cependant elle ne se démonta pas malgré sa consternation. La demoiselle avait bien dû franchir l’immense hall de la maison, s’attarder devant quelques pièces entretaillés, apercevoir le salon qui menait sur une imposante véranda, qui elle-même conduisait jusqu’au jardin, mais comme le temps demeurait frais, la dame ne se risquait pas dehors. Un escalier large emprunté conduisait directement jusqu’à ses appartements et la première porte restait celle de sa cachette favorite, où elle s’adonnait à ses activités manuelles. En voyant Pandora, elle ne put réprimer ce sourire espiègle et terriblement amusé. La demoiselle lui paraissait toujours aussi charmante que lorsqu’elle l’avait vu au bras de son enfant. Cassant la distance qui les séparait, elle salua la jeune avec beaucoup de bienveillance et de jovialité :
Je suis si ravie que vous ayez accepté mon invitation…ou plutôt l’invitation de mon fils mademoiselle Earlstreim…mais…je peux vous appelez Pandora ? Après tout nous sommes entre nous…cela ne vous dérange pas ? Je préfère vous mettre à l’aise… Son ton se voulait rassurant. D'une main gracieuse, elle lui présenta l’un des fauteuils. Asseyez-vous, je vous en prie. Isaure souleva sa robe et prit place, laissant une courte pause apparaitre, puis relevant ses yeux azurs dans ceux de son interlocutrice, elle continua -car une fois lancée, il était assez difficile de l’arrêter- Je suis assez étonnée que nos familles ne se soient jamais vraiment rencontrées pourtant, vous n’aviez pas des personnes qui travaillaient dans l’armée ? Votre famille est proche de sa Majesté ? Oh ! Et puis…je me demande vraiment pourquoi Soul ne m’a jamais parlé de vous…
On frappa de nouveau à la porte. Isaure tourna aussitôt la tête pour enfin s’attendre à voir apparaitre le commandant de la milice. Mais à son grand regret, ce ne fut qu’une servante chargée d’une immense chariot qui entra en s’excusant. Elle avait ramené toute sortes de pâtisseries, gâteaux et des boissons comme du café, thé et chocolat chaud commandées par la maitresse de maison. D’une moue boudeuse, inscrite sur ses traits paisibles, la noble s’apprêta à questionner sa domestique, jusqu’au moment où dans l'embrasure de la porte, celui qui daignait se faire attendre apparut. Pinçant les lèvres, elle plissa les yeux et décocha des éclairs dans sa direction. Le mécontentement d’Isaure restait éphémère à son contact. Incertaine au premier abord, son expression se métamorphosa, la surprise apparue sur son visage et elle ne put réprimer le sarcasme qui s’écoula d’entre ses lèvres.
« Je peux savoir pourquoi tu portes ton uniforme même quand tu ne travailles pas ? »
Considérait-elle ce geste comme de la provocation de sa part ? La mère semblait plus rancunière par rapport au fait que ce dernier ne se soit pas présenté plus tôt au domaine familial. Pour ne rien arranger à ce léger retard, il ne parla point, son regard s’était automatiquement posé sur la jeune femme qui se tenait à ses côtés. Des yeux froids et silencieux, un regard qu’elle connaissait. Faussement vexée, elle releva le menton et l’ignora pour s’intéresser de nouveau au lieutenant, qu’elle avait précédemment occulté en faveur de son rejeton.
« Au moins Pandora ne m’a pas fait attendre. J’espère que tu as eu la délicatesse de permettre à mademoiselle Sayers de t’accompagner… »
La partie venait de commencer…
Dernière édition par Soul Haptism le Sam 3 Mar - 12:55, édité 2 fois |
|  | | Pandora H. Earlstreim
▌ FLEURS ENREGISTREES: 152 ▌ INSCRIT(E) LE: 26/03/2011 ▌ ÂGE: 19 ▌ LOCALISATION: A proximité d'un hérisson volant It's showtime, let's Rock!▌ POUVOIR: // ▌ DE QUEL CÔTE?: Empereur ▌ RELATIONS: |
 | Posté Lun 22 Aoû - 19:31 | |
| Quelques pas, sans vraiment savoir si l'on avance, si l'on recule. Bouger, seulement, pour ne pas devenir statue de marbre glacé.
Son regard accroche les décorations élégantes, s’approprie un détail, un ornement, dans un clignement d’œil. Juste le temps de passer quelques pièces, d’admirer distraitement ce qui défile sous ses yeux avant que n’arrive l’échéance. Elle ne sait pas vraiment à quoi s’attendre. Court vers l’inconnu. Le mépris ne la touche plus tant il est devenu quotidien et habituel. Elle en joue presque avec nonchalance, maintenant. Mais devoir reconstruire de nouvelles bases, repartir de zéro sous la demande de cette femme la laisse perplexe et étrangement anxieuse.
Foutaises. Peut-on se permettre de baisser le masque, ne serait-ce que pour respirer, quand on pénètre dans cet endroit ? Il faut mourir, peu à peu, s’étrangler en refusant de s’abreuver de ce souffle d’air qui se refuse.
« Je ne pouvais refuser une telle offre. » Un sourire poli, un pétillement léger dans son regard lavande. Elle jauge Isaure du regard, sans savoir sur quel pied danser. Cette femme l’intimide d’une certaine manière. Elle se retrouve confuse, presque maladroite, sans vraiment avoir choisi quelle attitude adopter. Sa gentillesse et ses paroles qui se déversent sur elles sont à la fois rassurantes et nouvelles. Elle n’arrive pas à se départir de l’idée que celle qui lui fait face est la mère du Commandant, qu’elle n’a pas à jouer son rôle de soldat bien dressé ici.
Si seulement.
Une lueur désabusée passe dans son regard violine, pour vite s’échouer dans une expression plus douce. Elle a souvent l’impression d’avoir perdu l’habitude de sourire, vraiment. Son visage crispé demande libération, ses rares moments de tendresse se heurtent avec violence au fracas d’une impassibilité silencieuse. Elle n’a pas à montrer le visage dédaigneux et arrogant qu’elle adopte si souvent, ici. Pas de cette manière. Pas comme ça. Elle se prend au jeu, se dit qu’elle imagine tout trop mal, trop cruellement, qu’elle n’a peut-être pas à se méfier. Mais elle ne peut se soustraire à l’idée que tout n’est que mascarade, que le piège peut se refermer. Elle scrute le visage de son interlocutrice, comme pour y trouver un signe. Elle n’obtient qu’un sourire engageant, une invitation à s’asseoir.
« Non, bien entendu, ce serait même plus simple. » Une acceptation, du bout des lèvres. Elle caresse distraitement le bras du fauteuil dans lequel elle s’installe, sans quitter des yeux la maitresse des lieux. Son attitude étudiée convient à la perfection à cet endroit fermé et doucement trompeur. Ses yeux l’effleurent sans trop s’attarder sur elle, polie, suffisamment distante pour ne pas la gêner, suffisamment concernée pour ne pas montrer d’indifférence. Comment le pourrait-elle, de toute façon ? La curiosité bouillonne en elle, emporte toute réflexion cohérente qui pourrait expliquer sa présence ici.
Alors, elle s’engage doucement dans la conversation, détachée et charmante. Un vrai modèle, une petite poupée dressée à la perfection. Est-ce ce qu’Isaure voulait voir ? Son masque d’artifices, le visage enlaidi et détruit d’une femme qui ne se dévoile pas, qui feinte, qui fuit, à chaque occasion qui lui est donnée.
« A vrai dire, je me pose également la question. » Un léger rictus, un peu moqueur. Si infime ironie, pour cacher le fait que la question la déstabilise. Il y a tant d’années que tout se déroule de cette façon, entre défaites et fausses victoires. Elle a renoncé à le considérer comme un être pouvant vivre ailleurs, sortir de son rôle taillé sur mesure pour être le fils d’une mère aimante et décidément trop avenante.
Le jour et la nuit.
« Nous nous sommes peut-être croisées, sans jamais avoir eu l’occasion de nous rencontrer. » Y a-t-il quelqu’un qui aurait préféré éviter cette rencontre ? Quelle idée. Elle secoue vaguement la tête, ses longs cheveux argent effleurant ses joues pâles. « En fait, peu importe combien ma famille a pu être proche de l’Empereur, je me suis faite plus rare dans les réceptions. » L’implication de son fils comme principale raison est flagrante et Pandora esquisse un léger sourire. Certes, elle ne veut pas passer pour une victime d’un vrai bourreau du travail qui l’oblige à s’investir entièrement dans son travail. Non. S’il s’agissait uniquement de cela, ce serait trop simple. Elle se penche, un peu, comme pensive. Ses questions, au lieu de la gêner comme le fait habituellement le bourdonnement incessant des inepties que peuvent déblatérer certaines personnes, lui font prendre, plus que jamais, conscience de la situation présente. Elle n’est pas ici n’importe où, elle ne se trouve pas en face de n’importe quelle noble qui s’arrête aux idées toutes faites de l’armée et aux médailles qui s’alignent. Son regard perçant la dévisage, comme pour décider des paroles qu’elle peut prononcer ou pas. « Mais la Milice nous relie, sans aucun doute. » Un murmure, une sorte d’aveu quelque peu contraint. « Je suis la seule femme, après ma tante, à voir rejoint ses rangs dans notre famille. Je crois que cela ravit votre fils. » Un sourire éblouissant d’innocence, adressé avec le plus grand naturel à la femme élégante qui lui fait face. Elle ne perd pas son habitude, même face à elle, et ne se pose pas la question de savoir si elle le regrette ou pas.
La porte s’entrouvre et Pandora craint un instant de voir apparaître le Commandant de la Milice. Une rage glacée envers elle-même l’envahit en ne voyant qu’une servante et elle lui offre son sourire le plus agréable. Avant de voir dans l’embrasure le dernier acteur de cet acte. Un arrêt. Elle ne peut empêcher un léger agacement de l’atteindre. Envers elle-même, pour redouter son apparition, pour ne pas balayer ses doutes quand à la suite de tout ceci. Elle s’empêche de grincer des dents, avant de se redresser, presque imperceptiblement. Ses yeux suivent le regard d’Isaura pour contempler l’uniforme et elle ne peut s’empêcher de se demander, stupéfaite, si elle n’aurait pas mieux fait de mettre son uniforme, elle aussi.
Arrêt. Elle s’empêche de soupirer, soudain lasse. Elle commence déjà à se creuser la tête et à voir le pire alors qu’ils n’en sont encore qu’au commencement. La capacité qu’a cet homme à la faire continuellement douter, même sans rien dire, l’irrite. Elle se trouve faible, toujours, trop faible, c’est ce qu’il reste d’avant, c’est le pilier de sa vie. Pas assez forte pour le retenir, pas assez forte pour croire mériter cette place, pas assez forte pour survivre à une simple entrevue chez l’un des hommes les plus dangereux de l’Empire. Enfantin.
« Commandant. » Elle se mord la lèvre, les sourcils froncés. Sa salutation habituelle a pris le pas sur sa réflexion et le voir ainsi vêtu réveille ses réflexes. Les remarques d’Isaure la laissent perplexe, pourtant. Elle sent que quelque chose lui échappe, qu’elle ne peut de toute façon avoir tous les éléments en main pour comprendre ces échanges de regard, ce qui en découle.
Étrangère.
Son regard se pose un peu partout, sauf sur le seul homme de la pièce. Le puzzle reste incomplet. Les morceaux s’éparpillent, encore, avant qu’elle ne puisse les saisir. S’enfuient, s’envolent. Et elle demeure, attentive.
Les fils se rompent se distendent. La marionnette revit, renaît. Pourra retrouver sa liberté.
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|  | | Soul Haptism
 « La société est comme un navire ; tout le monde doit contribuer à la direction du gouvernail. » [Henrik Ibsen] ▌ FLEURS ENREGISTREES: 44 ▌ INSCRIT(E) LE: 18/04/2011 It's showtime, let's Rock!▌ POUVOIR: No one. ▌ DE QUEL CÔTE?: Empereur ▌ RELATIONS: |
 | Posté Dim 28 Aoû - 21:37 | |
| Cette vaste ombre glisse sur les murs, muette et disciplinée. Elle ne dit rien, ne pense pas à récolter à nouveau le fruit de ses souvenirs égarés dans cette demeure. Nostalgie s’éloigne contrariée à petit pas et l’abandonne à ce présent austère, l’un des serviteurs se saisit de son long manteau, s’incline jusqu’à ce que sa tête ne manque de toucher le sol. Petite faiblesse ou vaste constatation rien ne doit transparaitre. Dès lors, sur un autre champ de bataille, tout se joue. L’ignorance l’aborde moqueuse, sait que derrière cette impassibilité constante, une profonde agitation s’éveille, joueuse et satisfaite à l’idée de le contrarier.
La domestique ne le remarque pas, concentrée sur son travail. Des brides de conversation proviennent de l’intérieur glissent jusqu’à ses oreilles. La pièce est éclairée, il se doute que Madame doit trépigner d’impatience à la manière des enfants capricieux; ce comportement tantôt en mesure de l’agacer ou de percer dans son masque si solidement accroché. Désormais, ses pas ne peuvent espérer refaire le parcours inverse, s’échapper. A-t-il seulement envie de fuir ? Ses propres émotions paraissent instables, confuses, prises dans une longue série de contradictions étouffantes. L’esprit obstiné, teinté d’orgueil laisse une pensée dominante s’imposer contre la tumulte, lui résiste ardemment : Il ne perdrait pas, ne tomberait pas dans les pièges posés, car la peur ou la crainte n’interfèrent pas dans une conduite qui se veut exemplaire et constamment sans failles.
Il franchit le seuil, replonge dans cet univers chaleureux et protecteur, au doux parfum de l’enfance, loin de ses obligations, du labeur longuement accumulé sur des journées interminables. Dame Haptism spontanée, lui porte déjà son lot d’accusations, que le militaire n’intercepte pas, les yeux soudainement figé sur un élément exclusif placé au milieu du décor. Ainsi, est-elle venue. Bienveillance absente, l‘individu garde cette rigidité si durement acquise lors des réceptions ou des entrevues entre supérieurs au service de sa majesté. Son regard transperce, attaque et questionne, ne s’accorde aucune trêve, encore accroché à ses habitudes de combattant. L’envie d’esquisser un sourire se meurt doucement sur ses lèvres, l’étonnement comme le divertissement s’évapore, contraint d’accuser un second rôle. Il s’incline mécaniquement, constamment en mesure d’adopter ce rôle lors de cette comédie qu’ils exécutent tous deux :
«Lieutenant Earlstreim. Quelle joie de vous savoir à nos côtés, aujourd’hui.»
Mensonge éhonté. Il le sait, l’attitude de l’enfant ne lui échappe pas. Malgré tout, il se tait, n’inflige pas de répliques décisives, n’ajoute pas une remarque ingrate, le moment n’est pas encore venu. Maintenant, le fabulateur s’enlise dans un domaine où esquiver les obstacles demande une connaissance pointilleuse des cartes de son adversaire, de chacune de ses bottes secrètes et des techniques si habilement maitrisées à force de s’exercer. Il oublie aussitôt de poursuivre l’analyse de sa collaboratrice, concentré sur la remarque de son aînée. Indéniablement, une supposition apparait : qu’importe la stratégie qu’il adopterait, Isaure se rangerait probablement du côté de la demoiselle, la prendrait sous son aile avec comme objectif fourbe de le décontenancer, de tirer ce coriace garçon hors de cette forteresse protectrice dont il se parait. Cependant, elle ne se doutait absolument pas du type de relation qu’entretenait cet homme difficile avec cette jeune femme. Un atout en plus pour compenser, le stratège comptait ne pas gaspiller inutilement, cette précieuse pièce, dont Isaure n’avait pas jamais entendu parler. Enfin, il s’accorda le droit, de déverrouiller la porte de ses émotions, un sourire filtra et se présenta agréablement à la vue des deux dames. Monsieur aurait pu paraitre extrêmement avenant, si il n’avait pas porté un costume aussi protocolaire pour ce rendez-vous.
«J’ai pensé qu’il aurait été préférable, pour votre petite protégée de prendre congé. Avec tout son travail, elle mérite un minimum de repos.»
Horreur, sa propre réponse, le dégoute. Il n’affiche guère le contraire, ne trahit point son attitude devant ces deux interlocutrices, maitre habile des mots et faussement aimable, aucune fausse note ne froisse l’image irréprochable qu’il aborde. La santé de la noble déchue n’éveille aucunement sa curiosité, ceci est une affaire qu’il estime hors de son ressort. Néanmoins, il a l’audace de s’estimer généreux et patient à son égard, de ne pas jouer souvent le rôle du maitre mesquin et délateur. Si Dame Haptism avait su que le dernier vase en date -qu’elle appréciait tant- avait fini par se briser lamentablement par une paire de mains maladroites, surement, la jeune Sayers aurait eu raison de s’inquiéter devant sa prochaine réaction. Qu’elle n’ait crainte, Soul se gardait bien de la dénoncer, pour cette fois, mais cette clémence lui couterait naturellement cher, puisque rien n’est gratuit.
Quant à Isaure, elle l’observe attentive. Son propre visage s’éclaire d’une malice pétillante et lui répond sur le même ton. Si l’un demeure sincère l’autre ment honteusement sans se soucier des conséquences.
«Je ne te savais pas si attentionné, c’est très noble de ta part.»
Radieuse, l’ironie filtre, il le sent. Nullement devant ses piques, il ne s’emportera, cela briserait définitivement sa mise en scène et le bloquerait dans ses déplacements. A nouveau, ses yeux retombent scrutateur sur le lieutenant, pendant qu’il contourne d’un pas nonchalant les fauteuils et s’installe dans l’un deux en face de son invitée. D’un mouvement vif, il dévisage la servante, qui selon lui est synonyme d’intruse et n’a certainement pas sa place parmi eux. La femme devant l’air insistant du jeune maitre, s’incline et repart, sans protester. Passant une jambe sur l’autre, Soul repense encore aux quelques mots lâchés par sa subordonné depuis cette soirée. Bien qu’il ait cédé au caprice de Dame Haptism, pourra-il supporter la présence de la jeune femme ? Elle ne l’incommode pas mais le risque que la femme âgée débute un monologue interminable, le laissait d’avance maugréer en silence. Ce n’était pas sans se rappeler, qu’il risquait de perdre son emprise sur cette poupée cramponnée à son rôle de soldat dévoué à la cause de l‘Empire. Un danger ? Risque à prendre ? Sans nul doute.
«La mort rouge…»
Sans attendre que l’une des deux femmes n’engage la conversation, le commandant, ouvre le bal. Son expression change, un mince sourire s’étire. Isaure ne comprend pas et l’interroge le sourcil légèrement arqué. Le ton de l’homme garde une intonation maitrisée, et pourtant qui cherche à emmener ceux qui l’écoute vers un chemin tout choisi.
«Si talentueuse, une véritable légende et malheureusement…le mauvais sort ne l’a pas épargné. Tout à un début, et une fin…comme le devenir de la rébellion.»
Soupire à l'intérieur. Qu’importe ce qu’il décide, tout se répète inlassablement… Isaure le sait, elle le devine facilement. C’est comme lors de ses repas de ses discussions qu’elle déteste, où tous les deux, la laisse se murer dans un silence impérieux et soumis. Ils parlent, discutent de ces conflits à l’extérieur de la cité, ils crachent sur des hommes et des femmes qui nuisent à sa Majesté. Elle sait, qu’elle ne peut plaisanter sur ce problème épineux, elle redoute et continue de se taire, de se voiler la face, de vivre dans cette cage dorée, cette vie prospère et inviolable contre les insurgés face au système actuel. Une femme de la haute noblesse ne peut malheureusement se permettre de faire preuve d’inconscience devant la question, l’éducation stricte l’a toujours conformée, bien qu’elle aurait préféré, se moquer d’un événement qui ne l’effleure pas. Triste réalité.
« Ces rebelles vous donnent du fil à retordre…Pensez-vous qu‘il existe un moyen de mettre tout le monde d‘accord ou bien, l‘avenir parait-il plus sombre qu‘il ne l‘est déjà ? »
Arrestations arbitraires. Violence, répression, la milice n’a que faire des avis qui ne convergent pas dans le sens désiré…
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|  | | Pandora H. Earlstreim
▌ FLEURS ENREGISTREES: 152 ▌ INSCRIT(E) LE: 26/03/2011 ▌ ÂGE: 19 ▌ LOCALISATION: A proximité d'un hérisson volant It's showtime, let's Rock!▌ POUVOIR: // ▌ DE QUEL CÔTE?: Empereur ▌ RELATIONS: |
 | Posté Jeu 1 Sep - 19:52 | |
| Un sourire qui prend place, qui s’efface. Chaleur glacée que tout détruit.
Elle suit l’échange, se contente de former sur son visage pâle son sourire le plus charmant pour répondre au commandant. Le terrain qu’ils abordent devient glissant, elle plisse ses sourcils clairs, perdant un instant ce masque lisse et agréable qu’elle a jusqu’à présent montré. Elle n’espérait pas passer ce moment sans que la conversation ne s’oriente dans la direction qu’il a choisie. Il est le maitre partout, bien entendu. Quand elle regarde Isaure, pourtant, elle se dit qu’elle pourrait peut-être voir autre chose. Sans que cela ne dure, sans qu’elle n’arrive jamais à vraiment entrevoir quelque chose.
Grincement de dents. Intérieur, bien entendu. L’extérieur se tend d’une curiosité polie, se voile d’une sombre réflexion, d’un vrai questionnement. Sans qu’elle n’ait réellement besoin de mentir sur ses pensées.
Rébellion. Les flammes améthyste de son regard ravagent la douceur de ses traits. Trahison. La haine, viscérale, ce qui court dans ses veines, un poison qui se répand dans le royaume, pour essayer d’atteindre leurs racines dorées. L’impureté doit être éloignée, le mal qui ronge leurs existences doit prendre fin. Noyée sous le sang et la mort, pour retrouver la lumière d’antan dans le ciel plein de combats. Cadavres, s’amoncellent, sur les ruines de ce qui a été. Sur les bases de ce qui sera. L’édifice de la démesure humaine de construit, s’élance vers les hauteurs, sans limites, sans frontières. Et tout s’écroulera, s’effondrera, les coups rageurs auront raison de cette voix que l’on essaie de faire entendre. Rébellion. Elle a envie de rire, d’oublier parfois les raisons de ce qu’ils font pour transformer leurs actes en mécanismes. Une série de gestes. L’arme, glisse, tranche, abat. Fin. Y a-t-il plus simple que la violence et l’indifférence pour détruire à ces fondements cette abomination qui aurait dû rester enfouie ?
Non, bien entendu. Elle s’en nourrit, chaque jour. Dans l’espoir d’un jour les revoir, dans l’espoir d’un jour rire au dessus de leurs cadavres, de leurs espoirs brisés. Elle se ment, elle se refuse à voir qu’elle seule sera perdante. On ne lui accordera pas de deuxième change. Elle croupira avec ses regrets, enterrée sous ses faux-semblants, vieillie avant l’âge par l’aigreur de ses échecs et de ses défaites. Si stupide petite chose, abandonnée, essayant de se raccrocher tant bien que mal à ce qui passe à sa portée. Même si cette aide précieuse n’est rattachée à rien, même si elle ne fera que l’entrainer vers le gouffre. Inéluctablement.
« Il est trop tard pour tout accord. » Sa voix placide tranche avec l’agitation mal contenue qui l’habite. Elle n’aime pas ses propres réflexions, elle n’aime pas ce qu’elle peut déduire de ses propres réactions. Elle a peur de ne pas pouvoir appliquer cette si farouche détermination, une fois qu’arrivera l’échéance, une fois qu’elle sera face au passé et à ses erreurs. Elle n’a que ses mots. « Les rebelles savaient à quoi s’en tenir, dès le début. Ce qui est vain doit être tué dans l’œuf, anéanti avant que le sang ne coule encore. Il a été si aisé, pour eux, de briser l’ordre établi pour revendiquer des chimères. Ils n’y gagneront rien si ce n’est leur destruction. »
Un sourire presque paisible, sur ses traits durcis. De quoi cherche-t-elle donc à se convaincre, sur son fil d’équilibriste ? N’a-t-elle pas confiance que le moindre mouvement le désarçonnerait, causerait la chute qu’elle redoute tant ? Elle court sans se retourner, elle va toujours plus vite pour éviter de regarder en bas. Pour éviter de regarder ceux qu’elle a laissés de côté. Parce que nier, tout simplement, rester dans son monde d’illusions, s’enfermer dans l’idée qu’ils ont tort, tort, tout simplement tort, qu’il faut simplement les éliminer et les enfermer, est si rassurante. Elle ne veut pas se poser des questions, elle n’a cure de savoir de quoi seront faits leurs lendemains. Il suffit simplement qu’elle comble la froideur de ses journées par des combats acharnés, qu’elle piétine leurs espoirs parce que les siens ont été déchus. Rancune, brillante, si vive dans son esprit.
« Ils savent se défendre, sans doute. Ils ont résisté bien trop longtemps mais il ne tient qu’à eux d’arrêter ces combats. » Elle décline toute responsabilité, une gravité latente sous sa voix légère. Prête à s’aveugler, jusqu’au bout. Prête à cacher certaines vérités.
Les corps ensanglantés, la chair fumante, tout se meurt et peu importent les victimes, peu importe le nombre croissant, aucun ne s’avouera vaincu, ils continueront, ils briseront, tueront jusqu’au dernier. Les mères pleureront leurs enfants, les femmes leurs maris, les enfants leurs protecteurs, tous fauché par l’appel enivrant de la guerre. Ils ne résisteront pas, ils se jetteront à corps perdu dans la lutte, pour laisser exploser leur haine, pour laisser la rage qui les habite dévaler les déserts de leur raison. Parce qu’ils sont humains, tellement, si perdus, si faibles. Leur sang bouillonne, leur violence s’éveille, prête à prendre le dessus sur leur conscience. Ce qui les habite ne disparaitra pas, enfle, se fait maître de tout un monde qu’ils détruiront par leurs coups brutaux.
Si belle réalité, qu’elle-même ne veut affronter. Que peut-il en être de cette femme qui lui fait face ? Ne voit-elle pas quelques bribes d’horreurs avortées, de pleurs désespérés, lui parvenir à travers son royaume si fermé ? Ne ressent-elle pas, parfois, un appel sourd l’oblige à ne pas détourner la tête ? Un soupir, à peine. Elle ne sait pas ce qu’elle attend d’elle. Le nœud du problème est là, ce qui l’empêche de s’exprimer clairement, de pouvoir à nouveau endosser un masque et se fondre dans la peau de celle qu’on veut qu’elle soit. Elle ne voit rien, rien ne filtre, rien ne peut l’aider à prendre position face à cette question épineuse. Elle voit s’envoler toutes ses ombres, toutes ses tentatives, toutes ces voix similaires qui hurlent la même chose en cachant au fond d’elles un message différent.
Et elle enrage, presque, furieuse contre elle-même et contre lui. L’impression de prendre part une sinistre comédie s’empare d’elle, un tourbillon, elle perd pied et le rire résonne, résonne, dans sa tête. Assez, assez.
« Bien entendu, le temps qu’ils dureront, je ne doute pas que le Commandant Haptism nous guide pour leur porter un coup mortel. » Un sourire sans joie, à peine un coup d’œil pour donner bonne impression vers le seul homme de la pièce. Elle a l’impression que sa bouche s’écorche sous ses paroles et s’amuse presque de leur accent artificiel. Elle ne peut certes pas exprimer différemment ce respect en demi-teintes, entre rancœur et conscience du travail accompli. Elle n’a que quelques mots dérisoires et secs à la bouche, pour atténuer un peu l’impression d’être prise au piège.
La toile se referme, de tous côtés. Ici, rien ne lui semble pareil. Ici, tout se joue pourtant comme partout ailleurs. Ici, elle ne peut pas faire un faux pas et pourtant, pourtant, elle avance toujours plus vite, plus loin, dans une direction qu’elle ne contrôle pas. Elle ne sait pas si ce sont des vérités ou des mensonges dissimulés qu’elle offre en réponse à ces êtres qui lui échappent.
Elle ne contrôle plus rien, même si elle garde intacte cette apparence. Essaie. Désillusion, dérision. Elle n’a rien à perdre.
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|  | | Soul Haptism
 « La société est comme un navire ; tout le monde doit contribuer à la direction du gouvernail. » [Henrik Ibsen] ▌ FLEURS ENREGISTREES: 44 ▌ INSCRIT(E) LE: 18/04/2011 It's showtime, let's Rock!▌ POUVOIR: No one. ▌ DE QUEL CÔTE?: Empereur ▌ RELATIONS: |
 | Posté Mer 1 Fév - 0:27 | |
| Applaudissements. Inclinaison. Sourire Triomphant ? Monsieur semble terriblement satisfait de l'entreprise menée. Pandora se démarque et annonce les paroles qu'il désirait entendre, un affreux refrain lancinant mais agréable à ses oreilles, les siennes seulement. Se rassurer, la nécessité paraît plus malsaine et diabolique. Son regard se pose alors sur Isaure, qui quant à elle derrière cette apparence en permanence joviale, voit ses convictions s'égarer soudainement, son expression bienveillante s’effondrer dans une lenteur insupportable, à priori effrayée par les mots qu'elle n'aurait imaginée s'échapper d'une créature si intrigante et tendre que la jeune femme aux longs cheveux argentés. Que croyait-elle réellement obtenir ? Et lui ? Avait-il tenté en maniant la partition de lui dévoiler un visage tout autre de sa partenaire ? La réalité, rien d'autre selon une logique implacable. Cette réalité où sévit la fureur de deux camps séparé par un fossé d'une profondeur insondable. Chacun prêt à briser l'autre dans l'affrontement mortel. Miliciens contre rebelles, gagner pour ses idéaux, pour les valeurs défendues, quitte à mourir mais au moins avoir la victoire de son côté. Néanmoins devant la violence de leurs propos démesurés, l'excessive compassion qui peut en surgir l'apaise plus ou moins. Ayant conscience des réactions d'Isaure qui appartient à ce lot de personnes aussi imprévisibles qu'attachantes. De celles qui par-dessus tout s'inquiètent du sort des siens, malgré la difficulté de se plier à leur rythme de vie et d'accepter les voies respectives qu'ils ont tous choisi. Ces blessures et échecs jamais avoués, ensevelis derrière des apparences inébranlables, elle ne connaît que trop bien cette technique. Un classique.
Ses yeux à lui se perdre devant son attitude, les doigts impeccables de la noble crispés se resserrant sur les accoudoirs capte son attention. L'envie de rire le fait tressaillir, si il n'y avait que la rébellion en guise de parasite et pas une multitudes de vers grouillants, de bestioles répugnantes...
Tout à coup, on en vient à frapper de nouveau à la porte, les couper dans leurs élans quand Isaure s'apprête à répliquer. Elle ne dissimule pas son impatience et lance un regard interrogateur presque désagréable au nouveau protagoniste se tenant dans l'entrebâillement les pieds brisant la limite du seuil anciennement infranchissable. Un majordome qui après une révérence, annonce d'une voix neutre ; qu'on sollicite la présence de madame Haptism pour une affaire qui se voudrait « urgente ». Au moment où le fils s'attend au renvoi du serviteur, la noble se relève prenant la direction de la sortie.
«Veuillez m'excuser, je vous prie. »
Elle s'éloigne à grand pas, sans offrir un dernier regard aux deux jeunes gens. Rien ne le surprend pourtant un grincement filtre. Il faut savoir lui plaire au risque de s'avouer simple émetteur lors de ces interminables discussions. Elle se lasse si rapidement quand cela lui échappe. Une partie de sa phrase recouverte d'un certain scepticisme se confina dans le fond de sa gorge. Comme si préoccupé par cette désertification de leur aîné, les mots débordent et se déversent sans retenue. Spontané beaucoup trop l'espace de quelques minutes. Une erreur qui pourrait lui coûter cher à l'avenir.
«J'aurais aimé que les choses se déroulent autrement...»
Ce jeu incessant du chat et de la souris perpétué par les rebelles craquelle progressivement néanmoins avec une certaine efficacité, l'attitude du personnage constamment inflexible. Les nuisances de l'Empire le poussaient tout droit vers des directives radicales ou les pogroms n'avaient de cesse de se multiplier sans que le maudit camp adversaire n'ordonne la retraite sous les coups acharnés des soldats. Bouffé par le sentiment assoiffé de fierté et d'orgueil, l'image de ce belliqueux anarchiste et chef renégat se présentait ainsi devant ses yeux, comme une espèce de reflet troublant et détestable qu'il voulait faire disparaître. A son tour submergé de lassitude, avec justesse il retient ces mots imprudents qui inopinément s’apprêtaient à surgir, ouvrir les portes si longtemps fermées à l'entourage. Le milicien conservait un flot de sentiments complexes et contradictoires en mesure de trahir l'enveloppe à priori sereine qu'il affichait. Toujours plus obstiné et refusant d'avouer son agacement voire plus discrète, une forme naissante d'apathie à l'égard de cette traque au tournant improbable contre les révoltés de l'Empire. En tant que supérieur, les cartes du jeu se trouvaient entre ses mains équivalent à une lourde tâche, presque ingrate, injuste pour quelques esprits estimant toutes ces querelles comme intolérables et stériles. Une autre perspective se dessinait : le déplacement autant stratégique que décisif de ses pions devenait l'un des enjeux crucial pour la pérennité du système politique actuel. La situation s'avère vicieuse, tellement complexe qu'aucun égarement n'est permis, qu'aucune fausse note ne peut être effectuée. Dans cette réflexion menée, une paire de yeux scrutatrice se posa alors négligemment sur la jeune femme.
Comparable à de multiples serrures crochetées, les pensées se faufilaient vers l'extérieur, follement impatientes, désireuses de liberté. Rarement, il aurait pu regretter les actions irrévérencieuses affilées à l'un de ses subordonnés, lors d'un entretien si improvisé comme ce dernier en présence du lieutenant. Dans un lieu où le terrain ne lui appartient pas vraiment, même si paradoxalement, il put se considérer en maître dans sa demeure.
Puis le rappel : une soirée, ces échanges, une valse, ordres, propositions. Hors des contextes adaptés, le rôle entretenu ne convient plus véritablement. Cette carapace oppressante se cramponne au corps, oser sans séparer voilà le sacrifice le plus grotesque jamais exécuté. Comment approcher, sans faire reculer l'autre ? Sans vexer ? La partie continue depuis plusieurs minutes sans qu'aucun des deux parties ne veuille engager les hostilités dans une joute oratoire infatigable. La faute projetée sur une malicieuse et respectable noble ? L'éclat terni d'une pensée plaintive condamnée au silence s'éveille en prenant vie dans une notion déjà existante mais si évidente, qu'elle ne peut qu'irriter la partie la plus bornée de son esprit. La forme se modifie, s'apparente au langage, devient mot... Mot jusqu'alors imprononçable, inexistant car si longuement isolé au point de sombrer dans le gouffre de l'oubli. Les choses évoluent, les temps changent, les modifications incessantes bouleversent ce monde au quotidien, dans cet univers minutieux et structuré dirigé d'une main de fer. Devrait-il accepter ou bien résister ?
Il se relève de son fauteuil, prêt à faire les milles pas dans la pièce. Il prend la direction d'une fenêtre, tournant un instant le dos à son unique interlocutrice. D'un geste ample, il agrippe du bout des doigts un pan du rideau qu'il tire pour observer l'extérieur. Le tout dévoile la vue sur le jardin, où les haies sont recouvertes d'un fin et délicat duvet blanc. De la neige, un peu précipitée, mais l'hiver mordant a déjà fait son office, en compagnie d'un ciel grisâtre surplombant la demeure endormie. Finalement, il finit par se retourner sur elle, l'intonation toujours aussi placide, sans remous étonnant.
«Et si nous allions poursuivre la conversation dehors ?»
Le lieu est rassurant et confortable certes, mais arpenter le froid sifflant entre les manteaux, voilà une distraction à ajouter au petit manège...
Dernière édition par Soul Haptism le Sam 3 Mar - 12:57, édité 1 fois |
|  | | Pandora H. Earlstreim
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 | Posté Mar 7 Fév - 20:24 | |
| Froid mordant, brûlant. La respiration laborieuse, elle creuse sa propre tombe. Un retrait, un départ et les yeux améthyste suivent la fine silhouette s’en aller. Son regard revient au Commandant, comme toujours, comme à chaque fois qu’il est dans une pièce où il se trouve et ses paroles flottent en l’air, intrigantes. Pourtant, elle n’y prend pas garde. Le chemin est toujours semé d’embûches, avec lui. Il n’y a jamais rien de vrai. Il y a seulement ce qui peut être un peu moins faux. Les masques se déchirent mais c’est toujours pour laisser place à d’autres, plus durs, plus obscurs. Elle aime en sentir l’amertume, le poison, le frisson d’un instant d’égarement. La haine, dans son implacable beauté et le reste qui s’efface, s’épuise, perd son souffle. Elle relève la tête à sa proposition et un sourire légèrement railleur prend place sur son visage. Elle a envie de lui demander s’il y avait réellement eu une conversation jusque là mais retient ses mots, esquisse plutôt son plus joli sourire et se lève.
« Voilà une idée plus que séduisante, Commandant. »
Soit, elle n’aura pas réussi à parfaitement gommer la légère ironie de son ton mais c’est de bonne guerre, après tout. Sans un regard pour la pièce chaleureuse qu’ils quittent, elle le suit pour récupérer son manteau et sortir à l’extérieur. Le vent froid fait rougir sa peau pâle et elle maudit un moment celui qui l’accompagne, non sans lui sourire, le visage serein. La buée de sa respiration l’empêche de vraiment regarder autour d’elle mais cela n’a pas de réelle importance. Ses mains semblent glacées et elle se dit, amère, que ce froid est sans doute ce qui leur correspond le mieux, à tous les deux. Une température glaciale, un vent à couper le souffle et un paysage qui semble mort. Triste réalité. Il ne manquerait plus que quelques flocons de neige pour compléter le massac…spectacle.
« Je suis surprise. » Ses mots claquent, dans le silence, se mêlent au vent, comme s’ils n’en étaient qu’une continuité. « Je crois que je n’ai pas pu comprendre grand-chose de ce qu’il s’est passé, les tenants et les aboutissements de tout cela. Mais c’est sans doute prévisible et voulu ? »
Un retournement. La sincérité, pour une fois. Même si elle s’amuse à toujours cacher l’évidence, même si elle se fait un plaisir de mentir même sur les situations et les réalités que tous ont déjà pu deviner, elle aime souffler le chaud et le froid, se montrer franche et accepter une défaite qui n’en est pas vraiment une, gracieusement. Ses yeux rencontrent son manteau, alors qu’elle s’empêche de pester sur sa grande taille, avant de remonter jusqu’à son visage, jusqu’au aux yeux parfois cachés par les mèches aussi blanches que les siennes. Elle s’empêche de ricaner en pensant tous les deux qu’ils ne sont qu’une version améliorée de bonhommes de neige. Ils en ont la pâleur, la froideur et ne survivent pas vraiment face à une source trop lumineuse, trop chaleureuse. Les condamnés.
Étrangement lucide, pour une fois, elle souffle sur ses mains. Elle a l’air d’une gamine qui essaie de lutter contre le froid, contre autre chose, elle ne sait pas et ses yeux s’embuent de larmes à cause du vent. Elle essuie une perle salée, un sourire moqueur aux lèvres, en se disant que c’est sans doute l’émotion de se trouver là avec son cher Commandant. Le rire nerveux qui menace de la gagner à tout moment s’enterre, agonise dans sa gorge.
Elle se fiche de la vraie réponse, à vrai dire. Elle a accepté d’entrer dans un jeu où, pour une fois, elle ne connaît pas vraiment les règles. C’est trop simple, trop facile parce qu’ainsi, elle peut se permettre de se tromper, de tomber, de changer ce qu’elle a été. Si elle ne connaît pas les règles, elle n’en voit pas la fin, l’objectif. Si elle ne connaît pas les règles, elle ne peut pas vraiment faire des erreurs, juste s’autoriser un doute dû à l’ignorance. C’est peut-être pire que toi mais sa mauvaise foi triomphe, elle qui aime tant se voiler la face et éviter de voir la réalité telle qu’elle est, elle semble dans son élément. Reconnaissant ses manques et ses doutes avec son assurance habituelle, grappillant les informations qu’elle peut saisir, sans s’inquiéter des conséquences, pour une fois. C’est grisant, c’est blessant. Sa vie entière n’est qu’un jeu, à tous les niveaux et tout s’articule autour de dés pipés qu’elle ne peut jamais faire pencher en sa faveur. Pas plus qu’elle ne peut laisser ses adversaires, tous coriaces les uns que les autres, l’emporter sans qu’elle n’ait pu les déchirer, les mettre en morceaux et leur voler ce qu’ils veulent lui cacher, ce qu’ils veulent tant protéger.
Elle a envie de lui demander s’il y a quelque chose qu’il possède, à laquelle il tient, vraiment, dans la mesure du possible, qu’il peut protéger. Autre que ce nom, autre que cet empire qu’ils défendent. Ça la fait doucement sourire. Peut-il s’agir d’Isaure ?
« Votre mère est une femme charmante. »
La réflexion est sortie avant même qu’elle ne puisse la retenir, un murmure, comme un regret. Elle pense vaguement qu’il est dommage qu’elle n’ait pas légué ce trait de caractère à son fils et regarde devant elle, perturbée, en se l’imaginant plus sympathique. Le verdict est clair, une légère grimace atteint ses traits pâles et elle repousse aussi vite l’image. Cela ne lui va clairement pas et elle ne peut s’empêcher de jeter à nouveau un regard furtif vers lui, les lèvres pincées. Elle ne reconnaitrait jamais qu’elle s’est habituée à ce caractère, à ces petits affrontements où les principales attaques son tues. Elle ne reconnaitrait jamais que ce qui pouvait la blesser au départ n’est maintenant devenu qu’une formalité. Là où certaines masques et certaines protections se fendillent, d’autres renaissent, plus puissantes, se consolident. La méfiance est toujours trop présente et elle regrette toujours chaque parole, dès qu’elle a été prononcée. Cela ne change pas, avec lui. Alors, elle préfère, parfois, vite parler pour s’empêcher de s’en empêcher, pour se retenir de se retenir. Des luttes contre elle-même, le plus souvent. Parce que peu importe, peu importe, même si on essaie de la briser, personne n’y parviendra jamais aussi bien qu’elle-même.
« Reviendra-t-elle ? Il faudra que je la remercie de son invitation. »
Un petit sourire discret, parce qu’elle se doute bien qu’il ne sera dupe. Ce n’est qu’une façon de voir si elle reviendra, si elle croisera encore et de connaître les raisons de tout cela. Elle sait que c’est suffisant, pour qu’il comprenne et pour qu’il y réponse… s’il en a envie. Bien sur. Leur sempiternelle guerre des nerfs, parce qu’elle n’obtiendra jamais rien de lui facilement, pas la moindre petite information. Jamais. Et elle est consciente que même si lui, arrive à creuser sous la carapace, elle n’aura jamais rien en retour. Rapace, serpent qui endort, qui pille, sans vergogne mais qui ne rend jamais rien. Elle-même ne peut offrir que le vide qu’elle est devenue, gouffre sans fond, où trébuchent parfois des bouts d’humanité déchue. Ce serait comme vouloir saisir une météorite avec un filet à papillon.
Explosion. Pour que s’éparpillent les fragments de son être.
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|  | | Soul Haptism
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 | Posté Ven 10 Fév - 22:10 | |
| Quand ces paroles anciennes remontent à la manière d'une douce réprimande, il prétend en saisir le sens, palper l'indécelable et lire à travers les signes envoyés au moment propice. En vérité, il commence à comprendre ce à quoi s'attend cette personne, ce qu'elle désire, les évolutions qu'elle voudrait apercevoir. Ce qu'elle exige sans faillir. « Trop tard » proclame t-il agacé dans une attitude détestable, bornée et terriblement farouche repoussant toute tentative intéressante. Mais à présent emprisonné dans les griffes de ce nouveau divertissement dont il n'est pas le meneur, voilà qu'il y prend progressivement goût. Au départ dubitatif et méfiant devant les règles à respecter, finalement en prenant garde aux règles à les appliquer correctement, à observer les gestes de ses partenaires, il gagnerait d'avantage en souplesse et élégance, toujours plus fin et subtil, comme il aimait tant s'afficher à la vue de tous. Implacable prédateur, pour une fois, il donne raison à son superviseur, lui tend sa confiance sans trembler, prêt à s'aventurer sur une terre inconnue. La partie en vaut-elle vraiment la peine ? Qu'allait-il vraiment y gagner, lui l'opportuniste ?
"Tout à un prix..."
Cette phrase lui revint en mémoire tandis que le froid agressif martelait son imposante carrure. Il prit la peine de ne pas accélérer le pas et d'articuler sa marche sur celle de la jeune femme. Les trois unités de la pièce se virent transgressées par sa faute. Un désir de retourner sur ses pas, s'assurer que rien n'est trop lisse et facile à expérimenter, que les premiers acquis doivent s'intégrer au duel pour qu'il ne faillisse pas. Qu'avait-il manqué durant tout ce temps? Mots échappés et ternes, sacrilèges enchevêtrés dans un abominable complot invisible durant tant d'années. Un mal pour un bien dissimulé derrière l'éclat aveuglant du prestige, écrasé sous leur force. Meurtrière la rancune s'en était nourrit jusqu'à l'étouffement, entourée d'une rage lentement consommée. Incompréhension puis colère pour enfin détourner les yeux sur de pareils agissements car aucun dénouement agréable n'était né de cette histoire trouble. Si ce n'est de l'orgueil à revendre et un jugement désormais infaillible. A partir de ce point vicieusement s'y glisse la crainte, la peur, l'incertitude et bloquant tout écoute puis entente. Il sait qu'il n'y a qu'un acte à accomplir pour rompre la mascarade, s'arrêter au risque de détruire et pourfendre d'avantage les fils tissés, jusqu'à la victoire. Malheureusement, il s'y complaît, l'échec l'horrifie pire le révulse. Gagner, vaincre, écraser à tout prix, qu'importe son adversaire. Aucune pitié si l'opposant s'avère en complément faible et inutile. Maintenant, l'image paraît déplaisante juste bonne à susciter l'effroi et l'idée d'éviter une créature aussi belliqueuse. Sentiment qu'il n'y a plus rien à y chercher, rien à tirer de positif devant une pensée aussi sombre et destructrice...
"Aucun idéal ne vaut la peine, d'abandonner tout ce que l'on possède"
Jusqu'à ce que le souffle du renouveau ne resurgisse encore une fois et l'attire vers l'extérieur, n'entaille sa coquille si solidement fixée. Ces portes au sanctuaire impénétrable ne s'ouvrent que de l'intérieur....
«Nous manquons de recul face aux événements parfois indéchiffrables. Pourtant les choses peuvent être amenées à se répéter. Il faut donc savoir bien jouer au moment attendu, sinon nous échouerons. Et si c'est le cas, ce serait compromettant...»
Mauvaise réponse, évidemment. Il s'arrête aux affaires de l'Empire, au travail, à l'execrable rebellion. Manque d''audace, d'ouvrir la voie à la franchise, ne sachant pas où s'orienter à travers l'aspect double tranchant de la question. Ou bien par réflexion égoiste, égaré encore dans l'erreur. Seul un calme insolant domine l'échange. Une retombée traduisant un malaise suceptible de s'installer, d'irriter leurs pensées respectives devant l'inaction. Il n'en demeure rien de son côté, depuis son arrivée, la décision légitime d'Isaure, l'agacement s'est dissipé ne laissant aucune de ses émotions le trahir, même ses mots n'ont rien d'agressif. A leur habitude ponctués d'une ironie comparable aux phrase habilement maniées par sa subordonnée. Non étrangement rien d'effroyable ne déborde dans l'ici et maintenant. Silencieux et calme, contemplateur et pensif, à s'interroger sur des questions toutes aussi semblables et empruntées à la jeune femme. Qui est-elle vraiment ? Proche ou bien éloignée, des sourires trop aimables et dissonants. Il ferme soudainement les yeux devant ses agissements, cette courtoisie et politesse d'hypocrites. C'est le monde dans lequel ils vivent ensemble après tout. Un univers noble et de combattants, semé d'artifices où le meilleur jongleur avec les armes et l'art oratoire remporte sur les autres compétiteurs en liste. Il n'a pas l'intention de céder devant ces derniers, si gênants, si....différents de ce qu'on a pu lui servir jusqu'à présent. Tout lui paraît faux, certainement parce que ce duel perpétué n'a pas sa place dans la fonction qu'il exerce. Pourquoi s'obstine t-il alors à le prolonger sans s'épuiser ? Qui sont les véritables ennemis contre lequel il doit se résoudre à triompher sans faillir ?
Réaction immédiate, un pincement au coin des lèvres devant le compliment. Le sujet aborder s'avère toujours délicat, personnel. Lui prêt à s'imaginer la réaction de la noble si elle avait été présente, un échange entre les deux femmes un court instant. Sourire, éternelle délicatesse et espièglerie. Amusement. Poursuivre en éloge lui délirait efficacement la langue, toutefois, il barricade la porte. Lointaine, distante, pour de multiples raisons, à commencer par son propre comportement réticent et austère. Corps froid, âme morte et inactive, effrayés par ce qu'ils sont devenus. Des pantins, de vulgaires instruments de massacre et de torture pour préserver l'architecture restante de leur monument ébranlé. Mais la demande exigeante remporte la manche, insiste afin que quelques heures encore, il baisse les armes. Juste pour aujourd'hui, la suite n'étant pas encore écrite sur le papier...
Aussi charmante que redoutable. Sa seule accroche, lien véridique auquel il ose se cramponner pour ne pas chavirer, s'échouer et goûter à l’amertume.
Elle s'en voudrait de l'avoir abandonnée, une certitude. Mais elle reviendrait, sans aucun doute. Alors pas de fuite, il ne le permettrait pas. La noble l'accuserait d'avoir mal agi. Surgit brusquement le refus catégorique, il ne veut pas terminer sur une fin aussi rageante, sans vainqueur. Ses traits finissent par se détendre, moins sourd aux répliques, plutôt curieux de découvrir d'autres facettes, de nouveaux talents cachés, qu'il n'aurait pu déceler ailleurs que dans ce lieu propice à les débusquer.
«La remercier...Pause. Dites moi, aimez-vous la musique, Pandora ?»
Quelle question incroyable, n'est ce pas ? Réplique abrute, étonnante ? Probablement. L'imprévisible doucement tisse sa toile, s'approche à pas feutrés et esquisse un tableau différent de ses œuvres désuètes. Peu enclin à aspirer au progrès, souhaiter une évolution, trop conservateur et fixé sur des bases durement acquises. Cependant, la manie de s'égarer, hésiter puis repartir à l'assaut, collectionner les conquêtes lors des challenges lancés, sans jamais s'épuiser. Voilà l'héritage qu'elle sera parvenue à lui transmettre. Il tire sa force de cet élément. Une certaine volonté accompagnée d'une ambition dévorante pour mener à bien des projets. Qu'en est-il de celui-ci ?
«On m'a vanté votre habilité à savoir jouer d'un quelconque instrument. Si c'est le cas, je pense que vous pourriez nous interpréter quelque chose...»
Il ne connaît rien de cette personne, et pourtant, malgré tout les coups bas, les moqueries et les outrages commis, ils sont encore debout...
Dernière édition par Soul Haptism le Sam 3 Mar - 14:35, édité 2 fois |
|  | | Pandora H. Earlstreim
▌ FLEURS ENREGISTREES: 152 ▌ INSCRIT(E) LE: 26/03/2011 ▌ ÂGE: 19 ▌ LOCALISATION: A proximité d'un hérisson volant It's showtime, let's Rock!▌ POUVOIR: // ▌ DE QUEL CÔTE?: Empereur ▌ RELATIONS: |
 | Posté Sam 11 Fév - 0:49 | |
| Fausses notes, sans fin. Le vide s’ouvre à leurs rêveries futiles.
Elle sourit, à ses mots, s’empêche de lui dire qu’elle ne voulait pas parler de ça, parce qu’elle sait qu’elle signerait une défaite mais qu’elle serait trop facile. Quelque part, elle n’aurait pas vraiment de valeur pour lui et ce serait comme revenir au point de départ. Elle se contente de laisser ses mots couler sur elle, comme un poison qui ne rentre plus dans les plaies pour les brûler. Il est devenu comme une seconde nature de son être et elle assimile trop bien ses attaques pour qu’elles puissent frapper. C’est comme un mur, entre eux. Les balles rebondissent, sans cesse, parfois plus fort, parfois s’échouent à l’extérieur. Et à force de patience, de persévérance, elles créent des marques, légères, ténues, trop mais suffisantes pour que des bribes de vérité, des petits interstices puissent être visibles. C’est trop faible mais c’est là et elle s’empêcher de frapper plus fort. Parce qu’elle ne sait pas comment. Et parce qu’elle a peur que tout se brise, que les éclats la blessent. Elle ne pourrait survivre à une autre salve de marques alors peu importe si elle se cache.
Surtout que c’est face à lui, qu’elle n’a aucune envie de lui céder une parcelle de terrain en quoi que ce soit. C’est presque viscéral, une haine pleine d’un respect contenu, une considération qui se teinte de la nuance effroyable de l’irritation. C’est ainsi, habituel. Voilà. Oublier, ne pas trop s’y accrocher. Même si elle veut parfois faire des efforts, penser qu’elle peut baisser quelques barrières, il lui en coupe bien vite l’envie, tout comme il lui laisse comprendre qu’il ne baissera pas davantage les siennes. Triste jeu où ils tournent en rond, peu importe le lieu. Mais les cercles s’élargissent, deviennent plus restreints, changent parfois et c’est ce qu’elle veut, remarquer une couleur qui n’était pas là avant, un son nouveau. C’est tellement peu mais elle peut le percevoir et c’est suffisant.
« Ce serait trop facile. Avoir toujours une chance de refaire ce que l’on a mal fait. C’est la clé, Commandant, mais savoir quelle porte cela peut ouvrir, nous aurions bien des difficultés à le savoir pour décider si elle vaut la peine d’être gardée ou pas. »
Un murmure, presque blasé. Oui. Peu importe si on a le moyen de recommencer, peu importe s’il y a toujours une issue, une possibilité que recommencent les tourments, qu’on puisse y mettre fin. Il y a toujours la crainte, déraisonnée, de savoir ce qu’il y a de l’autre côté. De voir si l’on a bien fait de suivre ce chemin, si la nouvelle solution n’est pas, au fond, pire que celle que l’on a voulu fuir. Ses portes, à elles, sont toutes verrouillées. Plus de retour en arrière possible. Seulement un lieu où elle ne peut plus aller nulle part mais où l’on peut uniquement aller à elle. Parce que ses propres issues sont bouchées mais qu’on peut venir la chercher, la sauver, même si elle erre, en vain, incapable de faire quoi que ce soit qui puisse la changer.
Elle chasse l’image. Mécontente, clairement, parce que c’est la représentation de son échec, de son impuissance. C’est le résultat de ce qu’elle a provoqué. Ce sont toutes ces choses compromettantes qu’elle n’a su arrêter, dans le flot ininterrompu de déchirures dans la toile terne de sa vie.
Sa question la fait sursauter. Elle ne peut empêcher la surprise de se peindre sur son visage, un trop court moment sans doute, mais suffisant pour qu’elle s’en retrouve immédiatement irritée. Elle se contente de le regarder, oubliant un peu sa légèreté coutumière, le point d’honneur qu’elle se fait à ne pas l’observer trop ouvertement. Parce que cela signifie qu’il a un quelconque intérêt, pour elle, qu’elle regarde au-delà de leurs rôles et de ce que leur comédie pourrait leur apporter pour s’intéresser à l’individu. A cet être qu’elle a envie de voir tomber mais qu’elle ne veut en aucun cas regarder, connaître. Trop risqué. Elle ouvre la bouche, prête à lui dire qu’on a dû se tromper, exagérer. Qu’elle ne sait plus rien faire, que ça ne marche plus comme ça et que de toute manière, cela fait trop longtemps qu’elle n’a pas pu jouer. Elle se contente de hocher la tête, un peu déroutée et laisse un sourire serein s’afficher sur son visage. Pour donner le change, encore.
« J’aimais la musique. »
C’est limpide. Ce ne sont que quatre mots et pourtant, elle se doute bien de ce qu’ils impliquent et elle sait qu’il a tout aussi bien compris le message. Oui, elle l’aimait. Elle a pu se laisser porter, autrefois, elle trouvait quelque plaisir à manier les cordes, à laisser la mélodie l’envahir, à essayer d’exprimer les sentiments d’antan par les notes qui s’égrenaient. Elle aimait la musique, comme une évidence, comme quelque chose qui a poursuivi sa vie en fond, et qu’elle a décidé de gommer à un moment parce que les personnages gravés sur la toile brillaient plus fort face aux sons, parce que les souvenirs renaissent dans les salles de musiques. C’est égoïste. C’est une douce torture qu’elle s’est trop rarement autorisée.
« J’ai peur que le temps n’ait quelque peu émoussé un quelconque talent mais si je peux trouver chez vous un alto, mon instrument de prédilection, peut-être pourrais-je vous jouer quelques notes. »
Sa voix est basse. Elle n’a aucune envie de le faire, aucune envie de jouer. Elle n’a plus jamais joué devant qui que ce soit, depuis trop longtemps maintenant et elle n’aurait jamais pensé qu’elle y serait à nouveau confrontée. C’est comme un ennemi trop difficile à abattre. La musique a toujours mis en avant la part d’elle qu’elle essayait de cacher. La faiblesse, immonde faiblesse, tout ce qu’il y a encore d’humain derrière la femme qui ne ressent plus. La musique la ramène au temps d’avant, à l’entremêlement de notes, intimes, comme une caresse, avec un autre jeu, un duo qui s’accorde et tout qui refait surface. Mais elle s’y oblige. Elle ne perdrait jamais, face à lui. Elle ne peut se résoudre à refuser quoi que ce soit. S’il lui propose de sauter dans le vide, elle le ferait, pour peu qu’elle l’entraine dans la chute.
Elle détourne un instant la tête, pour observer la vaste demeure. Leur promenade n’aura pas duré longtemps. Juste le temps de refroidir les esprits, oui. De la lier. Elle le regarde, à nouveau, les yeux scrutateurs et perçants.
« Je ne savais pas que vous vous intéressiez à la musique. »
Une demi-interrogation. Est-ce lui, vraiment ? Ou est-ce plutôt elle ? Le résultat est le même, dans tous les cas mais elle n’a pas envie d’être la seule à se livrer. La seule à devoir montrer une facette qu’elle n’a pas vraiment envie de découvrir. Il la place au pied du mur par une façon trop simple et elle réalise toute la difficulté qu’elle a à garder la tête hors de l’eau dans un lieu qu’il maitrise et dont il connaît les ficelles. Toutes les pièces, tous les domaines à exploiter, elle ne les sait pas et cela lui donne l’avantage, irrémédiablement. Elle repense au matin glacé, à la pointe d’appréhension qui lui vrillait l’estomac. Elle comprend trop bien qu’il veut faire durer le jeu, parce que ce n’est pas satisfaisant, parce qu’il faut autre chose. Elle accepte, encore, toujours mais elle est aux aguets.
« Quoi qu’il en soit, je vous suis. »
Un sourire tout ce qu’il y a de plus charmant, alors que ses yeux améthyste l’assassinent. Ils sont montés au degré supérieur. Il touche à quelque chose qu’il pensait sans doute dépourvu d’importance mais qui a pour elle une valeur qu’il n’a pas envisagée. Tout devient plus délicat, plus contrôlé. Elle se rend compte, dans un léger frisson, qu’elle apprécie peut-être cet avancement.
Autant qu’elle le redoute.
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|  | | Soul Haptism
 « La société est comme un navire ; tout le monde doit contribuer à la direction du gouvernail. » [Henrik Ibsen] ▌ FLEURS ENREGISTREES: 44 ▌ INSCRIT(E) LE: 18/04/2011 It's showtime, let's Rock!▌ POUVOIR: No one. ▌ DE QUEL CÔTE?: Empereur ▌ RELATIONS: |
 | Posté Lun 27 Fév - 23:55 | |
| Avoir une chance de toujours refaire ce qu'on a mal fait. Si l’opportunité nous était offerte contre tout attente, que se produirait-il dans ce cas ? Tant de questions. Tant d’énigmes sans réponse, sans le moindre éclaircissement devenu résultat d'un trouble sans nom...
La distance se rétrécit tandis qu'ils remontent jusqu'à la demeure, laissent le lieu somnolant, à peine foulé par les pas des soldats. Comme si ses mots relevaient encore du défi peut être amical, moins détestable qu'à son paroxysme en état de crise. Par habitude face voilée, pour ne pas se sentir désorienté, incrédule durant la conversation. Manège virevoltant comme une ritournelle, danse dans laquelle on ne renonce jamais, la dernière, l'ultime, nés avec l'infime intention qu'il n'y aura aucun échec. Soupire. A se dire intérieurement, que la difficulté est de mise. Impossibilité de contourner l'obstacle, d'y débusquer une occasion propice pour s'élancer. En réalité, sans jamais se convaincre de connaître les envers du décor. Mais uniquement des phrases qui en disent plus qu'on ne le croit et poussent à dicter ses gestes et sa conduite en toute circonstance. Ainsi la musique n'était-elle pas apparue pour adoucir les mœurs ?
De retour à l'intérieur, l'hôte guide son invitée à travers l'habitat. Sans retourner dans la direction du début, marchant vers un autre chemin, mais tout aussi secret pour les intrus. Chaque pièce détient un rôle précis encadré d'une vague de souvenirs, qui n'apparaissent pas au premier coup d'oeil. Poussant le battant d'une porte, il redécouvre encore ce lieu endormi, presque abandonné, paradoxalement entretenu par les domestiques de la noble demeure. Pas de meubles, une large forme rectangulaire. Silencieux il s'avance, balaye du regard les murs, les baies vitrés encadrées d'épais rideaux menant sur une terrasse, pour enfin se poser sur un élément clé. Recouvert d'une housse sombre, qui à son tour fut scellé par bien des contrats ou promesses passées, des compromis multiples. C'est un instrument, piano qui ne jouit plus d'aucune liberté et n'impose plus sa présence par ses mélodies, sauf quand dame Haptism daigne si remettre selon son bon vouloir. Toutefois, un froncement de sourcils vient perturber les traits jusqu'alors flegmatiques. Dans l'espace clos, des objets inhabituels se présentent à sa vue. Une table avec des pinceaux indemnes et éparpillés, en compagnie d'un chevalet sur lequel ne repose aucune toile. Une négligence de la part des serviteurs ? Ou bien comme il s'en doutait, une certaine personne prenait constamment plaisir à imposer sa présence, sans qu'il ne se plaigne de son attitude. Comme toujours.
« Veuillez me pardonner, il y a un laisser-aller au niveau de la tenue de cette maison... »
Il dénigre le détail encombrant, allumant les lustres suspendus et réclamant la présence d'un serviteur. Aussitôt que le bouton de la sonnette sonna, un homme se présenta à la porte prêt à satisfaire la moindre demande. « J'ai besoin maintenant d'un instrument de musique, un alto de préférence. ». Son interlocuteur ne laissa rien passer au niveau de ses émotions, néanmoins le pli entre ses sourcils s'intensifia légèrement avant qu'il ne s'autorise une réponse : « un alto, monsieur ? ». Devant l'interrogation, le commandant de la milice observa l'homme un moment, à priori irrité que cet individu ne s'affaire pas immédiatement à sa tâche. L'intonation qui se voulait en partie impatiente, les yeux glacés plongés dans ceux de son voisin, il finit par répondre :
« Débrouillez-vous, allez jusqu'à voir dans les affaires de Madame, mais surtout, ne me faites pas attendre. »
Rapide et efficace. En moins de quelques minutes, on revient adresser un coup sourd à la porte. Le cœur battant, le front perlant, d'une main fébrile, le serviteur transmet à son maître l'objet tant attendu. Une révérence superficielle avant de s'effacer, de laisser ces deux personnages engager l'offensive. Son objectif prend soudainement vit, comme si l'éclat traversant subitement ses pupilles ne pouvait passer inaperçu. La boite semble si ridicule entre ses doigts, la poignée cassable si il osait commettre un geste imprudent. Enfin, il se retourne vers sa partenaire et lui tend à bout de bras, ce maudit objet.
« Commencez, je vous prie.»
Ce qu'il ne sait pas, par manque d'habitude, pour l'avoir toujours ignoré et repoussé lors de ce long et périlleux apprentissage... c'est que cette attaque se retournera forcement contre lui. Car dans l'ignorance détenu par cet homme englobée dans la rage de son impitoyable suffisance, il ne s'agit nullement de l'instrument fétiche de la demoiselle. Autrement dit, le paquet est trompeur et se joue de la confiance de ses possesseurs. Dès qu'elle ouvrira la boite, elle constatera : qu'il ne s'agit strictement pas d'un alto mais d'un violon....
L'erreur est humaine.
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|  | | Pandora H. Earlstreim
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 | Posté Mer 14 Mar - 13:27 | |
| Erreurs, mensonges, ils se mêlent sans cesse. Et la lumière les délaisse.
Le visage impassible, elle prend la boite entre ses mains, s’étonne intérieurement de sa taille. Elle jette à peine un regard à la porte vers laquelle le domestique s’en est allé, les lèvres pincées. Son doute prend plus d’ampleur quand elle sort l’instrument de sa boite, précautionneusement, et constate qu’il est bien plus fin et petit que ce qu’elle devrait apercevoir et sentir. Et le verdict s’abat quand elle frotte une première corde et qu’un Mi facilement identifiable s’en échappe. Son regard s’assombrit et ses doigts caressent distraitement le bois verni. Elle sait que le Commandant attend qu’elle commence et elle se demande un court instant s’il est au courant de la supercherie. Pousser le vice jusque là ? Elle chasse ses pensées d’un mouvement de paupière et repose le violon dans sa boite, l’air serein.
« Je crois qu’il y a trop longtemps que je ne me suis pas exercée, Commandant. J’aurais bien du mal à vous offrir une prestation digne de ce nom et je trouverais insultant qu’une personne de votre qualité assiste à pareil spectacle. »
Elle referme la boite et la repose sur une table, sagement, un sourire contrit aux lèvre. Son masque colle parfaitement à son visage et la légère hésitation qu’elle a affichée dans ses mots est parfaitement dosée. On ne pourrait y voir autre chose qu’un profond regret et qu’une volonté de ne pas l’offenser. Ses yeux violines sont durs, pourtant, et brillent d’une lueur froide. Elle lisse sa robe d’un geste quelque peu dédaigneux, l’observe calmement avant de reprendre la parole.
« Je suis navrée, un instrument qui ne m’appartient pas ne m’offre pas non plus entière satisfaction. Je suis certaine que votre domestique a fait au mieux. Mais quand certaines choses sont différentes, il n’est pas facile de s’y accommoder. »
Advienne que pourra. Elle sait qu’il ne manquera pas sa légère insistance sur le mot et qu’il fera éventuellement le lien avec cet échange malencontreux. Elle ne sait pas vraiment si elle est déçue ou pas, en fait. La perspective de se replonger dans une musique qui lui aurait montré de fugaces souvenirs, l’idée de revenir en arrière au son de la mélodie, le fait d’avoir à nouveau entre ses mains un moyen d’extérioriser quelque chose, en elle, ce n’est pas une bonne idée. Au contraire, c’est un moyen supplémentaire pour qu’elle sombre, pour qu’elle s’ouvre et se referme à la fois. Elle n’avait aucune envie de se laisser aller. Elle avait peur, clairement, de cette faiblesse qu’elle aurait pu afficher et qu’elle aurait bien eu du mal à contenir. Mais l’envie de savoir si elle en avait été capable subsiste. Elle sait que dans ces situations, elle peut garder la face, se satisfaire de ses mots contrôlés, de ses expressions qui s’articulent à la perfection autour de ses mensonges. Face à quelque chose de trop intime, face à un aspect trop lié à ce qu’elle était avant, à ce qu’elle redoute, elle craint de ne pas y parvenir. Et la volonté de dépasser cela, d’être plus forte, encore, toujours, de dépasser ces limites qu’elle se pose, reste là.
Une autre fois, peut-être.
Elle tourne la tête vers la porte qui s’entrouvre et aperçoit Isaure la refermer délicatement derrière elle. Ses yeux passent de la mère au fils et elle offre à la dame son plus beau sourire. Le moment est parfaitement choisi. Il est temps pour elle de s’éclipser. De fuir peut-être, parce qu’elle sait qu’il aura éveillé assez de rancœur en elle pour qu’elle ait envie de se retrouver, de se reconstruire un peu. Ses barrières mentales sont toujours malmenées, en sa présence et elle se doit de les renforcer après chaque nouvel affrontement.
« Je pense qu’il est temps pour moi de prendre congé. »
Elle se redresse un peu, s’efforce de ne pas rencontrer le regard des occupants de la pièce, tout en gardant son sourire en place. Il est temps, largement temps. Elle a pu survivre en venant dans cette maison, repartir sans laisser de morceaux derrière serait une bonne conclusion, n’est-ce pas ?
« C’était un honneur de faire votre connaissance. Je vous remercie encore de votre invitation, elle m’aura sans aucun doute permis de passer un agréable moment. » Pirouette, un petit pas, re-pirouette. Parfaite jusqu’au bout, ignoblement polie. C’est juste ce qu’il faut et son visage de poupée respire la sincérité. Elle ne ment pas, pas tout à fait. Isaure n’a pas besoin de savoir à quel point ce type de rencontre met ses nerfs à vif et lui fait ouvrir les yeux, en même temps. C’est le revers de la médaille et elle s’y est habituée, depuis des années. Ce ne sont plus que des formalités, pour elle et elle se fait un plaisir de toujours les appliquer à la lettre.
« J’espère que j’aurai à nouveau le plaisir de vous rencontrer. »
Une petite dernière, pour la route. Son regard perçant rencontre celui du Commandant et elle baisse légèrement la tête, comme dans un salut. « Nous nous reverrons sans doute bientôt, Commandant. »
C’est à peine un murmure et parait un peu distraite. Fin de l’acte. Pas de morts, pas de blessés.
Elle peut se retirer en toute tranquillité.
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|  | | Soul Haptism
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 | Posté Jeu 15 Mar - 23:25 | |
| Si humaine qu'elle en paraît impardonnable en attente d'une chance de pouvoir tout recommencer...
« Au plaisir de vous revoir, Mademoiselle Pandora, ma maison vous sera toujours grande ouverte.»
Un sourire répondant à celui de la jeune femme, sans équivoque, doux et chaleureux. Cela crispe progressivement son cœur qui repousse toute tentative d'approche à son égard. Il salue négligemment sa subordonné d'un hochement de tête, sans vraiment ajouter de salutations supplémentaires, perturbé par un point qui vient soudainement de lui échapper...
Quand le rideau tombe, que la porte se referme, le sourire trônant sur le visage d'Isaure se retire et laisse apparaître un regard suspicieux. Comprenant que la jeune femme a dû se sentir mal à l'aise devant sa progéniture, le connaissant trop bien, sachant fouiner dans les méandres de son esprit, saisir tous les éléments de sa personnalité. Le quittant des yeux, elle s'attarde sur un objet posé sur la table. Surprise, elle se rapproche spontanément, oubliant le lieutenant, ignorant son fils, et les quelques mots qui peuvent être suceptibles de lui fournir une explication.
« Que...qu'est-ce que ceci vient faire là ? »
Expression innocente, l'air étonné, il ne peut que lui adresser un sourire éngnimatique donc elle découvre le sens. Fétichiste dans l'âme, quiconque oserait s'introduire et lui voler un objet qui lui tenait autant à coeur, risquerait de subir des réprimandes. Un soupire s'échappe de sa bouche et elle se plaint d'avoir dû s'absenter. La demoiselle aurait pu lui octroyer un agréable moment en lui proposant une composition, ou bien qu'elle ait pu lui en proposer une qui l'enchantait, et poursuivre une discussion dans ce domaine, histoire d'embêter Soul, si seulement le temps leur avait été permis, aujourd'hui, mais malheureusement, non.
« Pandora...mais...je ne l'ai pas entendue jouer du violon... »
A son tour de sursauter devant la réplique. De demander à ce qu'elle lui repete son propos. Un violon oui s'obstine t-elle les sourcils froncés, l'air perplexe devant la réaction de Soul. Lui comprend mieux l'attitude de sa subordonné, l'espèce de quiproquo qui s'en suivit et son incompréhension. Le malaise ne s'évapore pas, et il n'ose pas avouer son erreur devant Isaure, au risque de subir une taquinerie qui lui déplairait fortement. Pourtant...
« Elle disait savoir jouer de l'alto, mais il semblerait qu'il y ait eu une erreur. »
Une main pour réprimer un rire, dissimuler sa dentition et cette humeur joyeuse qui ne l'a quitte pas. Lui-même ressent cette contagion que lui procure sa tranquillité, il ne peut s'interdire en sa présence d'être apaisé, loin des obligations. Elle ne se retient pas de lui rappeler sa méconnaissance d'un monde qui ne lui appartient pas, univers qu'il a constamment renié par mépris et désintérêt, une sorte de regret désormais. Isaure s'attarde un moment sur le piano reposant à leur côté, avant que ses yeux n'expriment une certaine mélancolique qui vient se méler à ses quelques mots qu'elle ne peut vraiment contenir :
« Il y a un certain temps, j'ai rencontré une personne doté d'un talent étonnant. Une personne belle et intelligente. Très aimable et accueillante. J'aimais l'entendre jouer et je pouvais passer des heures à l'écouter, je me sentais bien des ces moments-là, à partager ces moments en sa compagnie. Elle me disait malgré tout les dons octroyés : la beauté, l'élégance, l'intelligence, la grâce, l'habilité, elle n'a pas obtenu de don, de capacité qui en ce monde permettait d'avoir une place spéciale. Mais le pire c'est qu'on ne lui avait pas donné quelque chose que d'autres personnes possédaient... Je ne comprenais pas vraiment ces mots. Et puis un jour, je ne l'ai plus jamais revu. Ce joli oiseau s'était envolé, sans jamais me reparler ... Je me suis demandé ...pourquoi ? »
Lui n'a pas la réponse. Cela le blesse au fond. Il n'a jamais cherché, il n'a jamais tenté de retourner en arrière pour de multiples raisons, par manque de temps et probablement parce que sa propre volonté lui faisait cruellement défaut...
« Quelle genre de personne ait-elle selon, toi ? »
La question le désarçonne, premièrement il ne l'avait pas anticipée, deuxièmement, il ne sait pas comment il doit l’interpréter, y répondre et établir, tisser les liens corrects qu'elle aimerait qu'il noue entre eux...
«Je ne peux pas le dire, moi-même, j'aimerai en savoir plus. Tout en essayant de ne pas franchir les limites qui sont imposées par nos rôles respectifs. »
Confuse est la dame, alors elle se contente juste de sourire sincèrement, de ne pas lui soustraire ce lien qui existe entre eux.
« Je peux t'aider si tu le souhaites, mais par contre... n'oublie pas que cette personne qui est sous tes ordres reste avant tout une femme. Tu ne peux pas la traiter comme tu as l'habitude avec tous ces hommes... »
Froncement de sourcils, une irritation croissant débute, mais avant qu'il ne puisse rétorquer elle rajouter sur un ton convaincant, avec cette force particulière qu'elle seule possède et qu'il ne parvient pas à recopier pour se sentir plus confiant, à même de ne pas plier quand l'impasse l'effleure, qu'il a peur de ne pas s'en échapper et ainsi de devoir reproduire les mêmes scénarios chaque jour, pour ne pas chuter puis s'égarer définitivement...
« ...Ne perd pas de vue le plus important. »
[Rp terminé]
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|  | | | | Dans une maison où il y a un cœur dur, n’y a-t-il pas toujours un vent glacé? {PV Soul ♥ | |
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